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« Déjà plus de 2 500 inscrits dans l’Ordre des médecins avec les réformes engagées »

ESMT Sénégal

Le gouvernement Talon s’est résolument engagé dans les réformes depuis son avènement au pouvoir. Tout comme les autres secteurs qui connaissent des touches de la rupture, le secteur de la santé subit depuis peu quelques mutations organisationnelles. Une chose qui est sans réaction des acteurs du domaine. Pour mieux connaître la position des médecins, premiers concernés dans ces réformes, nous nous sommes rapprochés du Président de l’Ordre des médecins du Bénin.

Pour Francis Dossou, il fallait des réformes dans le secteur mais le gouvernement fait une grave erreur en dissociant le secteur privé et public. Nous vous proposons l’intégralité de cet entretien.

Que retenir de l’ordre depuis sa création et depuis le début de votre mandature également ?

Depuis la création de l’ordre, on peut dire qu’il a connu des hauts et beaucoup de bas. L’ordre a été créé en 1973 par une ordonnance signée du président et chef de bataillon, Mathieu Kérékou en avril 1973. Et depuis, l’ordre a évolué bien-sûr avec des hauts et des bas et l’un des bas a été enregistré en 1986, l’année à laquelle il a eu la dissolution de l’ordre. C’était les années de la révolution.

En 2006 les activités ont véritablement repris et on a déjà connu quatre conseils qui se sont succédés. Le premier c’est le docteur René Voglè, le deuxième c’est le docteur Olivier Johnson, ensuite c’est le docteur Souley Daouda et mon prédécesseur qui est le docteur Séraphin Guedègbé qui m’a passé le témoin le 20 juin 2018, il y a de cela deux mois. Alors depuis, l’ordre a fait beaucoup de choses  mais on n’a pas trop communiqué sur les actions menées par l’ordre. L’ordre a tenu son rôle principal qui est celui de tenir le tableau d’inscription à jour. Le tableau sur lequel les médecins sont inscrits et fonctionnent avec l’autorisation de l’ordre.

Ce qui a manqué un peu, c’est qu’il y a beaucoup de médecins qui ne sont pas encore inscrits au niveau du tableau de l’ordre des médecins du Bénin or la loi demande à ce que la profession médicale ne soit exercée qu’après l’inscription au tableau de l’ordre des médecins. Il y a beaucoup de médecins qui ont fonctionné dans l’illégalité, surtout quand ceux-ci sont dans la fonction publique. C’est en train d’être changé  justement de plus en plus avec les reformes en cours. Ils sont nombreux, depuis peu, ceux qui viennent s’inscrire à l’ordre et pour le moment nous en avons 2514.

Parlant des reformes, comment appréciez-vous ces différentes réformes engagées surtout par le régime du président Talon ?

Je viens de vous dire que grâce aux réformes, les médecins lisent de plus en plus leurs textes. Des textes qui réglementent leur profession. Ils ont compris qu’il faut s’inscrire à l’ordre et ils ont commencé par le faire massivement. On a enregistré plus un millier d’inscription depuis un mois pratiquement.

Quand on parle de reformes dans le secteur de la santé, c’est beaucoup de chose qu’on y met et on ne peut pas tout apprécier en gros. Ce qu’on peut apprécier, ce sont les différents éléments qui en sortent. Et l’un des éléments est le dernier en date qui oblige les médecins professionnels de la santé du secteur publics à choisir entre le secteur public où ils sont rémunérés, et le secteur privé qui constitue pour eux la cerise sur gâteau. Et ce pan des réformes me paraît justifier d’autant plus que cela amènera le secteur de la santé à être plus performants. C’est un premier pas, et ce serait utile si ce pas est suivi d’autres pour assainir véritablement le secteur de la santé publique.

Par exemple, on doit penser à améliorer le plateau technique au niveau des hôpitaux publics. On doit également travailler pour améliorer les conditions de vie et de travail des agents de la santé. C’est vrai que les réclamations sont du ressort des syndicats, mais on peut difficilement interdire un certain nombre de chose sans véritablement apporter ce qui permettait de soulager un peu les peines des uns et des autres. Donc quand le malade vient à l’hôpital, il faut qu’il se soigne dans des conditions normales, recevoir des soins dans des salles propres, que l’hôpital soit propre, que les déchets qu’ils soient solides ou médicaux soient bien gérés, et quand le malade se retrouve dans un tel environnement, je crois que sa souffrance est à moitié guérie.

Le point fait par la commission spéciale évoque la disponibilité du matériel technique dans les privés que dans les publics. Pensez-vous cela pourrait orienter le choix des médecins ou para médecins dans le privé ?

Ça ne sera pas l’argument qui pourrait faire choisir entre le privé et le public. L’argument qui pourrait faite choisir entre le privé et le public est que, un médecin a sa clinique qui marche bien et quand il voit que ce qu’il gagne dans sa clinique est supérieur à ses avantages dans le secteur public, là il pourrait choisir de continuer dans le secteur privé.

D’aucuns évoquent comme mobile le traitement approximatif de ces professionnels de la santé par l’employeur public qui est l’Etat. Vrai ?

Approximatif, je ne sais pas si c’est l’adjectif qu’il faut, mais en tout cas ce qui est sûr, il aura toujours des demandes en augmentation de salaire, ce qui est tout à fait normal. Les médecins, les sages-femmes, les infirmiers aimeraient bien qu’on augmente leur salaire, mais là n’est pas le problème. On me donnerait deux millions et j’en demanderai toujours encore plus, ça c’est dans l’homme.

Mais par contre, ce qu’il faut remarquer, c’est un certain différentiel de traitement, ce que les syndicalistes appellent disparité salariale. Un professionnel de santé peut être payé, à titre d’exemple, à 75.000fcfa le mois parce qu’il est un contractuel de l’hôpital. Quand ce même agent sera un contractuel de l’Etat, peut-être qu’il peut se retrouver à 150.000 francs voire 200.000 francs CFA. Et quand il sera agent permanent de l’Etat, le traitement sera encore plus en hausse avec d’autres avantages. Donc, c’est vrai qu’il y a une disparité du traitement salarial dans tous les domaines, mais dans le secteur sanitaire, c’est plus criard et ceci peut être un facteur découragent pour certains.

Il y a aussi une autre catégorie d’agent recruté suite à un type de contrat qu’ils appellent le contractuel de prestation de service. C’est un contrat qui se fait sur onze (11) mois ou un an et ils s’arrangent qu’il y ait un mois de vide afin que l’inspection du travail ne s’en mêle pas pour transformer ces contrats en un contrat à durée indéterminé (CDD). Donc les recrues travaillent de février en décembre. En janvier, on considère qu’ils ne sont pas là et c’est un contrat qui n’est pas intéressant.

Dans votre déclaration suite à votre assemblée générale, vous avez presque intimé l’ordre à vos pairs de respecter strictement l’horaire de travail et l’utilisation unique du matériel disponible. Ne croyez-vous pas qu’il aura plus de morts dans les hôpitaux publics si on doit s’en tenir seulement et uniquement  au dispositif que possède l’Etat en l’état ?

Ce sont des réalités dont tout le monde est au courant. Le syndicat des collectifs des praticiens hospitaliers (Cph) a dit les choses dans un langage pour  que l’Etat qui est l’employeur puisse prendre la mesure des choses. C’est vrai qu’il aura plus de morts parce-que les gens ne soigneront qu’avec le matériel qu’ils ont à leur disposition. C’est un risque. Je suppose, mesuré par le gouvernement. En réunion avec le chef de l’Etat, il nous a rassuré qu’il a pris la mesure du choix qui a été fait et il a estimé qu’il est obligé de faire ce ménage-là. Il a dit qu’il est en train de se préparer à investir lourdement dans le secteur de la santé. Le dire comme ça, on peut difficilement être contre puisque, jusque-là, on se plaint de ne pas avoir suffisamment du matériel et le chef de l’Etat promet d’équiper assez conséquemment les hôpitaux, mais il a été demandé que ces matériels soient utilisés dans les conditions optimales et pour la bonne cause. Donc le gouvernement a vraiment pris la mesure du risque de l’option faite.

Et ne pensez-vous pas que le gouvernement a mis les charrues avant les bœufs ?

C’est un choix qui a été fait par le gouvernement. Ce n’est pas moi qui l’ai fait. On peut dire ça, mais à quoi sert-il de mettre les équipements en place si l’on sait que ceux qui devraient l’utiliser ne sont pas disponibles ? C’est une façon de voir et tout dépendra de quel côté on se place. Si c’était du côté des syndicats, ils voudront qu’on leur donne d’abord des équipements avant qu’ils travaillent, et du côté du gouvernement, qui est un gestionnaire des fonds, ils diront que, si on leur donne d’abord du matériels, il se pourrait qu’il soit dilapidé ou détourné dans les hôpitaux privés et autres. Donc c’est un choix du gouvernement et je crois qu’il faut le suivre parce que si on prête bonne foi à ceux qui nous gouvernent, à la fin c’est tout le monde qui va gagner, que ce soit les malades ou les professionnels de la santé. Les hôpitaux seront mieux gérés, il aura plus de personnel, et au regard de tous ceci, l’ordre ne devrait que s’en réjouit tout en restant vigilant. Parce qu’on assainit le secteur actuellement en faisant une séparation entre le secteur privé et le secteur public, mais on sait très bien que l’un et l’autre sont obligés de se compléter et de travailler main dans la main pour le bien-être des malades. Puisque le malade qui est dans le secteur public peut se retrouver dans le secteur privé pour d’autres raisons. L’essentiel est qu’on fasse les choses ensemble pour qu’on puisse réussir.

Est-ce que vous aviez été choqué ou blessé quand le chef de l’Etat vous a presque jeté en pâture dans son entretien du 1er  août dernier ?

J’ai été outré par les propos du chef de l’Etat. Pas parce qu’il a été révélé une telle chose, mais de la manière et du comportement des collègues médecins. Je ne sais pas si c’est vrai puisque je n’ai pas fait l’enquête sur ce sujet pour être aussi affirmatif que le Chef de l’Etat. Et celui qui n’a pas fait l’enquête n’a pas droit à la parole. C’est vrai que j’ai tenté une enquête personnelle mais je n’ai pas encore les résultats. Mais si c’est vrai que mon confrère n’a pas tenu compte de son contrat pour lequel il est payé, alors c’est de l’escroquerie et on devrait s’en indigner.

Votre mot pour conclure cet entretien

Je dirai que nous avons du pain sur la planche. Les activités de l’ordre doivent être mieux connues et nous allons nous y mettre  dès à présent pour l’avenir de notre secteur sanitaire.

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