Défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest : la porte de sortie pour les populations vulnérables

La folie meurtrière de la secte islamiste Boko Haram, fondée en 2002 par Mohamed Yusuf, déstabilise non seulement le nord du Nigeria, mais aussi toute l’Afrique de l’Ouest. Cette situation caractérisée par des flux migratoires dynamiques, nationaux et transnationaux, a de sérieuses répercussions non seulement sur les populations vulnérables notamment les femmes et les enfants mais aussi sur les activités économiques au point de mettre en péril la sécurité alimentaire dans la sous-région.

En effet, depuis plusieurs années, le monde entier assiste, sous l’effet de la conjonction de divers facteurs, à une aggravation de la malnutrition aiguë et à une dégradation de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest .Ce qui représente pour le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (UNHCR), près de 1,4 millions de personnes déplacées dans le nord du Nigeria fin 2017. Celles-ci ont trouvé refuge dans les pays voisins, comme le Tchad et le Cameroun. Cette situation aggrave leur situation sanitaire et alimentaire et augmente leur vulnérabilité.

Selon le plan opérationnel annuel 2015 du Sahel, les inégalités de genre dans le contrôle des moyens de subsistance limitent la production alimentaire des femmes, qui sont donc plus vulnérables à l’insécurité qui sévit dans la sous-région ouest africaine. C’est à juste titre que, plus de 2,4 millions de personnes constituée majoritairement des femmes et des enfants ont été contraintes de fuir les zones de conflits à la recherche de nourriture, d’eau, de refuges et d’accès aux infrastructures (le Comité International de la Croix Rouge). C’est un secret de polichinelle que cette situation engendré par le terrorisme a crée d’énormes crises alimentaires en Afrique de l’Ouest.

Terrorisme et insécurité alimentaire

Malgré son potentiel économique, l’Afrique de l’Ouest reste marquée par la persistance de l’insécurité alimentaire accentuée par la résurgence des attaques terroristes. Pour ce faire, sur la base des projections faites en mars 2017 par le dispositif régional de veille sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest, près de 13,8 millions de personnes sont en insécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest. Aussi, « l’avis sur la situation alimentaire et nutritionnelle et perspective de la campagne agropastorale 2017-2018 » renseigne sur « une situation alimentaire et nutritionnelle toujours préoccupante au nord du Mali, au nord du Nigéria, au Niger, dans la boucle du Liptako Gourma (Burkina Faso) en raison de l’insécurité civile ».

Comme si cela ne suffisait pas, d’après une enquête SMART menée en juillet 2014 par Plan opérationnel 2015 du Sahel dans sept régions de l’Afrique de l’ouest, la prévalence moyenne de la malnutrition  aiguë globale chez les enfants de moins de cinq ans dans les zones en conflit, est de 13,3%, dont 2,9% de malnutrition aiguë sévère. En outre, la malnutrition chronique touche près d’un tiers des enfants (28,1%), ce qui nuit à leur développement. La preuve que l’Afrique de l’Ouest est fortement frappée par l’insécurité alimentaire dont des défis doivent être relevés dans les rangs des personnes en situation de vulnérabilité surtout, les femmes et les enfants.

La nécessité de relever des défis

Les conditions de vie des femmes et des enfants dans les zones ouest africaines en conflit suscitent de vives inquiétudes et doivent faire l’objet d’une attention particulière voire d’une urgence. Pour y parvenir, il urge de trouver des solutions adéquates. Ce qui d’ailleurs justifie les propositions exposées par Jonas Gbian, Commissaire à l’agriculture de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) à la faveur des réunions du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA), le mercredi 18 avril 2018 à Paris. En effet,  Jonas Gbian, a indiqué que le principal défi des Etats de l’Afrique de l’Ouest n’est pas seulement de faire face aux crises, mais plutôt de les prévenir pour permettre aux populations vulnérables, notamment les femmes, de contribuer efficacement à l’autosuffisance alimentaire.

Il ressort de cette approche que le défi sécuritaire auquel les Etats de l’Afrique de l’Ouest sont confrontés n’est pas que militaire. Les pays engagés dans la lutte contre le terrorisme devraient donc rester concentrer, compte tenu de la persistance de la menace, sur la nécessité de protéger les populations vulnérables notamment les femmes et les enfants et de créer les conditions nécessaires, voire élaborer des plans nationaux de résilience aux crises alimentaires, pour l’émancipation des populations. Dans ce contexte, les opérations militaires se doivent de consentir de grands efforts, ceci avec une efficacité d’action irréprochable, pour assurer la stabilité nécessaire de la région ouest africaine, la seule porte de sortie des populations vulnérables prises aux pièges par les conflits.

Dans cette perspective, l’Institut d’étude de sécurité, dans son rapport sur l’Afrique de l’Ouest (août 2016), a recommandé que la Force militaire mixte (FMM), un dispositif offensif et de stabilisation ayant pour objectif la lutte contre des groupes terroristes, devrait accroître ses efforts dans les domaines de la communication externe et des relations civilo-militaires afin de mieux faire connaître son action auprès des opinions publiques et de bénéficier du soutien des populations locales situées dans sa zone d’intervention. « La nature de Boko Haram et l’environnement dans lequel il évolue posent des défis opérationnels aux armées engagées » prévient ledit rapport.

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