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Haïti : la nature se déchaîne une fois de plus contre l’île avec l’arrivée imminente de l’ouragan Irma

Le cyclone tropical Irma, aussi puissant qu’Harvey, qui a récemment frappé le Texas et la Louisiane, s’apprête à frapper  les Antilles et les Caraïbes avec des vents de plus de 300 km/h. Jamais un tel ouragan n’avait traversé les  Antilles.

« La situation est inquiétante parce qu’on a des phénomènes aujourd’hui qu’on connaît peu, dans leur intensité, dans cette partie des Caraïbes », a déclaré à la presse Annick Girardin,  ministre française des outre-mer. Irma devrait atteindre mercredi après-midi Porto Rico pour se diriger ensuite vers la Floride, placée en état d’urgence, en passant par Haïti et Cuba.

Selon le centre américain des ouragans, le NHC, l’ouragan Irma qui est actuellement dans la catégorie 5 (la plus élevée) est « extrêmement dangereux ». Météo France précise qu’il se renforce encore avec des rafales de vent atteignant les 360 km/h à l’approche du nord des petites Antilles.

Il faut remonter à 1988 avec Gilbert pour avoir des valeurs de vents comparables. L’ouragan, qui se déplace à 22 km/h, est désormais plus puissant que Luis (1995, Saint-Martin) ou Hugo (1989, Guadeloupe, 15 morts). Il est aussi plus puissant qu’Harvey, qui a récemment frappé le Texas et la Louisiane, faisant au moins 42 morts et plus de 100 milliards de dollars de dégâts.

Selon la ministre française des outre-mer, Annick Girardin, des moyens en hommes et en matériel avaient été rapatriés, notamment un navire contenant de l’eau qui pourrait être envoyé rapidement aux deux îles françaises à savoir Saint-Martin et Saint-Barthélemy  où  « 11 000 personnes » vivent dans des zones à risque et devront  se mettre à l’abri.

Qu’en ai-t-il de l’Haïti ?

Sur l’île d’Haïti, quelques heures avant le passage d’Irma, l’impréparation des autorités est criante. Les campagnes de sensibilisation des habitants n’ont pas encore été lancées car les équipes de la protection civile sont encore occupées à recenser les équipements et personnels disponibles.

Le mandat de la mission onusienne prenant fin mi-octobre, les casques bleus ont mis un terme à leurs opérations, quittant le pays de la Caraïbe en emportant les équipements lourds qui ont, à maintes reprises, servi lors des inondations saisonnières dans la région du Cap-Haïtien.

Pour Jean-Henri Petit, le coordonnateur technique de la protection civile « Nous n’avons plus le support de la Minustah [mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti] et aussi, il n’y a pas beaucoup d’ONG qui interviennent dans le cadre de la gestion des risques, ça rend la situation difficile ».

Mais parmi les habitants, beaucoup ignorent l’arrivée d’Irma et disent se sentir complètement abandonnés par les autorités. Une femme est terrifiée par l’évocation du passage de l’ouragan de catégorie 5. « J’ai peur, mais pas seulement pour ma vie et celle de mes enfants, mais pour tout le monde, on est tous Haïtiens, on est comme une famille », confie-t-elle, tout en serrant fort contre elle sa fille de 3 ans.

Un autre habitant témoigne : « Maintenant que je sais qu’un cyclone approche, je vais rassembler mes papiers importants dans un sac plastique et les attacher en hauteur sur la charpente car je n’ai que cette maison et nulle part où aller », raconte l’un d’entre eux, en montrant du doigt une maigre poutre qui soutient la pièce unique faite de tôles et de bois où il vit avec sa femme et ses deux enfants. « Si vous dites qu’un gros cyclone va nous arriver ici, alors c’est la fin du monde pour nous », se désole l’homme, le regard soudain perdu au sol.

Haïti attend ainsi l’arrivée de l’ouragan Irma dans l’angoisse et sans moyen pour protéger sa population.

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