Consensus au Bénin : Regards croisés de Nourou-Dine Saley et de Joël Guèdègbé

«Quelle place pour le consensus dans les décisions politiques? ». C’est ce thème que deux observateurs de la vie politique nationale ont débattu, ce vendredi 31 Août 2018, sur la plateforme de discussions ‘’Café Médias Plus’’ à la Maison des médias. Il s’agit de Nourou-Dine Saka Saley, acteur politique et Joël Atayi Guèdègbé, acteur de la société civile.

Le consensus n’existe pas au Bénin. C’est ce qu’on retient fondamentalement des déclarations du candidat déclaré pour les élections législatives de 2019, Nourou-Dine Saka Saley. Il définit le consensus comme ce que veut l’individu quand il regarde l’intérêt général. Pour lui, ce n’est pas de l’unanimisme encore moins le diktat d’une classe qui se croit majoritaire sur une minorité.  «Le consensus, ce n’est pas l’expression de la faiblesse des plus forts en se disant si nous devons aller parler aux plus faibles pour tout au moins recueillir leurs impressions, nous sommes faibles», a-t-il affirmé. Il pense que quand bien même la démocratie est la loi de la majorité, cela n’empêche en aucun cas cette majorité d’écouter les propositions faites par la minorité afin d’éviter les conflits. Et selon lui, c’est seulement lors de la conférence nationale de février 1990 qu’on a eu de consensus. Car le feu Général Mathieu Kérékou avait la possibilité de remettre en cause les conclusions de la Conférence nationale mais il ne l’a pas fait parce qu’il privilégiait l’intérêt général. «Tout ce qui est venu par la suite, c’est des simulacres de consensus où on essaie de donner l’impression qu’on a donné la parole à certaines personnes, de faire croire qu’on a écouté d’autres personnes or on sait déjà ce qu’on veut faire au préalable», a-t-il déploré avant de souligner que le consensus est aujourd’hui un leurre au regard des agissements des hommes politiques. «La valeur constitutionnelle ne vaut que ce qu’en font nos hommes politiques», a-t-il martelé.

Prenant le contrepied de Nourou-Dine Saka Saley, Joël Atayi Guèdègbé pense qu’il n’y a pas eu que la conférence nationale comme moment de consensus au Bénin. Pour l’acteur de la société, il y a globalement un consensus sur la volonté de vivre ensemble, de construire une nation relativement pacifique. «Il y a un effort qui est fait de part et d’autre pour que le pays tienne», a-t-il indiqué. Selon lui, le consensus tire son intérêt de l’effort pour construire un accord qui ouvre des possibilités pour l’avenir.  Mieux, son intérêt réside également dans l’idée que même si le plus grand nombre a raison pour le moment sur une question, il y a d’autres questions pour lesquelles l’accord de la minorité est primordial. «La construction du consensus revient donc à instituer des espaces de délibération, de discussions, d’échanges  qui accueillent la parole de l’autre, les positions différentes de l’autre et permettent finalement de les affecter à  peu près du même coefficient», a-t-il insisté.

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