Bénin : les griefs de Serge Prince Agbodjan contre le code électoral en étude

La modification du code électoral enclenchée au Parlement depuis quelques temps continue de susciter des réactions. Le président de la Coalition des Défenseurs des Droits de l’Homme  CDDH, Serge Prince Agbodjan s’est également prononcé sur la question. Il était au micro des journalistes de la radio allemande Deutsch Welle.

Dans son intervention, il relève deux aspects qui selon lui ne tiennent pas la route. Premièrement, le juriste estime que la manœuvre en cours à l’Assemblée Nationale ne s’inscrit pas forcément dans une logique d’apporter un plus au code en vigueur. Ainsi, loin d’être une volonté d’améliorer cet outil électoral, les acteurs politiques au pouvoir seraient dans une autre logique. « la modification d’un code électoral à la veille des élections ou à quelques mois des élections n’est jamais neutre parce que ça permet aux acteurs de pouvoir mettre des clauses qui peuvent agir », a-t-il affirmé.

L’autre pan de son intervention concerne le montant fixé pour servir de caution en matière d’élection présidentielle. Il trouve en effet que le montant de 250 millions annoncé est une exagération. A l’en croire, on ne peut pas quitter 15 millions pour 250 millions. Pour lui, les députés sont dans la logique d’encourager l’influence de l’argent dans le processus électorale, ce qui a été pourtant tout le temps décrié.

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A l’allure où vont les choses, Serge Prince Agbodjan est craintif en ce qui concerne la désignation du Président de la République. Il insinue qu’on risque d’en arriver à une étape où les élections n’auront plus droit de cité. « On finira par ne plus avoir des élections au Bénin. On finira par nous indiquer ceux-là qui seront nos présidents et ce serait dommage pour la démocratie béninoise », déplore-t-il.

Par ailleurs, il attend de voir quelle sera l’attitude de la plénière face à cette proposition de loi décriée par plus d’uns. Faut-il le rappeler, la proposition de loi a certes passée l’étape de la commission des lois, mais il reste son étude en plénière avant son adoption.

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