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Crise au Togo: un chemin non tracé vers un brouillard d’incertitudes

Personne n’a vu venir! Ce qui se passe au Togo semble ne pas avoir été prévu des uns ni des autres dans les deux camps. Parti d’un simple appel à manifestation, les événements ont pris une tournure inattendue et très profitable pour les partis d’oppositions qui, semble-t-il, cherchaient une brèche.

Le peuple togolais ou doit-on dire une partie du peuple, grande partie dans ce cas, s’est levé comme un seul homme pour réclamer directement le départ de Faure Gnassingbé le président de la république.

Il n’y a pas eu de contournement, les manifestants ont réclamé le départ de leur président.

Profitant de cette détermination du peuple, ce à quoi ils ne s’attendaient pas eux même, les partis d’opposition et ceux qui simulaient aussi une timide opposition, se sont mis ensemble pour récupérer le combat du peuple.

Opportunisme certes, mais cela n’a pas laissé l’exécutif sans réaction ; un projet de lois portant révision de la constitution a été mis sur la table des députés à l’assemblée nationale. Une modification de la constitution du pays qui limitera le nombre de mandat présidentiel à deux de 5 ans.

Un couteau à double tranchants

Un texte de loi qui n’a pas fait l’unanimité auprès de la classe politique et au sein de l’hémicycle. Il s’agit dans le texte de limiter le nombre de mandat présidentiel en occurrence ; ce qui s’avère tout à fait normal en démocratie et qui devrait en réjouir plus d’un. Ce qui n’est pas normal, selon les opposants, c’est le caractère non retro actif de ce changement.

Pour les opposants, le président ne devrait plus avoir le droit de se représenter étant donné qu’il a déjà passé plus d’une dizaine d’années au pouvoir. Jean-Pierre Fabre, le chef de fil de l’opposition, estime que «ce projet n’est qu’une provocation qui ne fera qu’amplifier la mobilisation pour le départ de Faure Gnassingbé ». Pour lui, il ne s’agit pas seulement de réformer, ce qui d’ailleurs « est trop tard », mais il est question d’une alternance immédiate au pouvoir.

« Ceux qui réclament le retour à la Constitution de 1992 et ceux qui exigent le départ de Faure Gnassingbé expriment la même revendication », a martelé Jean-Pierre Fabre.

La communauté internationale semble elle, prendre parti pour le gouvernement et essaie tant bien que mal de jouer au sapeur pompier dans le règlement de la crise. La Cédéao tente par tous les moyens de trouver un terrain d’entente avec les partis, sauf que l’opposition ne veut faire aucun compromis qui ne contienne une close qui stipulerait le départ du président Faure.

Certains pencheraient même pour une mission de bons offices de l’instance régionale dans le pays avec un médiateur délégué.

Parlant de médiateur délégué, le nom de l’ancien président de Burkina Faso, Blaise Compaoré est souvent revenu dans les médias comme celui à qui penserait la Cédéao. Paradoxe non ! Un chassé du pouvoir pour avoir voulu s’y éternisé, viendrait jouer aux modérateur dans une crise où le même spectacle se dessine à l’horizon.

Une suite très incertaine

La crise est là et bien installée ; les politiques et les différentes sociétés civiles africaines, y vont chacun de leurs observations en commentant cette actualité togolaise. Pour certains, il n’y a pas eu consensus au préalable avant l’élaboration et la mise à disposition des députés, de l’avant projet de loi portant révision de la constitution ; par conséquent, le règlement de cette crise est dans le camp de l’exécutif.

Pour d’autres, les opposants doivent mettre de l’eau dans leur vin et accepter le texte tel qu’elle leur est présenté, pour aller de l’avant. On pourrait aller jusqu’à penser que c’est ce que pense tout bas la communauté internationale, surtout la Cédéao.

Dans tous les cas de figure, la réalité est là : il y a crise et personne ne semble disposer à lâcher l’affaire. L’opposition parce qu’elle se croit en position de force et donc ne veut pas perdre du terrain mais, au contraire, pense qu’elle peut, en continuant, pousser le président vers la sortir.

D’un autre côté, les partisans de Faure Gnassingbé continuent de réitérer leur soutien indéfectible à l’exécutif.

Le dénouement de cette crise est loin d’être connu et toute médiation semble être la bienvenue au Togo, le pays de Faure, l’homme fort.

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