La première télé béninoise 100% Web

Reckya Madougou : « La prospérité de l’économie mondiale est aujourd’hui entre les mains des femmes »

Reckya Amadou, femme politique béninoise et consultante internationale chez International Key Consulting, a dirigé les débats du premier panel qui portait sur les stratégies et plaidoyers pour un accompagnement efficace de l’entrepreneuriat des femmes en vue d’une croissance économique inclusive, aux côtés de remarquables personnalités dont des femmes engagées aux parcours inspirant. C’était lors la 2è édition des journées de la francophonie économique et numérique sur le thème “les couleurs de l’économie”, ce 14 septembre, à Paris.

Selon Reckya Madougou, plusieurs rapports internationaux montrent que la prospérité de l’économie mondiale est aujourd’hui entre les mains des femmes. Pour elle, une diminution de 50 % des inégalités hommes-femmes pourrait contribuer à une croissance économique mondiale d’environ 12 %.

« Les femmes créent aujourd’hui deux fois plus d’entreprises que les hommes à l’échelle mondiale, représentent 51 % de la richesse globale et contrôlent 70 % des dépenses des ménages » Reckya Madougou

Retour sur le point fait par Reckya Madougou

J’ai eu l’honneur de diriger de riches échanges sur l’entreprenariat des femmes

Chères toutes et chers tous,

À l’occasion de la 2è édition des journées de la francophonie économique et numérique sur le thème “les couleurs de l’économie”, ce 14 septembre, à Paris, j’ai eu l’honneur de diriger les débats du premier panel qui portait sur les stratégies et plaidoyers pour un accompagnement efficace de l’entrepreneuriat des femmes en vue d’une croissance économique inclusive, aux côtés de remarquables personnalités dont des femmes engagées aux parcours inspirants.

Selon plusieurs rapports internationaux, la prospérité de l’économie mondiale est aujourd’hui entre les mains des femmes. Car une diminution de 50 % des inégalités hommes-femmes pourrait contribuer à une croissance économique mondiale d’environ 12 %.

Les femmes créent aujourd’hui deux fois plus d’entreprises que les hommes à l’échelle mondiale, représentent 51 % de la richesse globale et contrôlent 70 % des dépenses des ménages.

La Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, organisme hôte de notre entichant débat, Madame Michaëlle Jean dans son mot introductif avait de fort belle manière rappelé combien l’économie des États de l’espace francophone en Afrique de l’Ouest était dynamique et affiche en ce moment des constannces relativement stables, en se fondant sur des chiffres récents des institutions de Bretton Woods, et ce, contrairement à ce que certains aiment à laisser entendre.

 Les femmes : « le moteur central de l’économie africaine »

Les femmes « sont le moteur central de l’économie africaine », selon une enquête Ipsos publiée en mai 2017. En effet, lorsqu’on se promène dans une grande ville d’Afrique francophone, un premier constat saute aux yeux : la prédominance des femmes dans le commerce de produits et services en tous genres.

Mais cette réalité en masque une autre : les entreprises détenues par des femmes comptent en moyenne moins d’employés, engrangent moins de recettes et de bénéfices, ont une productivité plus faible.

Au Congo-Kinshasa, selon Patience Barandengue, responsable du Marché Femmes Entrepreneures à la Rawbank, « Les femmes elles-mêmes veulent être limitées dans le secteur tertiaire. Elles veulent rester dans la microfinance. Elles doivent oser et prendre le risque. Il y a aussi la problématique du côté informel de leur activité : elles préfèrent rester dans l’informel pour éviter de payer les taxes.»

« Encore de nombreux obstacles à la création d’entreprise »

J’ai rappelé que le premier obstacle concerne les inégalités de scolarisation entre les filles et les garçons. Le deuxième frein réside dans leur accès plus limité aux capitaux et aux actifs, aux moyens financiers dont elles ne peuvent souvent bénéficier que par l’intermédiaire de leur époux. Le droit de la famille confère aussi souvent aux époux le contrôle des biens et des terres, privant les femmes des actifs demandés en garantie des prêts. 90 % des femmes vivant dans les pays à haut revenu ont accès à une institution financière, contre seulement 19 à 21 % des femmes dans les pays à faible revenu. Un taux qui reste plus faible aussi comparé aux hommes dans les pays à faible revenu, dont 25% ont accès aux institutions financières.

Madame Habiba Ben Barka en charge des affaires économiques à la commission économique des nations unies pour l’Afrique a pour sa part, au chapitre des contraintes, évoqué entre autres les instabilités politiques qui fragilisent surtout les femmes, l’enseignement classique ou professionnel, les freins économiques indiqués supra et les pesanteurs socio culturelles qui inhibent les femmes. Celles qui tentent de s’émanciper étant l’objet de tous les noms d’oiseaux.

Directrice adjointe de SENAR Délices Lysa, une entreprise familiale qui commercialise des arachides et des noix de cajou, Sylvie Sagbo Gommard évoque les difficultés qu’elle rencontre pour obtenir des financements. « J’ai essayé deux années de suite d’avoir un crédit de campagne pour acheter des noix de cajou ».

Au Maroc, malgré quelques avancées avec l’adoption en 2004 d’un code de la famille consacrant une certaine égalité des genres, le taux de l’entrepreneuriat des femmes reste assez faible, puisqu’il n’atteint pas encore 20 %, selon Saloua Karkri-Belkeziz, présidente d’honneur et fondatrice de l’Association des femmes chefs d’entreprise du royaume chérifien.

Une certitude cependant : l’Afrique francophone regorge de femmes entrepreneurs portant des projets ambitieux et dont le potentiel pourrait être libéré grâce à des actions relativement simples, avec à la clé, la possibilité de transformer le continent tout entier.

Des pistes efficaces existent

Je demeure persuadée que grâce à une politique de digitalisation des corridors commerciaux et économiques ainsi que le réseautage qui favorisent tous deux l’accès au marché, il est possible de parvenir à la création d’incubateurs et de start-ups porteurs par des femmes, et ceci, sur des niches en pleine expansion. Avec l’économie numérique on peut gagner substantiellement en performances et par ricochet en croissance.

Madame Oulimath Fall Sarr, conseillère de la Directrice Executive du Centre du Commerce international, du haut de certaines initiatives singulières soutenues par son institution, a bien insisté sur la nécessité des appuis à la compétitivité des PME dirigées par des femmes.

Monsieur Nicolas Hazard, Président du Comptoir de l’Innovation, de Calso et de INCO, premier consortium mondial d’une nouvelle économie inclusive et durable, lui-même leader dans l’entrepreneuriat social en France, a fait remarquer quant à lui que le grand défi est comment mettre l’économie au service de l’Homme. Pour lui il s’agit d’accompagner des start-ups dans le cadre du développement durable en mettant l’humanité au cœur de l’innovation. Et selon lui, visiblement ce sont les femmes qui réussissent le mieux sur ce chantier. Il a pu démontrer ses propos par des exemples concrets de concours internationaux sur cette question remportés bien souvent par la gente féminine.

Au total, la suppression des obstacles tels que les lois discriminatoires en matière de propriété et d’héritage, les lois coutumières, la levée des barrières d’accès aux institutions financières formelles, et la prise en compte dans les politiques publiques des contraintes de disponibilité dues aux responsabilités familiales et domestiques, pourraient offrir davantage de possibilités de croissance qualitative aux entreprises durables dirigées par des femmes. Cela contribuerait ainsi à l’autonomisation, l’épanouissement des femmes et l’égalité des sexes ainsi qu’à la création d’emplois et l’accélération de la transformation structurelle de nos pays.

Le Projet “Ladies First” (Les femmes d’abord), exposé par Patience Barandengue, qui entre autre met un accent important sur les compétences managériales des femmes, et que je vous invite à découvrir sur le site web de la Rawbank, est d’une originalité qui m’a convaincue à le retenir pour une étude de cas au sein de votre Think & Do thank Team RM, tellement ce projet pourrait inspirer tant de jeunes femmes.

À bientôt donc sur les canaux de la Team RM, votre laboratoire des idées et actions innovantes.

Et mesdames, n’oubliez jamais de foncer, de vous imposer, de rester enthousiastes, toujours fidèles à votre trajectoire quoique l’on dise de vous! Plus l’on parlera de vous -que cela soit en bien ou en mal- plus vous devrez avoir la certitude que vous valez beaucoup. Un adage africain ne dit-il pas que l’on ne jette la pierre qu’à l’arbre qui porte des fruits?

2 commentaires
  1. Anonyme dit

    N’importe quoi!!!!!!!!!!!!!!!!

  2. Anonyme dit

    Blabla blabla!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.