Bénin – grèves : passage de 96h à 168h soit 7 jours sur 7 à l’UAC

La grève dans le secteur de l’éducation, notamment à l’Université d’Abomey Calavi à travers tous ces campus (CALAVI, COTONOU, PORTO-NOVO) et le centre universitaire d’ADJARRA, n’a pas encore connu son épilogue. Pour cause, les étudiants viennent de donner une autre dimension plus inquiétante aux mouvements de débrayages qui défrayent la chronique depuis bientôt deux mois.

Réunis en assemblée générale le Mardi 27 mars 2018, le collectif des étudiants a, après l’analyse des différentes situations secouant le Campus d’Abomey Calavi ; décidé en présence des trois organisations estudiantines à savoir la FNEB, l’ UNEB et l’UNSEB-AC, de ce que, la grève continue et ce, sept jours sur sept. Ils l’ont fait savoir à travers leur motion de grève adressée à Madame le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,  Marie-Odile ATTANASSO.

Cette nouvelle décision de l’assemblée générale des étudiants de passer de 96h de grève à 168h soit 7jours/7, apparait comme une mesure forte pour contraindre le gouvernement qui selon eux, est déterminé  à mettre en œuvre un plan de mise en berne des libertés associatives sur les campus d’une part et d’autre part la privatisation à terme des Universités publiques, à satisfaire leurs revendications.

Lire l’intégralité de la motion de grève des étudiants adressée au Ministre Marie-Odile ATTANASSO.

FEDERATION NATIONALE DES ETUDIANTS DU BENIN
UNION NATIONALE DES ETUDIANTS DU BENIN
UNION NATIONALE DES SCOLAIRES ET ETUDIANTS DU BENIN
Contacts : 66 08 10 71 / 97 95 00 71 / 62 53 60 06
A
Madame le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

OBJET : MOTION DE GRÉVE (Passage de 96h à 168h soit 7jours/7)

« Un homme, une mission, des moyens ». Cet adage commun au commun des mortels a toute sa place dans tout secteur d’activités. Depuis bientôt deux mois, les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi à travers tous ces campus (CALAVI, COTONOU, PORTO-NOVO) et le centre universitaire d’ADJARRA, sont en lutte pour réclamer non pas des pots de vin, mais de meilleures conditions de vie et d’études. Ainsi des mouvements de contestation suivis de grèves ont été enregistrés. Face à cela, l’on a noté
une détermination du Gouvernement dont vous êtes membres à mettre en œuvre le suicidaire plan de mise en berne des libertés associatives sur les campus d’une part et d’autre part la privatisation à terme des Universités publiques.
Tout ceci trouve une justification dans les différentes mesures prises et qui n’ont que pour seule visée le durcissement des conditions de vie et d’étude des étudiants.
– Vu la loi n° 90-032 du 11 Décembre 1990 portant constitution de la République du Bénin ;
– Vu la loi 1901 en ses dispositions relatives à la liberté associative ;
– Vu le décret n°2017-485 du 02 Octobre 2017 définissant les modalités de collaboration des organisations estudiantines avec l’Etat et les autorités des universités publiques en République du Bénin ;
– Vu le décret n°2017-155 du 10 Mars 2017 portant critères d’octroi des allocations d’études universitaires ;
– Considérant que le gouvernement à travers le décret n° 2016-616 du 05 Octobre 2016 a interdit d’activités les organisations faîtières d’étudiants et ceci en violation des principes de libertés associative, de manifestation, de réunion et même d’expression ;
-Considérant la décision DCC 17-065 du 16 mars 2017 de la Cour Constitutionnelle qui rétablit expressément les associations et organisations faitières dans leur droit ;
-Considérant le non-respect du gouvernement et de son Chef de la décision de la Cour Constitutionnelle ;
– Considérant qu’à la faveur de cette décision arbitraire les autorités universitaires aux ordres du pouvoir TALON ont pris des mesures impopulaires dans la seule visée d’exclure les enfants de parents pauvres des universitaires publiques du Bénin;
-Considérant les avancées éthiques recommandant l’ouverture de la porte du savoir universel à tous ;
-Considérant que la Constitution de notre pays le Bénin, garantit l’accès à l’éducation à tous ;
-Considérant l’obligation faite par notre Constitution à l’Etat d’assurer la gratuité progressive de l’éducation
en ses dispositions de l’article 13 ;

Considérant que dans le but d’avoir une année apaisée, les organisations estudiantines ont sollicité de façon individuelle et collective une audience avec vous afin de débattre des situations en cours dans nos
universités ;
– Considérant que vous ne vous êtes pas rendu disponible pendant cette période sous le prétexte d’un agenda chargé ;
-Considérant la violation flagrante des franchises universitaires ;
-Considérant que le calendrier du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales n’est jamais en adéquation avec le calendrier académique;
-Considérant que les services offerts par le Centre des Œuvres Universitaires et Sociales dans le domaine de la restauration, du transport, de l’hébergement et de la santé ne reflètent pas l’image de ce qui pourrait être offert dans une université publique encore moins dans la plus grande université nationale de notre pays ;
-Considérant la lettre ouverte du 25 septembre 2017 adressée au Chef de l’Etat, conjointement signée des trois organisations faitières d’étudiants (FNEB, UNEB et UNSEB) ;
-Considérant le mutisme dont fait montre le gouvernement et son Chef, face aux cris de détresse de la couche estudiantine ;
-Considérant la motion de grève de l’intersyndicale des enseignants du supérieur en cours ;
-Considérant les Assemblées Générales des étudiants sous la direction de la FNEB, de l’UNEB et de l’UNSEB respectivement tenues les Mardi 23 et Vendredi 25 janvier 2018 au campus d’Abomey-Calavi et au Centre Universitaire d’ADJARRA ;
-Considérant la motion de grève de 3 fois de 72h observé par les étudiants du campus d’Abomey-Calavi, des campus de Cotonou et du centre universitaire d’Adjarra ;
-Considérant la rencontre tenue avec vous le vendredi 09 Février 2018 au lendemain des premières 72 heures de grève observée ;
– Considérant qu’au cours de cette rencontre, l’on lit clairement votre volonté de sacrifier tous ces milliers d’étudiants inscrits dans nos universités publiques au profit de projets superflus ;
-Considérant votre mauvaise foi à ne pas satisfaire aux revendications ;
– Considérant qu’au cours de l’une de vos sorties vous avez expliqué que les étudiants ne réclament que la libération de Laurent METOGNON ;
– Considérant que dans le contexte où vous martelez promouvoir le dialogue, vous avez émis des propos qui portent atteinte à la réputation de l’élite de demain que nous constituons ;
– Considérant que l’on remarque clairement que bien qu’étant ministre chargé de l’Enseignement, la qualité de l’éducation donnée ne constitue pas une question cruciale pour vous ;
– Considérant qu’une oreille sourde est le premier symptôme d’un esprit fermé ;
– Considérant le déploiement des forces de l’ordre sur le campus dans le but d’étoffer la cause que défendent la couche estudiantine ;
– Considérant l’Assemblée générale des étudiants tenue le Mardi 27 Mars 2018 ;
Considérant que l’Assemblée Générale après analyse des différentes situations secouant notre université a décidé de ce que la grève continue et ce sept jours sur sept ;
– Considérant la souveraineté de l’Assemblée Générale ;
Nous, étudiants du Campus d’Abomey-Calavi et autres campus et centres universitaires affiliés réunis en Assemblée Générale le Mardi 27 Mars 2018:
1) Fustigeons :
a- Les mesures liberticides, attentatoires et antisociales prises par le pouvoir Talon ;
b- La volonté caractérisée du pouvoir TALON à fermer la porte des universités aux enfants de parents pauvres et en faire la chose des bourgeois ;
c- La hausse des frais d’inscription pour le compte de l’année académique à venir ;
d- Les différentes brimades et escroquerie académique dont nous sommes victimes ;
e- La politique de la sourde oreille dont fait montre le gouvernement face aux nobles et légitimes revendications des enseignants d’une part et des étudiants d’autre part ;
2) Déclenchons une grève de 168 heures soit sept jours sur sept à compter du Lundi 09 Avril 2018
à 00heure avec tacite reconduction pour exiger :
a- L’abrogation pure et simple du décret °2017-155 du 10 Mars 2017 portant critères d’octroi
des allocations d’études universitaires et les arrêtés d’application pris à cet effet ;
b- L’abrogation immédiate et sans condition aucune du décret n°2017-485 du 02 Octobre 2017 définissant les modalités de collaboration des organisations estudiantines avec l’Etat et les autorités des universités publiques en République du Bénin et les arrêtés pris ou en cours à cet effet ;
c- Le retrait immédiat et sans condition aucune des hommes en arme de nos universités publiques en République du Bénin,
d- La réintégration immédiate des 21étudiants arbitrairement exclus ;
e- L’abandon de la décision du Conseil des Ministres qui annonce la hausse des frais d’inscription dans les UNB pour le compte de l’année académique à venir ;
f- Le paiement sans délai aucun des arriérés de Bourse, Secours, Frais de mémoire et de stage à
tous les ayants droits ;
g- Le rétablissement sans condition des organisations faitières d’étudiants et institutions spécialisées affiliées dans leur droit ;
h- La satisfaction à tous les points de revendications inscrits dans la motion de grève de l’intersyndicale des enseignants du supérieur ;
i- La construction et l’équipement des amphithéâtres, salles de cours, laboratoires et
bibliothèques de types modernes ;
j- La suppression des faux frais (inscription pédagogique, frais de Travaux pratiques, de
laboratoire, de stage…) dans nos écoles, instituts et facultés ;
k- La décentralisation de la DBSU sur les autres campus et centres universitaires ;
l- L’achat de nouveaux bus pour faciliter le transport étudiant, la construction et la réhabilitation des bâtiments servant de résidences universitaires ;
m- La construction et l’équipement d’un centre de santé digne du nom sur le Campus d’Abomey-
Calavi ;
n- L’étendue des services du COUS-AC vers les autres campus et centres universitaires (FSS,
ENEAM, INMES, PORTO-NOVO et ADJARRA) ;
o- Le respect des franchises universitaires ;
p- La démission du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de tout son cabinet pour incapacité notoire ;
En tout état de cause, nous tiendrons responsables les autorités universitaires et l’Etat central, des déconvenues qu’engendrerait leur entêtement à ne pas satisfaire aux revendications suscitées. Car comme le
dit GANDHI, « La démocratie devrait assurer au plus faible les mêmes opportunités qu’au plus fort».

Fait à Abomey-Calavi, 04 Avril 2018
Ampliations
Président de la République, Assemblée Nationale, Cour Constitutionnelle, Médiateur de la République, Ministère de l’Enseignement Supérieur, Rectorat UAC, Décanats et Directions UAC, COUS-AC, Ministère de l’intérieur, Préfectures (Atlantique, Littoral, Ouémé), Mairies (Abomey-Calavi, Porto-Novo, Adjarra),Confédérations et Centrales syndicats, Commissariat Centraux, Brigades Territoriales, BUE, IS, Presses, Affichages, archives

3 commentaires
  1. Ken dit

    168 heures ? C’est petit. Inconscience quand tu nous tiens

  2. Just dit

    C’est simplement de la niaiserie.

  3. Le lecteur exaspéré dit

    Ajoutez encore une heure!!!! Vous mêmes y’a pas de blem. Personne ne paie les pots cassés à votre place. Vous n’êtes utile qu’à vous. 168H de grève en tant qu’étudiant. Combien ferez en tant que fonctionnaire de l’état? Betise humaine!!!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En savoir plus