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Bénin : Ravip, mythe ou leurre à Bassila et dans la Donga ?

Il n’est un secret pour personne que le Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) aux contours insaisissables a démarré depuis le 1er de ce mois (1er novembre 2017 – ndlr) et les voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer les velléités qu’il cache. Ceux qui pensent que le nord est très mal loti dans la répartition des kits pour le Ravip n’ont pas du tout tord. À ne pas nous confondre avec la répartition des premiers postes ministériels. Mais fort malheureusement, cette répartition est loin d’être objective et réaliste.

Et pour preuve des disparités énormes sont notées d’une région ou d’une zone à une autre. Ce qui renforce nos craintes quant à la finalité dudit Ravip. Pire, le constat sur le terrain contraste avec les discours tenus ça et là. A quelle enseigne veut-on loger la commune de Bassila ? Selon le dernier Recensement général de la population et de l’habitat (2013), la population de Bassila est de 130.770 habitants pour une superficie de 5.661 km². Curieusement, cette commune se retrouve avec 16 kits positionnés comme suit par arrondissement : Bassila 6 kits, Aledjo 3 kits, Manigri 3 kits, Penessoulou 4 kits.

Aujourd’hui, seulement deux postes de recensement sont fonctionnels dans chaque arrondissement. La conséquence est simple. À titre illustratif, les populations de Bodi, Nagayilé, Pénélan, Nioro, Kodowari, Tchetou etc. doivent se déplacer vers Penessoulou pour se faire enregistrer. Il en est de même pour les populations de Doguè, Igbomacro, Appi, Kikele, Guiguisso etc. qui doivent se rendre à Bassila, parcourant au moins 40 km pour certains.

À cela s’ajoute le fonctionnement des kits qui ne favorise pas le traitement rapide des données. Un agent fait en moyenne 30 minutes pour enregistrer une personne. Voici un petit calcul que nous avons fait : 16 kits x 2 personnes par heure = 32. Si les agents travaillent 10 heures par jour on aura 320 personnes par jour. Soit 9.600 personnes par mois d’où 57.600 personnes pour les six mois. 130.770 – 57.600 = 73.170. Soit 73.170 personnes à Bassila qui ne pourront pas être enregistrées à Bassila après les six mois (tenant compte de la population de 2013).

Cette hypothèse ne prend pas en compte le manque de communication avec les populations, les problèmes sociaux entre localités, les longues distances à parcourir encore moins les problèmes liés au dysfonctionnement des appareils. Un autre fait non moins important concerne l’éducation des enfants. La plupart des agents recenseurs sont des enseignants en situation de classe. Ils abandonneront nos apprenants pour 6 mois soit presque la durée d’une année académique, pendant que nous déplorons sans cesse la baisse du niveau de nos apprenants corroborée par les piètres résultats aux divers examens scolaires.

Je présume que le visage de Bassila n’est pas loin de celui des autres communes de la Donga. C’est pourquoi, loin de moi l’idée de saboter cette opération patriotique, je demande que nous œuvrions pour sa réussite. En termes clairs, les autorités communales de tout bord et de toute tendance, les responsables des partis politiques, les leaders d’opinions, les responsables d’ONG à quelque niveau que ce soit, chacun en ce qui le concerne, sont interpellés pour la bonne réussite de cette opération. Vivement que notre cri de cœur soit entendu avant qu’il ne soit trop tard.

Mounirou Gomina

3 commentaires
  1. Bradovici ESSOU dit

    N’importe quoi ce RAVIP

  2. Dossou Adolphe dit

    De n’importe quoi. Est-ce neccessaire de faire le ravip? si le gouvernement n’a pas de moyens adequats pour son demarrage il n’a qu’à laisser. Aussi je demande aux autorités communales de proceder à la verification des agents recenseurs afin de sanctionner les enseignants qui laissent les classes au detriment de Ravip.

  3. Anonyme dit

    Monsieur le mateux n’est pas si intelligent que ça !

    Si cette partie de la population ne sera pas prise en compte, alors c’est dire que les enfants qui vont naître dans 6 mois et plus dans cette commune ne seront pas prises en contact.

    C’est plus de l’idiotie que de l’aberration !

    A quoi aura servi cette médiatisation autour du projet pour l’impacter dans les habitudes et le quotidien des béninois où qu’ils soient mais aussi des étrangers qui s’installent définitivement au Bénin ou qui y sont provisoirement pour du travail, ou des missions longue durée ?

    Vous avez pris la mauvaise habitude de tout noircir et mystifier parce que ça porte la griffe Talon.

    L’objectivité a déserté le discernement.

    C’est lamentable pour des professionnels de l’information.

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