Entretien : décryptage du discours bilan livré par le président Talon

Dans une interview exclusive accordée à la rédaction de Bénin Web TV, le président du mouvement Engagement pour le Patriotisme Intégral (EPI), Philippe Dansou  s’est prononcé sur le bilan de la gestion de l’état béninois fait par le Président de la République Patrice Talon à la veille de la fête du nouvel an. Pour rappel, comme l’exige la constitution du Bénin, chaque fin d’année, le chef de l’Etat a le devoir de s’exprimer à la nation toute entière .

Après avoir fait le décryptage des dossiers de lutte contre la  corruption, de l’impunité, du programme d’action du Gouvernement, et du multipartisme intégrale pour ne citer que ceux-là, Philippe Dansou président du mouvement Engagement pour le Patriotisme Intégral (EPI) est revenu sur le social oublié par le gouvernement de la rupture et du nouveau départ depuis son avènement. Lisez plutôt…

Vous êtes Philippe Dansou, président du mouvement Engagement pour le Patriotisme Intégral (EPI). Dans son discours adressé à la nation à la veille du nouvel an, le chef de l’Etat le président Patrice Talon, a fait le bilan de la gestion de l’Etat béninois depuis sa prise de service. Dites-nous, quelle analyse faites – vous du « diagnostic objectif et rigoureux » fait par le chef de l’Etat sur l’état de la nation béninoise.

Le président a abordé le dossier de la lutte contre la corruption. C’est un dossier qui gangrène notre pays. La corruption détruit tout un pays. La gouvernance par la corruption n’est pas à l’ordre du jour sous la rupture, la gouvernance par l’impunité n’est pas à l’ordre du jour sous la rupture.

 

Concernant la corruption, le combat que le président a déclenché pour lutter contre la corruption est un bon combat. Mais, il ne faudrait pas que ce combat soit sélectif. Il faudrait que même s’il y a des gens dans son camp , qui sont avec lui et qui ont porté atteinte à notre pays sur le plan de la corruption, qu’il les interpelle et les mette à la disposition de la justice. Faut pas qu’il ait de l’impartialité dans ce domaine, faut pas qu’il ait de deux poids deux mesures.

Au lendemain du régime du président Patrice Talon, déjà quand il a pris le pouvoir, beaucoup de députés, beaucoup de personnalités politiques ont plié bagage pour aller dans la rupture, sachant très bien qu’ils ont des choses à se reprocher. Il ne faudrait pas que cette transition, cette transhumance, pour être sous la couverture de la rupture les protège et brime d’autres. Il  ne faudrait pas aussi que ,dans cette lutte contre la corruption, qu’il y ait, une autre forme de corruption au Bénin, que la lutte contre la corruption étale le lit à la corruption.

 

Pour le chef de l’Etat, l’impunité, qui en assure la perpétuation, ne doit plus avoir droit de cité au Bénin… Dites-nous, le Bénin est-il sur la bonne voie ?

Pour ce qui est de l’impunité, le président a parlé, je suis d’accord, je l’encourage. Et comme il a dit qu’à la fin de son mandat, on va le porter en triomphe, on attend de voir.

Outre le dossier de la corruption qui est selon le chef de l’Etat, un seuil insupportable et constitue un frein à l’essor économique du Bénin,  que pensez-vous de la réforme du système partisan annoncé par le chef de l’Etat, le président Patrice Talon ?

Est-ce que le multipartisme intégral constitue un danger pour un pays ? (il hésite un instant et répond) Moi je pense que non. (Il donne l’exemple d’autres pays). Si nous prenons la France que nous appelons pays de référence, la France, l’Allemagne, la Belgique, les Etats Unis , le multipartisme est intégral dans ces pays.

D’abord, c’est quoi la politique, (il observe une pose et continue). La politique, c’est une association d’individu, ou bien de groupe d’individu, qui s’unissent ensemble avec une idéologie et fait donc adhérer d’autres personnes pour défendre une idée et contrôler le pouvoir , l’exercer ou avoir une influence sur le pouvoir afin qu’il puisse faire ce qui est bon pour le peuple. C’est-à-dire que le droit de faire la politique ; le droit d’avoir un parti politique, est un droit régalien.

Alors, moi je pense à mon humble avis, que le fait qu’il ait une flopée de parti politique au Bénin ne constitue pas un danger pour notre démocratie. Au contraire, ça donne de la vitalité à notre démocratie parce que chacun est libre de penser et de dire ce qu’il veut. C’est vrai qu’aujourd’hui, il y  a des parties « zonistes », des parties régionalistes, des parties  de villages et de quartiers qui existent au Bénin. Mais, ce n’est pas une raison pour reformer le multipartisme intégral au Bénin.

Que proposez vous donc?

Moi je suggère qu’on commence par toiletter le répertoire des partis politiques qui existent au Bénin. Parce qu’il y a des gens qui ont des partis politiques et qui sont morts avec. Les partis n’existent plus. Et puis, on les compte parmi les partis politiques qui existent au Bénin. Donc, qu’on essaie de faire tout possible pour avoir au moins un répertoire fiable de parti politique au Bénin.

Après cela, proposez des sanctions aux partis politiques qui ne jouent par leur rôle d’animation de la vie politique, participer aux élections seule ou en alliance, c’est-à-dire que, (il s’explique et continue)… Aujourd’hui, les gens font que c’est devenu un club électoral, on attend les élections et puis on va aux élections. On dit qu’on est politicien et puis après c’est fini. on se tait et, après quand on sent que les échéances arrivent on fait encore la politique. Ce n’est pas ça. Je pense qu’il faut d’abord penser à ces choses avant de chercher à savoir comment faire pour reformer, pour que ce soit donc un conglomérat de deux ou trois parties.

Même la France où on dit qu’il y a les républicains, la gauche , la droite et puis, les centristes et consorts, il y a près de 400 partis politiques. Mais ça ne se voit pas… Quand on prend les Etat unis où on dit qu’il y a deux parties, les républicains et les démocrates, mais il y a près de 70 parties. Pourquoi ne pas permettre aux gens d’ avoir les mouvements et partis politiques et puis après, essayer de voir sur quelle balance les mettre pour pouvoir donc leur permettre de jouer pleinement leur rôle pour que notre démocratie puisse avoir le temps de grandir et de s’imposer.

Le président patrice Talon a estimé que Malgré son importance, le programme d’action du gouvernement a une existence ingrate au Bénin ? Qu’en est-il en réalité selon vous,  d’autant plus qu’on vous a connu il y a quelques années en tant que président de l’ONG,  Jeunesse unit pour le Développement en Afrique  (Judeva) ?

Si le président Talon et son gouvernement pouvaient tout faire pour exécuter les 1/3 du programme d’action du gouvernement, je suis sûr qu’a la fin de son mandat, il sera porté en triomphe. Le PAG est en action, ils l’ont dit. Ce n’est pas les 5 ans de Talon qui vont révéler le Bénin, au contraire, avec le PAG, on peut mettre le Bénin sur les rails. (…) et on verra les fruits du PAG dans les années à venir.

Mais se précipiter, pour mettre en place le PAG, c’est-à-dire on faire du forcing pour l’exécution du PAG risque de porter atteinte au PAG. C’est un bon programme et il faudrait surtout que ce qui va être fait dans ce PAG soit fait de façon efficiente et efficace pour que nous puissions à la fin toucher du bout de doigt, les réalités du PAG.

Dites-nous, globalement, êtes-vous satisfait du discours bilan du chef de l’Etat? 

Mais sur le plan social, on a fait 12 mois, on a rien vu. Le peuple souffre, les gens se plaignent, rien ne va. Mais je l’implore, dans un pays où tout le monde se plaint, ce n’est pas bon pour l’économie de ce pays.  Pour finir, j’invite le chef de l’Etat à aller jusqu’au bout de ses idées pour qu’à la fin de son mandat, nous puissions le porter en triomphe comme il l’a souhaité.

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