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Débat sur la création d’une monnaie africaine : Moïse Kérékou propose et met en garde

Depuis maintenant quelques mois en Afrique, le débat au tour du francs cfa s’intensifie aussi bien dans les milieux politiques, économiques, universitaires et bien entendue sur les réseaux sociaux. Un débat qui ne laisse pas indifférent le spécialiste de sciences politiques et professeur de Politique Etrangères, Moïse Kérékou. Dans une tribune publiée dans le quotidien béninois « La Nouvelle Tribune » ce 06 septembre 2017, Moïse Kérékou vient enrichi les pistes de réflexion sur ce sujet qui devient de plus en plus passionnant.

Pour Moïse Kérékou, il est plus facile seul de créer une monnaie mais pas aisé de créer une monnaie communautaire à cause de la disparité des économies.

C’est pourquoi, il estime que le débat sur la création de monnaie en Afrique doit être précéder du débat sur l’intégration économique et la consolidation des espaces communautaires africains. « L’intégration économique est une science qu’il faut connaître, mieux, maîtriser. Elle va au-delà de la simple coopération ou de la diplomatie entre États. C’est avec beaucoup d’amertume que je suis le débat sur la création de la monnaie commune, ainsi que l’adhésion du Royaume du Maroc à la Cedeao. Et avec tout le respect que je dois aux fonctionnaires de notre espace communautaire, techniquement et stratégiquement, ils ont tout faux », a fait savoir Moïse Kérékou.

Selon lui, il est temps que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) se dote de sa propre monnaie, indépendante. Mais au prix d’une intégration économique réussit avec l’assurance que les préalables d’une telle intégration (zone de libre-échange préférentielle, une Zone de Libre-échange, une Union douanière, un Marché commun et une union économique et monétaire) soient atteints et bien assimilés de manière ascendante.

« Je ne suis pas contre la création d’une nouvelle monnaie, au contraire j’ai affirmé qu’il était temps que nous disposions de notre propre monnaie, indépendante. Et je soutiens la position des Chefs d’Etat dont le précurseur est le Président Tchadien Idriss Deby Itno. Son courage est extraordinaire. J’admire et je respecte aussi le noble combat panafricain des activistes, dont le porte flambeau est le béninois Kemi Seba », a-t-il précisé.

Dans sa tribune Moïse Kérékou a semblé mettre en garde les dirigeants africains sur les exigences qu’impose la création d’une nouvelle monnaie. Selon lui, la création d’une monnaie impose indiscutablement l’engagement d’une gestion scientifique, saine et rigoureuse.

« La parité du franc cfa est fixe et donc stable. Cette stabilité est assurée par le Trésor français et l’Euro. Avec une nouvelle monnaie, nous faisons le choix automatique d’aller vers une parité qui va fluctuer par rapport aux autres monnaies. C’est une lourde Responsabilité qui nous engage vis-à-vis de nos peuples », a-t-il fait savoir.

Les exemples des risques encourus sont légions, poursuit-il, risques provenant rarement du comportement des marchés financiers, mais de la gestion hasardeuse, puérile et approximative de la monnaie.

« Un hyper fonctionnement de la planche à billet, ne devrait pas être par exemple admis. Alors qu’on nous parle de l’appétit de certains Pays à importer plus qu’ils n’en ont besoin, qu’il est reconnu que nous n’exportons pas beaucoup, et qu’au sein même de notre espace nous avons des pays favorables au maintien du cfa, la prudence, la méthode et la circonspection, doivent être de règles… Cette prudence ne doit enlever en rien notre détermination d’avoir notre propre monnaie », a-t-il préconisé.

Qui est Moïse Kérékou ?

Moïse Tchando KEREKOU est né le 12 août 1979 à Cotonou. Il fit ses études primaires à Cotonou où il décrocha son baccalauréat à l’âge de 16 ans. Parti de l’Institut National d’Economie de Cotonou, il obtint une bourse d’étude en 1997 pour le Maroc où en 04 ans, il a son parchemin de Maitrise en marketing.

Au bercail en 2001, Moïse KEREKOU a crée, la Société Africaine de Pétrole, d’Investissement et de Négoce (SAPIN Sarl). Lors d’un voyage d’affaires en Libye, il fit la rencontre du Guide de la Révolution Libyenne, le Colonel Mouamar Khadafi. Les idées panafricanistes de ce dernier ont séduit le jeune leader qui en 2002 semble lui avoir dédié l’O.N.G Mouvement International de la Jeunesse Africaine (MIJA) dont la vision repose sur l’épanouissement de la Jeunesse Africaine et la promotion des idées de l’Union Africaine.

Dans les années 2002, Moïse KEREKOU fera la rencontre de plusieurs Chefs d’Etats Africains – Mandela, Musévéni, Déby, Konaré, Tandja, Bongo, Wade, Compaoré…, et de nombreux hommes d’affaires et leaders d’opinions africains qu’il rencontrait lors des sommets de l’Union Africaine. L’une des rencontres qui l’ont profondément marqué est celle avec Nelson Mandela qui l’embrassa chaleureusement au stade de Durban lors du Sommet extraordinaire de création de l’Union Africaine en Mars 2002.

En 2004,  décidé à poursuivre ses études, il choisit la prestigieuse Université Américaine de Beyrouth (A.U.B) pour « être plus proche de ses amis arabes », dit-on. Il n’a pas pour autant abandonné le monde des affaires. Il organisait des visites d’hommes d’affaires arabes dans les pays africains. Il devient l’Administrateur pour l’Afrique de l’Ouest du géant groupe Koweitien Humoud Al-roudhan. Entre temps Moïse KEREKOU développe des relations particulières avec les pays du Golfe : Emirats Arabes Unis, Iran, Jordanie, Syrie… Mais son cœur battait toujours pour l’Afrique et son amour pour sa patrie le Bénin resta inaltéré.

En 2007, il obtenu son diplôme de 3ème cycle en Sciences Politiques après avoir soutenu une thèse de Master publiée plus tard en Mai 2009 aux Editions Verlag Dr. Muller : « The Process of Integration in Africa – African Union weak Institutions ». Ce premier ouvrage de Moïse KEREKOU fut publié en Anglais et est disponible sur amazon.com et dans les grandes librairies américaines et britanniques; la traduction française est publiée aux Editions Harmattan.

Apres dix années passées hors de son pays, Moïse KEREKOU décida de rentrer en Juin 2007 pour se consacrer aussi à sa famille. Il est en effet marié et père de 2 enfants : Christopher et Johanna. De 2007 à 2009, il met à la disposition du Bénin ses nombreux contacts en introduisant plusieurs groupes internationaux désirant y investir. On peut noter pêle-mêle le Groupe Oriental Energy du Nigéria, AthollEnergy du Ghana, Siemens Turbines and industrialgas de la Grande-Bretagne, Scott et Wallace, Africim, Kingdom Group Ghana Limited, AcornPetroleum, Merrilynch…

En 2012, Moïse Kérékou, alors enseignant de relation internationale : cas des Etats unis à l’Université Américaine Houdégbé, a été promu au rang d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Bénin près la Turquie, en conseil des ministres du 19 décembre 2012.

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