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Bénin : l’Unseb dresse un tableau « sombre » des réalités imposées aux étudiants de l’UAC

Dans un entretien accordé à la rédaction de « Bénin Web Tv », Rodolpho Dah-Kindji, Président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb), a dressé un tableau sombre des réalités imposées aux étudiants de l’Université d’Abomey Calavi (UAC). Selon lui, les difficultés auxquelles les étudiants de l’UAC sont actuellement confrontés sont de deux ordres : les difficultés académiques et les difficultés sociales.

Les difficultés d’ordre académique …

Sur le volet des difficultés d’ordre académique, Rodolpho Dah-Kindji a évoqué le phénomène de dépôt de dossiers des nouveaux bacheliers pour étude avant inscription qui s’opère dans les facultés de l’université parallèlement à la procédure issue des réformes initiée par le gouvernement Talon. « Avec la réforme intervenue dans l’organisation du dernier examen du baccalauréat, nous avons cru qu’il n’y aurait plus de dépôt de dossiers parallèle dans nos facultés… Mais nous avons constaté que des dépôts de dossiers ont repris de plus bel dans nos facultés et cette fois-ci de façon criards », a-t-il fait savoir.

A en croire Rodolpho Dah-Kindji, les frais d’étude de dossiers l’année dernière (rentrée universitaire 2016-2017), s’élevait à 1.000 francs cfa mais cette année, ce montant varie d’une faculté à une autre. A titre d’exemple, il cite la faculté de droit et des sciences politique par exemple où le montant est de 1.000 fcfa ; la faculté des sciences économique et de gestion où le montant est de 1.100 fcfa ; la faculté des sciences et techniques de l’UAC où le montant est fixé à 2.000 fcfa et à la faculté des sciences et techniques du centre universitaire de Dassa où ce montant est de 10.000 fcfa.

« Les critères sur lesquels l’on doit sélectionner les étudiants ne sont pas connus. A partir de ce moment, on conclut donc aisément que c’est une escroquerie académique qui s’organise parce que, ce qui se fait ne répond à aucune norme, ni éthique, ni académique et ceci se fait sous le regard coupable et complice du recteur Brice Sinsin qui se dit impuissant face à la situation », s’indigne le président de l’Unseb pour qui ces constats ne sont que le reflet de la démission de l’Etat central sur les questions universitaires comme celle des inscriptions dans les facultés de l’UAC.

La réforme des allocations universitaires enrhumée !

Sur le volet social des difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants de l’UAC, figure en bonne place l’éternelle difficulté des allocations universitaires. Une difficulté qui persiste malgré les réformes opérées par le régime Talon au début de la rentrée universitaire 2016-2017. « Le gouvernement au début de l’année académique a apporté une réforme où désormais les allocations universitaire seront versées. Mais dans la pratique, ce n’est pas le cas… », a déclaré Rodolpho Dah-Kindji.

Selon lui, il y a un véritable cafouillage dans le système de versement mensuel des allocations aux étudiants. « Il y a certains étudiants qui ont perçu la totalité de leur allocation mais le plus grand nombre n’a perçu que trois virement » a-t-il déploré. Toujours selon lui, l’Etat reste devoir encore à certains étudiants, plusieurs mois d’allocations aussi bien en 2017 mais aussi en 2015 et en 2016.

Difficile collaboration avec les autorités universitaires …

« Depuis le 05 octobre 2016 où la décision gouvernementale portant suspension des activités des organisations faîtières des étudiants est intervenue, … il n’y a plus eu de collaboration entre autorités universitaires à divers niveau et représentation d’étudiants que nous sommes … quand bien même la Cour est intervenue pour annuler la décision du gouvernement, … les autorités universitaires nous opposent la mesure portant suspension des organisations faîtières », a expliqué le Président de l’Unseb.

Pour Rodolpho Dah-Kindji, le gouvernement est revenu sur sa décision et a reconnu la liberté d’association et de manifestation sur le campus universitaire le 26 juillet 2017 au cours de sa session du conseil des ministres. Mais le hic selon le responsable étudiant, le communiqué du conseil des ministres a indiqué que les conditions de collaboration entre les organisations d’étudiants et les autorités universitaires seront fixées par un décret qui depuis près de deux mois n’existe pas encore. « Ce décret n’existe nulle part » a martelé Rodolpho Dah-Kindji.

Le gouvernement appelé à prendre ses responsabilités …

Pour conclure l’entretien, Rodolpho Dah-Kindji a appelé le gouvernement Talon à prendre ses responsabilités pour soulager les peines des milliers d’étudiants qui souffrent le martyr. « Je voudrais interpeller le gouvernement sur les questions universitaires, sur le quotidien des étudiants. … Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités. Il faut que l’Etat intervienne de façon active dans la gestion de nos universités… L’université n’est pas la propriété d’un recteur » a imploré le président de l’Unseb.

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