Bénin – bilan décevant des examens de fin d’année: pouvait t-on s’attendre à mieux?

Les résultats du certificat d’étude primaire (CEP) et du brevet d’étude du premier cycle (BEPC) sont connus. 64,44 % et 28,63 % sont respectivement les taux de succès de cette année de ces deux examens. Quelle leçon tirer de cette modique moisson?

Le Certificat d’étude primaire est le but ultime de la classe de CM2. Il revêt une importance capitale d’autant plus qu’il offre au candidat, l’opportunité d’intégrer le collège voire pour d’autres, un peu plus âgés, de postuler à des concours professionnels. Le Brevet d’étude du premier cycle donne également des possibilités de débouché et permet par ailleurs aux apprenants de poursuivre le second cycle sans avoir à cumuler la seconde déjà chargée en programme de cours avec les soucis d’examen.

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Le taux d’échec à l’édition 2018 des examens du CEP et du BEPC noie donc l’espoir de plus de 70 % de candidat pour le BEPC et de 35 % pour le CEP d’évoluer dans leur cursus scolaire pour les uns et pour d’autres de voir leur condition sociale et économique s’améliorer. Mieux, au regard de ces résultats qui laissent à désirer, ce sont les investissements de 70 % des parents des candidats au BEPC et les investissements de ceux de 35 %  des candidats pour le CEP qui sont vains. Or, la plus part des parents de ses candidats sont souvent des pauvres qui habituellement triment dur, voire s’endettent pour faire face aux dépenses liées à la scolarité de leurs progénitures. Et au bout du compte, de tels résultats exaspèrent et déçoivent.

De toute façon, on ne pouvait pas espérer meilleurs résultats que ceux affichés par le tableau de la direction des examens et concours pour une année académique dont quasiment les 1/3 ont été secoués par des mouvements de débrayage spectaculaire, soit trois mois de cours manqués. on connait bien les taux d’échec aux examens au Bénin lorsque l’année n’a pas connu de perturbation. C’est dire donc que ces résultats ne surprennent pas mais donnent quand même à réfléchir.

Quelle leçon tirer de cette modique moisson?

Les mouvements de grèves dans le milieu scolaire ne datent pas de l’ère Talon. Ce serait de la mauvaise foi que de ne pas le reconnaître. Ainsi, les mouvements de grèves sont trop récurrents au Bénin dans ce secteur pourtant très sensible. Les points cruciaux de la plateforme revendicative des enseignants en cette année, c’est bien la question indiciaire et  l ‘indexation des salaires sans oublier la question non moins importante du statut particulier des enseignants et celle des salaires impayés au vacataire de 2016.

Pourquoi dans d’autres pays voisins comme la cote d’ivoire, le Ghana, le Sénégal, l’enseignement est choyé, les acteurs de l’éducation bien rémunérés alors qu’au Bénin, on traine toujours tel un boulet, des tares dans la gestion de l’éducation sacrifiant ainsi l’avenir de nombre d’enfants innocents?

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En effet, face à la  grève des enseignants au Bénin depuis Mathieu Kérékou  jusqu’à ce jour, à chaque fois, l’objectif des gouvernants n’a jamais été de  trouver une solution objective mais comment éviter une année blanche juste pour se faire bonne mine et bonne conscience et l’année suivante la crise refait surface.

Face aux résultats calamiteux des examens chaque année, nos décideurs doivent tirer comme leçon qu’il faut cesser au plus vite avec les jeux de cache-cache et rompre avec les demi solutions et consentir aux sacrifices qui s’imposent pour donner une école et une éducation dignes aux filles et fils du Bénin. Un Bénin longtemps réputé quartier latin de l’Afrique pour son système éducatif d’antan qui a généré en son temps, des fonctionnaires internationaux et des encadreurs d’intellectuels et de cadres dans d ‘autres contrés de la sous région.

1 commentaire
  1. GBAGUIDI dit

    Quel résultat aurons nous si les ceux qui enseignent ne sont pas bien formés dans une école. Il n’y a aucun transfert de compétence digne du nom. Le reversement opéré a été le poison pour le système éducatif. Nous avons suivi comment ils sont formés et comment. Vraiment posez la question à ces enseignants s’ils ont le cœur ils diront que c’est une formation bâclée. Des enseignants qui ne peuvent même rédiger leur mémoire de fin de formation, des étudiants qui n’ont pas pu soutenir leur maîtrise, des enseignants qui ont des heures de vacations un peu partout, des enseignants qui ne préparent leur fiche de cour, des enseignants qui ne font plus de recherche et s’abonnent seulement aux cahiers d’activités et des anciens cahiers je crois que il faut réévaluer ces enseignants sinon le ver sera toujours dans le fruit.

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