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Bénin: comprendre les mots de l’actualité pour mieux cerner les maux de la société

Les web-activistes étaient remontés contre la mise en application, le mercredi 19 septembre, de la décision du gouvernement de taxer les réseaux sociaux, obligeant ce dernier à faire machine arrière. En effet, face aux vagues d’indignation que cette mesure a suscitée, le gouvernement a ordonné le retour officiel aux anciennes tarifications ce lundi 25 septembre. La pression du peuple qui a poussé à ce rétropédalage, peut se traduire par « mal en prit au gouvernement de taxer les réseaux sociaux » puisqu’il s’est mis à dos le peuple. Que signifie cette expression mal en prit au gouvernement ? Décryptage.

« Mal lui en prit », «ou mal en prit à quelqu’un », cette expression s’utilise pour dire que les conséquences d’une initiative ou d’un geste sont fâcheuses, pénibles, néfastes, que la situation est défavorable ou préjudiciable à son auteur. Ainsi, pour traduire en un français authentique la mésaventure d’un voleur qui s’est fait mordre par un chien, on dira par exemple, mal en a pris au cambrioleur qui, en escaladant pour voler est tombé sur le chien. On imagine donc tout le mal qui arrive à ce bandit.

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Ainsi, on peut employer l’expression dans toutes les situations où on fait donc les frais d’un acte. L’actualité de ces jours-ci nous donne alors un terrain d’application de cette expression. En effet, la décision de taxer les réseaux sociaux par le gouvernement et qui a suscité une avalanche de réactions de la part des web activistes peut être sanctionnée par l’expression: mal en prit au gouvernement de taxer les réseaux sociaux, puisqu’il s’est mis à dos le peuple, notamment les jeunes qui ne reculent devant rien et qui constituent la grande majorité des internautes. Pour preuve, le rétropédalage consécutif à cette mesure d’augmentation exponentielle des taxes sur internet atteste de la vigueur de la jeunesse dont la résistance a fait changer d’avis au gouvernement.

Mais, l’expression ne s’applique pas qu’à des actes physiques, elle réfère aussi aux déclarations, c’est à dire à des actes verbaux. Ainsi, par exemple, lorsqu’une personne vous prête des intentions, par faute d’appréciation ou erreur de jugement fait sur vous une faute déclaration au tribunal pour vous faire un procès, alors l’on peut dire à la personne pour l’avertir des conséquences malheureuses pour elle de ces déclarations malveillantes, mal vous en prendra.

En revanche, on utilise une expression voisine pour qualifier les conséquences heureuses dans les cas où l’on pose de bons actes, ou l’on fait un bon choix après un bon discernement. Ainsi, par exemple, lorsqu’une personne qui voulant sortir constatant que le temps est mauvais, consulte la météo et évite de justesse une forte averse, on peut qualifier son discernement et son choix sensé en ces termes: Il devrait sortir, mais il a reporté ou retardé sa sortie, bien lui en prit, puisque la pluie a été torrentielle.
S’il faut appliquer l’expression positive à l’actualité politique relative aux taxes, l’on peut dire bien en prit au gouvernement, il est revenu sur sa décision, puisque les web-activistes étaient sur la brèche, déterminés à aller jusqu’au bout de leur opposition à cette mesure de taxation,

Pour éviter un mauvais usage de l’expression

Ce qui peut être un écueil dans l’usage de cette expression « mal lui en prit », c’est avant et après tout le temps du verbe. En effet, prendre dans cette expression est pour la plupart du temps à la troisième personne du singulier du passé simple : prit, « Mal lui en prit », ou «mal en prit à quelqu’un».

Néanmoins, l’expression tolère aussi l’usage du présent, du futur et du passé composé mais toujours à la troisième personne du singulier. Au présent (la troisième personne du singulier c’est prend) et ça donne « Mal lui en prend » ; au futur (la troisième personne du singulier c’est prendra) et ça donne « Mal lui en prendra » ; au passé composé (la troisième personne du singulier c’est a pris) et ça donne « Mal lui en a pris » et non mal lui en a prit.

In fine, retenons que l’expression s’applique aussi bien à nos actes qu’à nos propos.

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