Bénin: enseignants et étudiants se mobilisent et paralysent l’enseignement supérieur

Le mouvement de grève de 72 heures lancé par l’Intersyndicale des Université nationales du Bénin est effectif depuis ce mardi 16 janvier 2018. Une descente sur le terrain et le constat est visible. Les enseignants ont purement et simplement déserté les amphithéâtres. C’est le cas à l’Université d’Abomey-Calavi où les étudiants ayant fait le déplacement pour suivre les activités pédagogiques de la semaine sont contraints de rentrer chez eux , après quelques heures passées dans les salles pour attendre le professeur.

48 heures après le démarrage de la grève, les organisateurs se réjouissent de sa réussite, ils ont fait le constat que leurs collègues enseignants ont suivi le mot d’ordre. “Au niveau de l’enseignement supérieur, la grève est totalement suivie”, a confirmé Julien Gbaguidi, avant de revenir sur les motivations de cette grève. A en croire le Secrétaire Général du Syndicat National des Enseignants-Chercheurs et Chercheurs du Bénin (SG/Snecc), l’intersyndicale manifeste pour montrer sa désapprobation par rapport à la manière dont le dialogue social est conduit dans leur sous secteur.

Selon Dr Julien Gbaguidi, en dehors de ce premier point, objet de leur mécontentement, il y a des problèmes spécifiques liés à leur corporation , des problèmes qui auraient pu déjà avoir des approches de solution, si l’autorité de tutelle leur avait prêté oreilles. Au nombre de ces différents problèmes , le SG/Snecc est revenu sur le recrutement des enseignants au profit des universités et la question des avantages accordés aux enseignants par le statut de 2010.

En ce qui concerne le point de recrutement, l’intersyndicale n’est pas en accord avec les nouvelles conditions fixées par le gouvernement. Selon cette dernière, les nouvelles conditions visent à discriminer les ”moniteurs” et ”assistant-stagiaires” , qui à cause de la non régularité du recrutement prennent de l’âge et du coup dépassent les 45 ans exigés par les nouvelles conditions. L’autre aspect de ces nouveaux critères de recrutement qui fâchent les enseignants , c’est la confusion avec les différents grades. Pour Dr Julien Gbaguidi, chaque grade répond à des critères spécifiques pour le recrutement, mais avec ce que propose le gouvernement actuel, il y a une confusion totale que l’intersyndicale ne saurait accepté.

Voilà tant de points d’achoppement, qui constituent le nerf de la guerre entre le personnel enseignant et le gouvernement, qui est invité à saisir la main tendue des syndicats pour trouver une porte de sortie favorable à l’enseignement supérieur. “Nous tendons la main aux dirigeants, et cette grève est une occasion pour le gouvernement de nous tendre à son tour la main, pour que nous puissions mener une discussion franche autour de ces problèmes”, a souhaité Dr Julien Gbaguidi. Et par rapport à la suite à donner au mouvement au bout des 72 heures, il affirme que l’intersyndicale avisera conformément aux pas que le gouvernement aurait posé. De toutes les façons, l’intersyndicale se trouve dans une position confortable et pourront compter sur le soutien des étudiants, fait-il observer

Quand les responsables étudiants apportent leur soutien aux enseignants

Les organisations estudiantines , dès l’annonce du mouvement de grève des enseignants se sont retrouvés pour sortir un communiqué conjoint , qui approuve la grève. Ils estiment que les différents points énumérés par l’intersyndicale touchent en partie, l’amélioration des conditions d’étude des étudiants, c’est pourquoi ils sont allés au delà d’un simple communiqué.

Ce mercredi 17 janvier 2018, les responsables de l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb), l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb) et la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb) sont descendus dans les amphithéâtres pour sensibiliser leurs camarades étudiants. Ils ont abordé lors de cette descente, les motivations qui justifient le soutien des étudiants à cette grève.

Par ailleurs, ils ont profité de l’occasion pour inviter les étudiants à une assemblée générale le mardi 23 janvier 2018 pour donner leurs avis sur les différentes réformes engagées dans le secteur. Selon Alain Eklou, Secrétaire Général de la Fneb, cette assemblée générale décidera de la conduite à tenir.

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