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Limitation des naissances : quand l’Afrique fait peur à l’occident

« Quand des pays ont encore aujourd’hui sept à huit  enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ». Telle est la réponse du Président Français, Emmanuel Macron à la question d’un Plan Marshall pour  l’Afrique lors du dernier Sommet du G20, qui s’est tenu en juillet à Hambourg en Allemagne. À l’époque, les propos du nouveau locataire de l’Élysée, ont tôt fait de  sonner comme une nouvelle croisade de l’occident envers le continent noir si l’on fait référence au passé colonial liant la France à l’Afrique.

Suscitant ainsi la colère et l’indignation  de nombres d’africains à travers le monde, cette déclaration de Macron  sur les causes du sous-développement africain tire tout de même la sonnette d’alarme sur les plausibles conséquences que peuvent entraîner la poussée démographique  de l’Afrique sur la vie économique des pays occidentaux dans le futur. De cette nouvelle poussée  démographique  africaine, on est tenté de dire que la démographie galopante  constituera prochainement l’un des défis majeurs à relever  par les occidentaux afin d’asseoir de plus bel leur hégémonie sur le continent noir.

Des indices démographiques africains inquiétants pour l’Occident.

Tous les voyants démographiques sur l’Afrique sont aux rouges. La plupart des indicateurs sur la poussée démographique africaine, décrivent la situation alarmante. En effet, selon un rapport de l’Unicef publié en 2014, 40 % des enfants de moins de cinq ans dans le monde vivent sur le continent africain.

A l’horizon 2050, un quart de la population mondiale sera africaine.

Ce chiffre étonnant s’appuie sur une projection calculée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Toujours selon ce même rapport intitulé : “Génération 2030 / Afrique”, la population du continent, qui compte actuellement 1,2 milliard d’habitants, devrait doubler d’ici le milieu du siècle et atteindre 4,2 milliards d’ici 2100. La part des africains dans la population mondiale sera alors de 40%.

Le cas du Sahel est particulièrement parlant. Voilà en effet une région incapable de nourrir ses habitants et où la population double quasiment tous les 20 ans en raison d’un accroissement de 3,9% par an et une moyenne de 7,6 enfants par femme. En 2040, cette région fragile, en voie de désertification et aux ressources plus que limitées, devra ainsi faire vivre plus de 150 millions d’habitants.

En 2016, le taux de fécondité en Afrique est estimé à 4,7 enfants par femme, contre une moyenne mondiale de 2,5.

Notons que le record mondial de la fécondité appartient au Niger avec 7,6 enfants par femme en 2012. Aussi la population de l’Afrique est très jeune : 41 % a moins de 15 ans. Plus critique encore, l’Ouganda et le Niger sont les pays les plus jeunes au monde : 49 % des habitants ont moins de 15 ans. Contrairement, une récente étude  scientifique publiée  dans la revue Human Reproduction Update, révèle que non seulement la qualité du sperme décline mais aussi sa quantité s’est réduite dans les pays occidentaux. La situation inquiète surtout l’Occident qui voit la population africaine augmentée.

Au-delà de la poussée démographique : la question migratoire

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en Août 2011, la Jamahiriya Arabe (Libye) est en proie à la violence et à la décomposition. D’une part, ce pays qui servait de grenier pour contenir les flots de millions de migrants africains vers le Vieux continent (Europe)  en  n’est devenu un point de passage principal.

Aussi faut-il remarquer que l’apparition des réseaux terroristes en Afrique de l’Ouest (comme Boko Haram, Aqmi au Sahel, Ansar Dine au Mali) et dans la corne de l’Afrique (Le cas Shebab  au Somalie)  explique la montée de la migration africaine vers l’Europe. Les problèmes  liés au chômage dû aux manques d’emplois et à l’augmentation sans cesse croissante  de la population, ont poussé la plupart des jeunes africains à tenter l’aventure occidentale. Ainsi, la question de la migration se pose avec acuité et véhémence pour l’Europe qui s’y voit contraindre.

Malgré les  vagues déferlantes de la Méditerranée, des milliers  d’africains à la recherche du mieux-être, arrivent chaque jour en Europe. Créant ainsi des problèmes aux pays de l’Union Européenne, ceux-ci s’interrogent à leur tour sur comment il faudrait réduire considérablement cette poussée démographique africaine. C’est dire que la Catastrophe prophétique  annoncée par Kadhafi dans une de ses missives à l’Occident en Mars 2011, est en train de se réaliser sur l’Europe.

En France, les interrogations sur la démographie africaine riment étroitement avec la question des migrations ; elles suscitent mélancolie et compassion devant les drames qui se jouent en Méditerranée tout en alimentant des peurs. La présence au sud de l’Europe de deux milliards d’africains dans une génération, inquiète particulièrement  les occidentaux.

Que font les occidentaux en la matière ?

La survie économique de l’Occident dépend largement de la démographie africaine. Les Européens craignent surtout le manque de ressources  en qualité et en quantité suffisante que générerait un envahissement des migrants africains. L’Union Européenne se sent dépasser par les événements. Ne pouvant pas accueillir tous les migrants africains, elle est obligée de recourir aux États africains.

Les occidentaux sont désormais aptes à financer toutes les politiques africaines en matière de limitation des naissances. 

Sur le continent,  plusieurs ONG financées par ces derniers travaillent déjà dans le domaine de la planification familiale. Elles expliquent aux femmes africaines la nécessité d’espacer les naissances et de faire moins d’enfants.  Même les Parlements africains sont sollicités pour les besoins de la cause. La dernière résolution du Parlement  de La Cédéao suite aux déclarations  du Président Français, Emmanuel Macron en est un exemple palpable.

Les parlementaires de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays), de la Mauritanie et du Tchad ont affirmé vouloir limiter à trois, le nombre d’enfants par femme afin de faire baisser de moitié, d’ici 2030, le taux de fécondité le plus élevé au monde que détenait l’Afrique Subsaharienne. L’enjeu est crucial et les pays occidentaux s’y attellent déjà  pour limiter la poussée démographique africaine.

De quoi parlent-ils ?

En vérité en vérité, ces parlementaires de la Cédéao, de la Mauritanie et du Tchad, qui comme des enfants de chœurs reprenant le cantique du maître colon  se sont précipités pour  prendre une résolution, ignorant tout de même l’importance de la poussée démographique dans le développement d’une Nation. 

Il est à remarquer que les douze (12) pays les plus riches du monde avec leurs populations (USA, Chine, Japon, Allemagne, Angleterre, France, Inde, Brésil, Italie, Canada, Corée du Sud, Russie) représentent à eux seuls 3,9 milliards d’habitants sur les 7.55 milliards de la population mondiale (soit 60% environ). Ce qui représente le triple de celle de l’Afrique. De quoi parlent-ils ?

Le problème de notre continent n’est pas démographique mais Néo-colonial.

La poussée démographique est un important facteur de développement et le continent africain à toutes les chances de devenir l’une des premières puissances mondiales dans quelques années.

Chèr(e)s parlementaires de la Cédéao, du Tchad et de la Mauritanie à chacun de tirer sa propre conclusion pour en déduire les enjeux des débats que suscitent les questions des facteurs démographiques en Afrique.

Ozias Houngue

3 commentaires
  1. Démographie Responsable dit

    Les propos du Président français n’ont choqué que ceux qui voulaient bien l’être, car la majorité des observateurs avertis s’accordent sur le fait que la poussée démographique africaine est totalement excessive. Qu’on en juge, “parti” de 250 millions d’habitants en 1950 au moment des indépendances, l’Afrique comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050, soit une multiplication par 10 en un siècle. Par comparaison, la population vivant sur le seul territoire français a aussi été multipliée par 10… mais en 2000 ans ! Certes les flux migratoires inquiètent les européens, mais le danger majeur réside en Afrique même. En effet, le continent risque de s’embraser du fait des pénuries alimentaires, du chômage de masse, de l’instabilité politique et de la tentation djihadiste.

  2. KmrcBrient dit

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  3. GdbdrAnInna dit

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