Bénin – Défalcation sur salaire: l’Unamab réplique avec un mouvement de grève

L’Union Nationale des Magistrats du Bénin (Unamab) ne compte pas baisser les bras face à ce qu’ils ont appelé “provocation du gouvernement”. Ils s’indignent contre les défalcations sur salaire pour fait de grève effectuées par le ministère de l’économie et des finances. Pour Michel Adjaka, Président de l’Unamab ces défalcations violent la loi sur le droit de grève et démontre que le gouvernement n’est pas prêt à travailler pour l’apaisement de la fronde sociale. L’Unamab n’est donc pas prêt a consommer les défalcations sur salaire effectuées pour le compte du mois de février et la riposte trouvée par les magistrats c’est un mouvement de grève qui prend effet à compter du lundi 26 février 2018.

MOTION DE GREVE DE L’UNION NATIONALE DES MAGISTRATS DU BENIN (UNAMAB)

A
Monsieur le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et de la Législation,
Vu les résolutions de l’Assemblée générale du 27 janvier 2018 ;
Vu la Convention 87 de l’Organisation Internationale du Travail relative à la liberté syndicale et à la protection du droit syndical ratifiée par le Bénin ;
Vu la Constitution de la République du Bénin du 11 décembre 1990 ;
Vu la Loi N°2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin ;
Vu la Loi N°94-027 du 15 juin 1999 relative au Conseil Supérieur de la Magistrature ;
Vu la Loi N°2001-35 du 21 février 2003 portant Statut de la Magistrature;
Vu la Loi N°86-013 du 26 février 1986 portant Statut Général des Agents Permanents de l’Etat ;
Vu la Loi N°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin ;
Considérant que suite aux dispositions liberticides introduites aux articles 50 du statut général de la fonction publique et 20 de la loi portant statut de la magistrature, l’UNAMAB a déclenché une grève de protestation de cinq jours qu’elle a observée du lundi 08 janvier 2018 au vendredi 02 février 2018 pour exiger le retrait desdites dispositions ;
Considérant qu’aux termes de l’article 25, alinéa 1er de la loi n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin, «les grèves ayant pour motif la violation des libertés fondamentales et des droits syndicaux universellement reconnus ou le non-paiement des droits acquis par les travailleurs, ne donnent lieu à aucune réduction de salaire ou de traitement.» ;
Considérant que le droit de grève consacré par les articles 31 de la Constitution du 11 décembre 1990 et 8 du Pacte International relatif aux droits Économiques, Sociaux et Culturels fait partie des libertés fondamentales visées par l’article 25 de la loi n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin ;
Considérant qu’ayant compris qu’en violation de cette évidence juridique et surtout en guise de représailles, le gouvernement opérera des défalcations sur salaires, l’UNAMAB, à l’issue de son Assemblée générale du 27 janvier 2018 et faisant suite aux décisions de la Cour constitutionnelle déclarant contraires à la Constitution les dispositions querellées, a levé son mot d’ordre de grève mais a tenu à avertir le gouvernement d’une reprise du mouvement en cas de défalcations sur les salaires de ses militants ;
Considérant qu’en dépit de cet avertissement, les salaires de certains magistrats ont fait l’objet abusivement et illégalement de défalcations à hauteur d’au moins 70% ;
Considérant que cette défalcation fantaisiste et arbitraire viole l’article 25, alinéa 1er de la loi n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin ;
Considérant qu’une telle violation grave et flagrante de la légalité constitue une provocation ;
DECIDE
D’observer une grève de protestation de cinq (05) jours, renouvelable par tacite reconduction, à compter du lundi 26 février 2018 à zéro (00) heure, pour exiger du Gouvernement la rétrocession de l’intégralité des fonds illégalement, abusivement et arbitrairement défalqués sur les salaires du mois de février 2018.
L’UNAMAB prend l’opinion publique nationale et internationale à témoin et rend le Gouvernement responsable des déconvenues de cette nouvelle provocation.

Fait à Cotonou, le 23 février 2018
Le Président du BE/UNAMAB
Michel ADJAKA

6 commentaires
  1. Azanhouan dit

    Je ne vous comprends hein Grève là vous trouvez quoi dedans Pourqui ne pas saisir la cour constitutionnelle pour dire le doit En tout cas radiation du corps il y en aura bientôt Trop c’est trop Adjaka Michel revois ta copie

  2. ephremkevin dit

    Pourquoi certains sans chercher à comprendre le bien fondé des mouvements commencent à écrire ce qu’ils veulent. Vraiment, dans ce pays il y a plusieurs qui ne sont pas curieux ou des fous du roi ou des chômeurs qui pensent qu’il faut laisser l’emploie tel il se trouve. Posez vous la question d’abord pourquoi il y a tant de grève. Que demande les travailleurs et pourquoi le gouvernement refuse? Et vous aurez la réponse.

    1. Gnyz dit

      Partout quand on grève on est pas payé…
      S’ils le sont on comprend pourquoi ils l’on facile….
      C’est à regretter l’époque problème ou ces fainéants auraient été. Mis au pas !!
      Pas de travail pas d’argent, n’est pas le rat ?

  3. Rosé dit

    Ephremkevin ne sois pas étonné ,en tout cas ce genre de raisonnement ne métonne pas moi quand on sait qu’on est dans un pays où le taux d’analphabétisme est élevé.

  4. Nini dit

    Ils ont déjà fait cinq jours de grève avant non le Bénin s’est il transformé ou c’est quoi ils peuvent même prendre leur retraite en même temps. Et les pauvres béninois qui ont manqué leur pièce administratif pour déposer des dossiers qui parle de leur droit à eux

  5. ISSOUFOU IDRISSOU dit

    La défalcation est un couteau à double tranchant. Pour le gouvernement c’est vouloir une chose (développement) et son contraire (la pauvreté). Considérez un temps soit peu la situation suivante:

    = je suis fonctionnaire et j’ai été défalqué ;
    = je suis paysan, je suis une entreprise qui produit des biens et services. Je dois donc vendre mes marchandises ou produits.

    Mais voilà, le fonctionnaire défalqué n’a pas l’argent pour payer lesdites marchandises ou produits ou services.

    Conséquences inéluctable : le paysan ou l’entreprise ne fera pas un bon chiffre d’affaires pendant que les charges incompréhensibles doivent être coûte que coûte assurées.

    Résultats : la pauvreté s’éveille et le développement va en veille.

    Réfléchissons donc sérieusement aux objectifs que nous voulons atteindre au cours de ce mandat. Si le développement durable est l’un des objectifs de ce gouvernement, eh bien, je dis que la défalcation est malvenue encore que ses conditions d’application n’en sont pas réunis.

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