Bénin: le nouveau code électoral, une vraie oeuvre de salubrité politique ?

Enfin, la loi 2018-31 portant code électoral en République du Bénin qui a fait beaucoup de bruit dans le rang des acteurs politiques et en débat au parlement depuis la semaine passée, a été adoptée ce lundi 03 septembre 2018. Ce nouveau bébé accouché par l’Assemblée nationale annonce la mort prochaine de nombre de parti qui ne pourront certainement pas s’adapter à la reforme.

Désormais au Bénin, avec ce nouveau code, n’ira plus aux présidentielles et législatives qui veux mais qui peux: 250 millions et 249 millions, telles sont finalement les cautions exigées respectivement pour candidater aux présidentielles et législatives au Bénin. L’objectif visé par cette réforme du code électoral est de mieux cadrer les activités politiques et d’en écarter ceux qui faisaient de la politique sans en incarner les marques, “les plaisantins”.

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En effet, ce qui est compréhensible et intéressant dans le nouveau code, c’est la volonté d’assainir le milieu politique : notamment, redonner à la fonction présidentielle et à l’Assemblée nationale, toute leur gravité et toute leur noblesse. Ainsi, avec ce nouveau code, ceux qui prenaient part aux élections présidentielles et législatives sans avoir au préalable un pouvoir politique, économique et un électorat conséquent et qui ne sont que des outsiders mais qui réussissent à fractionner les voies et à contraindre aux seconds tours les véritables ténors politiques seront désormais à la touche.

A proprement parler, les nouvelles cautions exigées dans ce nouveau code électoral, de même que l’exigence des 10% du suffrage national aux législatives avant de prétendre valider les sièges pour une liste renvoient à la morgue politique ceux qui prenaient la politique comme un levier pour devenir riche ou qui choisissaient la voie politique juste pour se faire un nom ou se faire une place au soleil. Ils sont alors sommés de changer d’activité à moins de se rallier aux partis qui disposent des moyens pour faire face à la nouvelle donne.

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Ainsi, la problématique de pléthore de parti politique est en voie d’être réglée de même que les embêtements politiques des candidats fantaisistes aux élections au Bénin. Si la cour constitutionnelle donnait son avale après ce vote des députés, dans sa forme actuelle, le nouveau code électoral va sonner le glas de la pagaille politique de création anarchique de parti qui a duré trop longtemps au Bénin et qui est un mal le mieux partagé en Afrique.

Mais le nouveau code est vu d’un mauvais œil par l’opposition

Si d’aucun voit dans ce nouveau code électoral l’assainissement du secteur de la politique notamment la majorité au pouvoir, cette lecture n’est pas partagée par d’autres. On se rappelle d’ailleurs que plusieurs ténors de l’opposition étaient montés aux créneaux lors de l’introduction de ce projet de loi à l’assemblée pour dénoncer son caractère anti- démocratique.

Les esprits se sont alors échauffés sur les changements intervenus au niveau des cautions exigées pour candidater aux présidentielles et législatives.
Ainsi, avec cette reforme, beaucoup redoutent que la politique au Bénin devienne la chasse gardée d’une oligarchie et, par ricochet l’élimination du jeux politique des moins nantis mais porteur de grande vision pour le pays. Autant le désir du gouvernement  d’assainir le milieu politique ne manque pas de fondement, autant ce point de vue de l’opposition ne manque pas de fondement et de pertinence.

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Du coup, si la majorité au pouvoir voit dans le nouveau code électoral, une reforme majeure susceptible de faire avancer la politique au Bénin, d’autres y perçoivent un véritable recul démocratique. Sinon un plan ourdi afin d’écarter de la politique, d’éventuels adversaires politiques pouvant faire le contrepoids lors des prochaines législatives à venir (2019). Ainsi, nombre de personne pense que l’Assemblée serait sous ordre, sous la domination d’une poignée d’hommes qui lui dictent ses options.

Et pourtant, c’est par un vote en bonne et due forme que le nouveau bébé vient d’être accouché, un vote précédé de relecture du projet de loi par la commission de loi et de débat à l’Assemblée.

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