Bénin : le pain au prix de la santé des consommateurs ?

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‘’Des poudres de farine de blé sur le sol, des boites de levures ouvertes, des pétrisseurs malpropres, des mesures  hygiéniques peu orthodoxes ….’’. Nous sommes dans une boulangerie d’Ekpè, ce mardi 03 avril 2018 dans la Commune de Sémè-Podji, à environ douze kilomètres au Sud-Est de Cotonou, la Capitale économique du Bénin.

Il sonnait environ seize heures, T. I., chef boulanger et ses compagnons sont visiblement occupés. C’est à cause de la demande des clients le soir qu’ils  s’attèlent à la panification.

« Nous prenons soins de notre local et des produits  que nous utilisons afin d’assurer la qualité du pain » confie-t-il dans un accent nigérien.

Sans même aborder la question des normes alimentaires requises, la première chose qui attire votre attention est l’environnement dans lequel cette denrée est produite. Contrairement à ses propos, l’aspect que présente l’intérieur de ce lieu est peu attrayant.  Ici, le sol est couvert  de farine de blé  déjà utilisé, des sacs de farine de qualité douteuse  rangés dans un coin, des paniers vides sur lesquels de grosses mouches se pavanent, des tables en état de décrépitude ; et le tout dans une atmosphère hors du commun. ‘’Le pétrin’’ tourne. C’est le pétrissage de la journée. La  sueur froide, N. A., l’un des pétrisseurs de l’établissement s’adonne à son travail quotidien.

« J’utilise dans la fabrication du pain : la farine de blé, la levure, le sel et autres produits. Il y a des produits prohibés non-autorisés par l’Etat » explique-t-il. A la question de citer ces  produits prohibés interdits d’utilisation, il garde le silence. Peu après, il déclare : « Depuis mon arrivée dans cette boulangerie après ma formation en tant que pétrisseur, je n’ai jamais eu connaissance des noms de ces produits. »

Comme cette Boulangerie « A.C », elles sont nombreuses à s’occuper de la panification à travers tout le pays. Au niveau d’une autre boulangerie à Ekpè/Dandji, c’est le même constat. Les travailleurs de cette boulangerie fabriquent des pains sucrés.

« Le bromate de potassium, le sulfate d’ammonium, du sucre formole  et la salmonelle sont les produits que nous utilisons dans la fabrication du pain » avoue M. A., boulanger.

Plus tard d’autres boulangers confient hors micro que c’est pour grossir le pain qu’ils utilisent ces produits. La plupart des boulangeries visitées dans la localité présentent le même aspect et emploient presque des produits similaires.

La mort dans le ventre

« Nous avons longtemps alerté les consommateurs des  dangers qu’ils courent en achetant du pain   à manger» se désole M. Robin Accrombessi rencontré quelque part dans la ville de Cotonou.

Il est le président de  l’Association béninoise : ‘’La voix des consommateurs’’. Ce dernier parle des risques de cancer et d’intoxication liés à la consommation de cette denrée très appréciée par les béninois.

Et pourtant, l’arrêté du ministère béninois du commerce en date de septembre 2017 interdit l’utilisation   de certains produits inorganiques dans la panification. Aux nombres de ces produits on note : le bromate de potassium. Un produit qui serait dangereux et très nocif pour la santé.

En effet, une enquête menée par le ministère béninois du commerce et publiée en octobre 2017 décrit la situation très alarmante. Au cours d’une inspection sanitaire,  les agents du ministère du commerce ont découvert la présence de ce produit chimique cancérigène dans 21 boulangeries. Ce produit fait gonfler la pâte et permet  d’accroître la production du pain. Il est interdit au Bénin depuis 2005.  Cela a entraîné la fermeture de ces 21 boulangeries pour trois mois afin de se mettre en règle.

L’Association : ‘’La voix des consommateurs’’ prévoit prochainement d’organiser des campagnes de boycotte du pain pour attirer l’attention des autorités de notre pays sur le danger.  « C’en est trop ! Il  faut arrêter l’empoisonnement estime son président.

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1 commentaire
  1. Irène PAZOU dit

    Et oui, nous mourrons à petit feu!
    En plus de tous ces produits prohibés , ils utilisent également de la glace faite avec de l eau de puits,fabriquée dans des moules rouillées,notamment les barres de glace.
    Lorsque nous leur proposons des barres de glace en sachet et produites dans une industrie qui respecte les conditions d hygiène et utilise des machines appropriées flambant neuves, de l eau de la Soneb doublée d une installation où il y a plusieurs filtres,ils nous répondent qu’elles sont trop petites et pas rentables pour eux.
    C est dommage que nos boulangers ne pensent quà la rentabilité de leur business au détriment de notre santé et de notre bien être.
    Il urge que les associations des consommateurs prennent leur responsabilités!

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