Politique

La Guinée remanie le gouvernement alors que les tensions politiques augmentent

Le président guinéen Alpha Condé a lancé un remaniement de son gouvernement en nommant de nouveaux ministres des Finances, du Budget et de la Sécurité, alors que le dirigeant du pays ouest-africain fait face à des troubles civils et des grèves dans le secteur minier.

Aucune raison officielle n’a été donnée pour les changements radicaux annoncés par la télévision d’Etat dimanche. Ces démarches ont suivi la nomination la semaine dernière d’un nouveau Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana.

Les changements sont intervenus dans un contexte de tensions politiques et de spéculations sur le fait que Condé cherche à modifier la constitution avant les élections de 2020.

Lors du remaniement, Condé a remplacé 13 des 33 ministres de son gouvernement. Le ministre des Finances Maladho Kaba a été limogé et remplacé par Mamady Camara, ancien ambassadeur de Guinée en Afrique du Sud. Son adjoint, le ministre du Budget Mohamed Lamine Doumbouya, a été supplanté par Ismael Dioubate, ancien responsable de la banque centrale.

Le ministre de la Sécurité Abdoul Kabele Camara, en place depuis la victoire électorale de Condé en 2010, a été remplacé par Alpha Ibrahima Keira, un loyaliste du régime de l’ancien dirigeant Lansana Conté, décédé en 2008.

Troubles civils

La Guinée est le premier producteur africain de bauxite, le minerai d’aluminium, et le gouvernement Condé a fait face à des grèves répétées de la part des mineurs et des enseignants, et a connu des troubles civils au cours des élections locales.

Il a également été gêné par les allégations des autorités françaises selon lesquelles le milliardaire Vincent Bollore, aurait soutenu la campagne électorale de Condé en échange d’une concession portuaire. Bolloré et Condé nient tous les méfaits.

En plus de la bauxite, la Guinée possède certains des plus importants gisements de minerai de fer au monde, mais des décennies d’exploitation minière n’ont pas réussi à sortir la plupart des Guinéens de la pauvreté.

Une dizaine de personnes ont été tuées en février et mars lorsque des émeutes ont éclaté dans la capitale, Conakry, et dans d’autres villes suite à des élections locales, qui selon l’opposition ont été entachées de fraude.

Pour les adversaires de Condé, le président chercherait à modifier la constitution pour un troisième mandat en 2020, ce qui est actuellement interdit. Condé n’a pas encore commenté ses intentions, mais la spéculation a eu un effet déstabilisateur.

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