Assassinat de Norbert Zongo : l’impunité fête son 19ème anniversaire au Burkina Faso

Le 13 décembre 1998, il y a 19 ans, l’éminent journaliste burkinabé, Norbert Zongo est assassiné avec trois de ses compagnons (Blaise Ilboudo, Ablassé Nikiéma et Ernest Zongo) alors qu’il avait commencé une enquête sur les circonstances de la mort mystérieuse de David Ouedraogo, le chauffeur de François Compaoré, le frère du président d’alors, Blaise Compaoré. 19 ans après, la justice burkinabè peine à faire la lumière sur ce crime qui a ternie l’image du pays des hommes intègres à la fin du 20ème siècle.

Directeur de la publication de l’hebdomadaire « L’Indépendant », Norbert Zongo dénonçait à travers ses publications la corruption qui gangrène le Burkina Faso sous le régime de Blaise Compaoré. Son assassinat a suscité dans le pays et dans la sous-région ouest africaine une vague d’indignation et des mouvements d’humeurs. Sous la pression de la rue, Blaise Compaoré avait ouvert, quelques jours après son assassinat, une enquête judiciaire.

En sept ans d’instruction, un seul suspect, Marcel Kafando, un adjudant de la sécurité présidentielle, a été inculpé, mais le témoin l’accusant s’est rétracté au cours d’une confrontation judiciaire. Mais des journalistes étrangers et une commission d’enquête internationale ont mené vers d’autres membres de la garde présidentielle burkinabé.

En effet, la commission indépendante a conclu que la mort de Norbert Zongo était due à des motifs purement politiques, en raison de ses investigations au sujet de la mort après torture de David Ouedraogo, chauffeur de François Compaoré. Ce dernier fut inculpé du meurtre de David Ouedraogo en janvier 1999. Le tribunal militaire abandonna ensuite les charges retenues contre lui.

Le 20 octobre 2006, Reporters sans frontières a affirmé que le rapport d’enquête de la Commission d’enquête indépendante sur l’assassinat de Norbert Zongo avait été expurgé d’éléments mettant en cause François Compaoré, le frère du président Blaise Compaoré, et un homme d’affaires proche du pouvoir, Oumarou Kanazoé. Plusieurs fois cités dans cette affaire, Compaoré et Kanazoé ont toujours nié toute implication.

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