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Bénin – Ravip : au delà des émotions, le débat de fonds !

L’article 13 de la loi sur le RAVIP dispose que le registre national sert de base à la production des documents d’identification (carte nationale d’identité, documents de voyage, permis de conduire, etc.) ; la production des données nominatives, personnelles et biométriques à mettre à la disposition de l’organe désigné par la loi pour l’établissement de la liste électorale permanente informatisée.

Ce texte assigne au RAVIP deux fonctions : une fonction état civil et une fonction électorale.

Sur la première fonction, la loi sur RAVIP, à la limite, banalise l’acte de naissance dans l’identification des citoyens. Autrement dit, il sera bientôt possible de détenir au Bénin une carte d’identité nationale, un permis de conduire ou un passeport sans avoir un acte de naissance. Pour les laudateurs du RAVIP, cette réforme est un progrès. Mais, j’ai peur que ladite réforme n’aggrave le sort de l’état civil déjà moribond. Ce qui serait judicieux et rationnel, c’est de doter les citoyens d’acte de naissance et d’informatiser ensuite l’état civil avant l’introduction de la biométrie.

Par ailleurs, cette loi élimine le juge du contrôle de l’état civil et réduit celui des officiers d’état civil, c’est-à-dire les maires et les chefs d’arrondissement. On peut en dire autant de la police en qui concerne la confection de la carte d’identité et du passeport. C’est une révolution dont les conséquences peuvent se révéler drastique au plan sécuritaire et sur l’état civil.

La deuxième fonction du RAVIP est purement électorale. Le RAVIP servira de base à la confection de la LEPI.

En d’autres termes, l’actualisation de la liste électorale par le COS-LEPI n’est plus nécessaire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les députés depuis le 1er juillet 2017 n’ont pas désigné leurs représentants au sein du COS-LEPI. Pire, la Cour Constitutionnelle saisie de cette question est restée muette.

On peut deviner aisément que lors du vote du code électoral, le COS-LEPI sera supprimé et la CENA, au cas où elle aura été maintenue, s’occupera apparemment de la confection et de l’actualisation de la liste électorale. En clair, la CENA aura une liste confectionnée par le gouvernement et les députés de la mouvance sur laquelle elle ne pourra exercer en réalité aucun contrôle.

Le but de cette manœuvre est d’éliminer la minorité parlementaire de la confection et de l’actualisation de la liste électorale et en faire une affaire du gouvernement et de la majorité parlementaire. Mais cette majorité parlementaire ne doit pas se réjouir très tôt. Elle aura un contrôle très limité sur cette opération.

Cette majorité servira simplement de couverture au gouvernement pour récupérer la confection et l’actualisation de la liste électorale. Et lorsqu’on sait que les opérations seront exécutées par SAFRAN, une société ayant une réputation très sulfureuse en matière de gestion de la liste électorale, le risque est grand que les prochaines élections soient émaillées de fraudes électroniques et par conséquent contestées.

Or tout le monde sait que les violences nées des élections sont difficiles à gérer et constituent un danger pour la paix et la démocratie. Malheureusement, c’est ce que nous prépare le RAVIP avec un recensement électoral sans consensus.

Abdoulaye Imorou, expert en biométrie.

1 commentaire
  1. SALOU dit

    Très Bien , je suis très fière de notre RAVIP, en tant qu’un citoyen Béninoise et de la ville du Porto-Novo jeune informaticien je demande s’il y a toujours des profit au jeune pour qu’il travail je suis parfaitement disponible pour cela merci.

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