Turquie : le bras de fer entre Erdogan et Trump provoque une crise financière

La Turquie est confrontée à une baisse historique de sa monnaie nationale, la livre. Elle a brutalement chuté, vendredi 10 août, perdant plus de 16 % de sa valeur face au dollar. Sa valeur a fondu de plus d’un tiers face au dollar et à l’euro depuis le début de l’année ; elle avait déjà cédé plus de 5 % face au billet vert jeudi.

Face à cette crise, le président, Recep Tayyip Erdogan, a demandé à ses concitoyens de changer leurs devises étrangères pour soutenir la monnaie nationale. « Si vous avez des dollars, des euros ou de l’or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C’est une lutte nationale », a lancé M. Erdogan lors d’un discours à Bayburt (nord-est) retransmis à la télévision, affirmant que la Turquie « ne perdra pas la guerre économique ».

La valeur de la livre turque a fondu de près de 40% face au dollar et à l’euro depuis le début de l’année. Le président Erdogan appelle à une «lutte nationale», mais les marchés s’inquiètent de sa politique économique et des conséquences de la lutte douanière engagée avec les États-Unis.

Ce vendredi après-midi, au moment même où le ministre turc de l’Économie dévoilait en direct son nouveau «modèle économique», un tweet de Donald Trump annonçant le doublement des taxes douanières sur l’acier et l’aluminium provoquait un nouvel effondrement de la livre turque. En l’espace de quelques minutes, la monnaie a ainsi de nouveau chuté de 6,66 livres pour un dollar à 6,99.

Vent de panique

Mais les «formules magiques» n’offrent guère de solution miracle. «Allons-nous répondre à notre propriétaire que nous «avons notre Dieu» lorsqu’il réclamera le paiement du loyer?», s’insurge un employé turc sur son compte Twitter. «Aujourd’hui, c’est le jour où je reçois mon salaire. Espérons que mon patron ne va pas m’annoncer: J’ai mon Dieu!», ironise un autre. Irrités par les discours de leur président, nombre de Turcs le sont aussi par «l’amateurisme» de son gendre, Berat Albayrak, nouvellement désigné à la tête du portefeuille économique du pays.

Selon Figaro, la chute drastique de la livre turque, à l’agonie depuis plusieurs mois, s’explique en partie par l’actuelle crise diplomatique avec les États-Unis – la plus grave en quarante ans. La semaine dernière, Washington a pris la décision radicale d’imposer des sanctions contre son allié au sein de l’Otan, en visant directement deux ministres, celui de la Justice et celui de l’Intérieur. À l’origine de cette décision: la volonté de «punir» la Turquie pour la détention du pasteur américain Andrew Brunson. Accusé de «terrorisme» et «d’espionnage», ce dernier vient de passer un an et demi en prison et a récemment été placé en résidence surveillée pour la durée de son procès. Pour l’heure, les tractations diplomatiques n’ont permis ni d’apaiser les tensions, ni de rassurer les marchés. Bien au contraire.

1 commentaire
  1. Chaoui dit

    Quand on veut poser ses fesses sur plusieurs chaises a la fois ,c’est sur un pieu qu’on risque de se retrouver assis

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