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4 défis cruciaux à relever pour l’Entrepreneuriat féminin selon Mabel Adékambi

La plupart des travaux conduits en faveur de l’identification des issues capitales pour sortir les pays africains de la pauvreté, indiquent qu’en dehors de l’industrialisation, l’entrepreneuriat représente une voie cruciale. Ce qui a été d’ailleurs confirmé lors du 17è Forum économique international organisé les 4 et 5 octobre 2017 par l’Union Africaine et l’Ocde, en collaboration avec l’Afd.

Mabel Adékambi,
‘’Une femme entrepreneuse crée de la richesse aussi bien dans son cocon familial, au niveau national que par ricochet à l’échelle continentale’’.

Toutefois, il y a depuis quelques années, un autre type d’entreprenariat qui s’éclôt. Il s’agit en l’occurrence de l’entreprenariat féminin. Mais comment ce dernier peut-il contribuer à la croissance économique et au développement du continent africain ? Mabel Adékambi, jeune entrepreneuse béninoise, créatrice de la liqueur ‘’King of Soto’’ qui est du sodabi aromatisé avec des fruits locaux, nous en donne des éclaircissements.

Définissant l’entreprenariat comme étant le fait de monter une entreprise et de créer ainsi de la valeur telle que de la richesse et des emplois, elle explique que de façon particulière, l’entreprenariat féminin a des valeurs intrinsèques qui le caractérisent. Affirmant que les hommes à eux seuls ne peuvent pas tout faire au sein du ménage, Mabel Adékambi a indiqué qu’en se lançant dans l’entreprenariat, la femme apporte non seulement sa pierre à l’édifice de son foyer de manière complémentaire avec son conjoint, mais elle contribue aussi et surtout à la création de richesses dans son pays via sa chaîne de production et/ou de commercialisation. Dans la mesure où, le fait-elle noter, le développement rime avec un fort taux d’alphabétisation et un faible taux de chômage.

Dans un contexte où le monde entier a récemment célébré, soit le 17 octobre dernier, la 25è édition de la Journée internationale de la pauvreté, la jeune entrepreneure a confié qu’en tant que victimes principales de la pauvreté, subissant de plein fouet les inégalités diverses, les femmes africaines sont les plus à même de participer au développement de leur société au travers de l’entreprenariat. Car, a-t-elle renchéri, « pour avoir de la voix, elles doivent être autonomes ; et être autonome implique d’avoir les moyens. Des moyens qui permettent d’obtenir le respect de ses pairs». En ce sens, aux dires de Mabel Adékambi, comparativement aux hommes, les femmes font très attention aux détails. Des détails qui échappent souvent aux hommes entrepreneurs mais qui, pris en compte par les femmes entrepreneures, rendent l’entreprenariat féminin plus affiné et plus percutant. « Les femmes ont un sens du détail inné », a-t-elle insisté.

Le développement du continent via l’atteinte de 4 défis cruciaux

Attirant l’attention sur le fait que la femme a toute sa place dans l’entreprenariat, Mabel Adékambi a affirmé que pour que l’entreprenariat serve efficacement à la croissance économique et au développement des pays africains, les femmes et les hommes qui interviennent dans ce secteur doivent agir en synergie d’actions, de manière complémentaire. « La femme en travaillant avec l’homme, va essayer de l’élever, de l’améliorer et de le former », a-t-elle déclaré avant d’ajouter que l’entreprenariat est le moyen identifié par la femme pour participer pleinement au mieux-être de sa communauté et au développement de son pays.

Rappelant que pour créer une entreprise, il faut 4 facteurs : un produit, des ressources humaines, matérielles et financières, la créatrice de ‘’King of Soto’’ a signalé que généralement les hommes entrepreneurs visent prioritairement le gain et le profit. Pour ce faire, ils ont tendance à vouloir remplacer l’humain par des machines, à prendre souvent de gros risques économiques et à ne pas toujours avoir le réflexe de prendre soin du matériel.

La femme fructifie ce à quoi elle touche, à plus forte raison la femme entrepreneure.Mabel Adékambi

Or, poursuit-elle, les femmes entrepreneures, sont plus prudentes et prennent moins de risques en affaires. Elles s’occupent mieux du matériel et font davantage attention aux ressources humaines avec lesquelles elles travaillent dans une démarche de collaboration productive. Pour illustrer davantage l’impact positif de l’entreprenariat féminin sur le développement, l’interviewée a fait référence à l’affirmation de la Banque mondiale selon laquelle lorsqu’on remet des intrants aux femmes cultivatrices, elles multiplient par 10 à 30% la production agricole. En d’autres termes, la femme fructifie ce à quoi elle touche, à plus forte raison la femme entrepreneure.

A cet égard, Mabel Adékambi a souligné que si l’homme avec ses atouts et la femme avec son sens inné du détail et de l’humain, se mettent ensemble pour créer une entreprise, ce serait l’entreprise la plus compétitive qui soit, puisque la femme entrepreneure va œuvrer pour rendre performant l’homme son collaborateur et au-delà, l’entreprise crée en duo. Cela l’a amené à préciser qu’en dehors des paramètres sus-cités, 4 défis majeurs doivent être relevés pour que les femmes entrepreneures africaines et en particulier celles béninoises favorisent réellement la croissance économique et le développement de leur pays, et par ricochet de leur continent.

Le 1er défi à relever pour une meilleure contribution de l’entreprenariat féminin au développement national et continental est, selon Mabel Adékambi, le financement.

Grâce au financement subséquent et régulier, la femme entrepreneure pourra non seulement créer de la richesse par les emplois qu’elle crée via son activité, mais elle pourra aussi valablement payer ses impôts et enrichir ainsi l’État dans lequel elle vit et travaille. Le 2è défi consiste à parvenir à concilier efficacement vie familiale et vie professionnelle d’où la nécessité qu’elle soit soutenue par sa famille et son époux qui devront bénéficier de sensibilisation en la matière.

Une nécessité d’investir dans l’éducation et la formation

La formation est le 3è défi devant être relevé dans cette équation entreprenariat féminin-développement, car bien formées, les femmes entrepreneuses pourront davantage créer et mieux innover en faveur de la création de richesses nationale et continentale. Quant à l’ultime défi, il est relatif au cas des femmes de demain qui sont les filles d’aujourd’hui. Pour Mabel Adékambi, celles-ci ont besoin d’être scolarisées jusqu’au bout du cursus académique normal pour pouvoir bien assurer la relève en étant de meilleures entrepreneuses et surtout en ne commettant pas les mêmes erreurs que leurs aînées qui, peu formées, n’ont pas toujours eu les bons réflexes économiques.

Saluant toutefois les efforts des gouvernements qui œuvrent tant bien que mal pour la disponibilité des micro-crédits et la scolarisation des filles, Mabel Adékambi a laissé entendre que les actions gouvernementales en Afrique doivent s’intensifier dans le cadre de ces défis majeurs, notamment en termes de suivi des micro-crédits accordés et de formation des femmes entrepreneures. A l’endroit de ces dernières, elle souhaite beaucoup de courage et surtout la création de réseaux dynamiques pour une meilleure portée de leurs actions. Ceci interpelle notamment le Réseau des femmes entrepreneures en Afrique déjà créé, à redynamiser ses actions pour être plus visible et percutante sur l’échiquier économique continental voire mondial.

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