Election de la présidente de la Francophonie: Ingérence de Paris ?

Les pays membres de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) sont en assemblée générale à Erevan en Arménie pour, à la fin, élire la nouvelle présidente de l’organisation. le soutien de la France à la candidate rwandaise fait polémique et plusieurs observateurs évoquent une main mise de Paris sur l’OIF.

Pourtant, n’en déplaise au chef de l’Etat français, certaines voix, en Afrique, se sont insurgées contre le rôle prépondérant joué selon eux par Paris. Paul Bérenger, dirigeant de l’opposition mauricienne, a déclaré à l’AFP que «la façon dont le président Macron traitait la francophonie comme un jouet de la France était scandaleuse». «On comprend mal pourquoi le président Macron a imposé la candidature d’un ressortissant du Rwanda», a-t-il ajouté.

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Mathias Hounkpe, responsable du programme de gouvernance politique à la fondation Open Society Initiative for West Africa, à Dakar, a évoqué à l’AFP le sentiment des dirigeants africains au sujet de cette candidature. «Cela les embête un peu parce qu’ils ont le sentiment que c’est comme si Macron leur avait coupé l’herbe sous le pied en s’avançant le premier», analyse-t-il.

La France essaie de garder la main

 «Il existe de fortes négociations en coulisses dans la nomination de la ou du secrétaire», explique Alfred Shango, professeur à l’université de la Sorbonne nouvelle, à RT France. «Il est vrai que la France ne souhaite plus imposer ses vues mais elle essaie de garder la main, par exemple sur la nomination de ce poste», ajoute-t-il. Alfred Shango estime toutefois qu’on ne peut parler d’ingérence française, Paul Kagamé ayant proposé sa ministre de son propre chef. Par ailleurs, remarque l’expert, les dirigeants, notamment africains, étaient libres de proposer un autre candidat. L’Union africaine a au contraire adoubé la ministre rwandaise. «On cherche un consensus, les chefs d’Etat ne sont pas obligés d’accepter un candidat qui ne leur plaît pas», explique le professeur.

Autre point sensible, comme l’explique Alfred Shango : «Beaucoup reprochent à la candidature le fait que le Rwanda construise une autocratie autour de Paul Kagamé. Et cette question n’est pas un simple détail. Depuis 1994, beaucoup de choses ont été faites pour améliorer le quotidien des Rwandais, mais le manque de droits, de libertés, est bien réel, et les opposants peuvent se faire emprisonner.»

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