Togo : la coalition des 14 ajourne les manifestations annoncées

L’opposition togolaise a annoncé, jeudi, le report d’une semaine, d’une série de réunions à travers le pays, prévue initialement à partir de la semaine en cours, en attendant la feuille de route de sortie de crise de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Prévus initialement du 13 au 29 juillet, les meetings auront lieu, finalement, du 18 au 29 du même mois selon un communiqué. Ce report selon Eric Dupuy, Responsable à la communication de la coalition de l’opposition togolaise, «est une décision prise en vue de bien préparer le terrain à l’accueil des délégations et à une meilleure mobilisation des populations aux meetings», rapporte l’agence Anadolu.

 «Surtout dans ces zones (Sokodé et Mango) sevrées depuis près de 10 mois d’informations, les populations nous demandent de leur accorder un peu de temps pour mieux s’organiser. La conférence des présidents, après étude, a trouvé qu’il faut leur accorder une semaine», a expliqué Eric Dupuy.

Pour lui, ce qui importe pour la coalition, «c’est de préparer le terrain de la meilleure manière pour accueillir ce que va décider la CEDEAO au sujet de la crise qui sévit dans le pays». Dans un contexte de forte présence militaire, aucune manifestation politique n’avait été autorisée jusqu’au 27 Juin dernier, date à laquelle les facilitateurs ont demandé au gouvernement de prendre des dispositions nécessaires à l’élargissement des manifestations politiques sur l’ensemble du territoire togolais.

Pour répondre à cet appel des facilitateurs, Yark Daméhane, ministre togolais de la Sécurité a signifié, par lettre à la coalition, qu’il prend acte, et a recommandé à l’opposition que «ces manifestations se déroulent dans le respect des textes et lois en vigueur», dans le pays. Interrogé par Anadolu sur les attentes de la coalition des 14 du sommet de la CEDEAO prévu le 31 juillet, Dupuy a répondu : « Rien du tout, si ce n’est le respect de la volonté exprimée par tous les Togolais qui est le désir de l’alternance au pouvoir ».

 «Toute décision qui ne respecte pas cette volonté sera inacceptable par les Togolais», a-t-il prévenu. « Et j’espère que les deux facilitateurs comprennent cette volonté, que nous avons clairement ressortie dans un mémorandum dès le début des discussions», a-t-il ajouté.

Ce mémorandum s’oppose à la candidature de Faure Gnassingbé en 2020 et recommande une transition qui prépare les esprits à des élections crédibles et acceptables après «les réformes politiques nécessaires ». Toutes ces demandes sont rejetées par le gouvernement de Faure Gnassingbé. Le dialogue ouvert depuis le 19 février 2018, sous l’égide des présidents guinéen Alpha Condé et ghanéen Nana Akufo Addo, bute systématiquement sur ces points. Les protagonistes attendent, donc, le 31 juillet pour évaluer la feuille de route de sortie de cette crise qui a déjà duré 10 mois.

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