Mali : la démission du premier ministre exigée par l’opposition

Suite à la répression avec force samedi, d’une manifestation de l’opposition interdite par les autorités maliennes, qui a fait environ une trentaine de blessée, les leaders de l’opposition ont exigé la démission du premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga, rapporte l’agence Anadolu.

Dans un communiqué signé par Soumeïla cissé, candidat à la présidentielle du 29 juillet, l’opposition a fait savoir à l’opinion publique que « l’intention du gouvernement était claire : terroriser l’opposition et toutes les forces démocratiques » avant d’exiger « la démission du Premier ministre ». L’agence de presse en ligne rapporte que la Coalition pour l’alternance 2018 qui réclame l’ouverture des médias publics, monopolisés par le pouvoir et des élections crédibles cette année, a mobilisé ses militants, samedi, dans les rues de Bamako, défiant la mesure d’interdiction prise par les autorités.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, faisant, selon le communiqué de l’opposition, une trentaine  de manifestants blessée et « admis » au centre hospitalo-universitaire de Bamako. « Les services de sécurité du Premier ministre ont tiré à balles réelles sur des manifestants regroupés devant le siège de l’ADP-Maliba (Alliance Démocratique pour la Paix) », où plusieurs leaders de l’opposition étaient réunis, ajoute l’opposition dans sa communication.

Appel au calme de Guterres

Réagissant à ces événements, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a appelé, samedi soir « toutes les parties au calme et à la retenue ». Il a exhorté « les acteurs politiques et de la société civile à privilégier le dialogue pour maintenir un environnement propice à la tenue d’élections crédibles et transparentes », selon un communiqué de l’ONU.

Guterres qui a visité le Mali (29 – 30 Mai) a déploré « l’interdiction par le gouvernement de la tenue de manifestations des partis de l’opposition », rappelant l’importance d’un « dialogue politique inclusif au Mali ».

Bamako devrait « assurer la protection des droits de l’homme fondamentaux et la liberté d’expression et de manifester pacifiquement, y compris dans le cadre de l’état d’urgence actuellement en vigueur », a enjoint le SG de l’ONU.

Les autorités de Bamako ont justifié l’interdiction de cette manifestation par « l’état d’urgence » en vigueur et quasiment sans interruption depuis l’attentat terroriste contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako le 20 novembre 2015.

En octobre dernier, l’état d’urgence a été prorogé d’un an par le gouvernement qui faisait état de la persistance des attaques terroristes contre les populations civiles et les forces armées et de sécurité.  La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a contesté vendredi l’interdiction de la manifestation de l’opposition, appelant les autorités à autoriser les marches pacifiques. L’élection présidentielle doit avoir lieu le 29 juillet au Mali et dans les missions diplomatiques et consulaires à l’étranger.

Au pouvoir depuis 2013, le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) est candidat à sa propre succession.  La marche de l’Opposition est intervenue au lendemain de l’adoption par le gouvernement d’un projet de loi visant à régir les « relations intercommunautaires » et le « vivre ensemble » dans un pays en proie aux tensions communautaires et aux attaques terroristes depuis cinq ans.

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