Ghana : le président Nana Akufo-Addo refuse le programme d’aide financière du FMI

Le Ghana ne compte plus prolonger le programme d’aide financière du FMI dès cette nouvelle année 2018. Selon le président Nana Akufo-Addo, le gouvernement compte sur sa stratégie de relance économique et d’industrialisation pour réduire la dépendance budgétaire du Ghana aux ressources extérieures.

En effet, le 18 juillet 2017, lors de la présentation du point sur la situation socioéconomique et politique du pays, le président ghanéen avait annoncé, que le programme d’aide du FMI dont bénéficie le pays ne sera pas reconduit à son expiration en avril 2018.

Alors que jusque-là le gouvernement a fait entendre qu’il espère prolonger le programme d’assistance financière d’au moins six mois, afin notamment de poursuivre la mise en œuvre de la stratégie de relance économique, Nana Akufo-Addo a annoncé qu’à la fin de l’échéance convenue, le pays mettra fin au plan de sauvetage approuvé en 2015 et pour trois années par le FMI, en contrepartie de la mise en œuvre de réformes structurelles destinées à permettre au pays de faire face à la dégradation de ses indicateurs macro-économiques.

Le gouvernement Akufo-Addo n'a pas l'intention d'étendre le programme du FMI, et le budget de novembre prochain sera le dernier budget au titre de ce programme, car nous comptons développer notre propre stratégie et ne plus dépendre de ressources externes pour financer notre budget.

Nana Akufo-Addo Président du Ghana

Le jeudi 8 Février dernier, devant le parlement, Nana Akufo-Addo a confirmé son intention de ne plus avoir recours à l’assistance du FMI. Rapporté par, agenceecofin, Nana Akufo-Addo a déclaré : « Je suis ravi d’annoncer que le programme appuyé par la facilité élargie de crédit qui a débuté en 2015 et qui est soutenu par le FMI, prendra fin cette année ». Ajoutant que « la performance macroéconomique relativement bonne en 2017 soutiendra fortement la réussite de ce programme ».

Il poursuit en disant, « Nous sommes déterminés à mettre en place des mesures pour assurer l’irréversibilité et maintenir la stabilité macroéconomique, afin que nous n’ayons aucune raison de demander à nouveau l’assistance de cette puissante organisation mondiale ». 

À en croire les derniers chiffres de la Banque mondiale, l’économie ghanéenne devrait réaliser un taux de croissance de 8,3% en 2018, soit la plus forte sur tout le continent, juste devant l’Éthiopie qui pourrait voir l’évolution de son PIB chuter légèrement à 8,2%. Pour le Ghana, une des locomotives de la CEDEAO, la progression annoncée -si elle est au rendez-vous- sera très révélatrice de la dynamique économique actuelle. Cela, d’autant plus qu’en 2017, sa croissance est estimée à 6,1% par la Banque mondiale.

Régulièrement cité comme un exemple dans la région en termes de démocratie, le Ghana a organisé début décembre 2016 ses élections générales, qui se sont déroulées dans le calme. Le leader de l’opposition Nana Akufo-Addo (Nouveau parti patriotique- NPP) a remporté le scrutin dès le premier tour avec 53% des voix face au président Mahama (Congrès démocratique national-NDC). La population ghanéenne compte sur le nouveau président pour sortir le pays de la crise économique.

D’après le rapport le Classement Doing Business 2018, c’est le Ghana qui signe la meilleure performance en Afrique de l’Ouest et se classe à la 120e place, suivi par le Cap-Vert (127e). La Côte d’Ivoire et le Sénégal se suivent aux 139e et 140e place.

3 commentaires
  1. TODJINOU Moussa Edgard L'utilisateur dit

    Bel exemple de maturité à suivre par les pays d’Afrique francophone

  2. kekenon L'utilisateur dit

    Courageux le gars. Attendons voir ce que diront les graminées si il n arrive pas à payer les fonctionnaires. L héroïsme est mort avec rumumba, notre epoque n’a dautre dieux que les billets de banque

  3. awesome thaumaturge agbodjinou L'utilisateur dit

    vraiment un bel exemple à copier.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.