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Côte d’Ivoire : entre violences et morts, ça craint pour la « présidentielle » de 2020

La Côte d’Ivoire est-elle en passe de revivre les moments de 2011 ? La question est dans toutes les têtes. Plusieurs observateurs se demandent aussi si ce pays n’était toujours pas sous l’emprise de ses vieux démons. De toutes les façons aucun signe de réconciliation et de pardon ne se présente à l’horizon.

Les ivoiriens se sont entre-déchirés avant, pendant et après la campagne électorale ; et comme si cela ne suffisait pas, la tension est montée d’un cran pendant et après le vote. Il y a même eu des morts ! La situation est beaucoup plus grave que cela n’y parait. Parmi les ivoiriens, il y en a qui espèrent que la situation revienne à la normale et que les incidents survenus pendant ces municipales et régionales ne deviennent pas un élément déclencheur de plus graves atrocités. Ces espoirs deviendraient-ils une réalité ? Ou le baromètre de la violence monterait-elle ? Seul le temps pourrait fournir des éléments de réponse à ces questions. Pour l’heure, la tension ambiante et exprimée dans bien des cas, est bien présente et les anciens ressentiments commencent à prendre le dessus sur la volonté de paix de la population.

Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale, le président de la république, Alassane Ouattara ou encore l’ex-première dame du pays, Simone Ggagbo, ces personnalités de différents bords politiques ont toutes appelé à un moment donné, leurs compatriotes au pardon et à la réconciliation ; des appels qui, selon ce qui se passe ces dernières heures dans des localités de la Côte d’Ivoire, pourraient être considérés comme tombés dans des oreilles de sourd.

Une présidentielle compromise ?

Si pour des élections municipales et régionales, les tensions sont déjà aussi élevées et des affrontements ont été enregistrés jusqu’à ce que s’en suivent mort d’homme, que pourrait-on imaginer pour la prochaine présidentielle ? La Côte d’Ivoire est dans une phase de transition très sensible et le premier test pour jauger le degré de tolérance et de pardon est, pour l’instant, en train d’être passé dans la violence, la méfiance, la peur et la douleur. Comment les élites de ce pays pourraient-elles s’y prendre pour, qu’avant la grande consultation électorale (la présidentielle de 2020), les tensions s’apaisent et que les expressions « pardon » et « réconciliation » ne soient plus que de vains mots ?

La tâche risque d’être difficile vu l’image de tolérance que les politiques elles-mêmes proposent aux administrés. Entre militants PDCI (de H.K. Bédié)  on se combat ; entre PDCI et RDR de Ouattara (alliés d’entre temps), c’est une rupture consommée ; les FPI (de Laurent Gbagbo) sont divisés en deux camps ; et la cerise sur le gâteau, le fameux parti unifié (RHDP) qui veux tout engloutir. Ceci est une image peinte de l’univers politique ivoirien qui ne favoriserait pas l’instauration du dialogue voir, de la paix et la réconciliation entre ivoiriens.

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