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Bénin – Financement de micro-entreprises : la thérapie du régime Talon pour redresser PADME

Le 30 août 2017, le gouvernement Talon a examiné et approuvé en conseil des ministres le rapport de vérification de la gestion administrative et financière de pour la Promotion et l’Appui au Développement des Micro-Entreprises (PADME). Selon ce rapport, la structure connaît depuis 2008 une instabilité au niveau de sa gouvernance, ce qui impacte négativement ses performances et l’écarte de sa mission principale, celle rendre l’accès facile et rapide aux services financiers pour les micro-entreprises et toutes les personnes à faible revenu afin de réduire significativement et durablement de la pauvreté et de renforcer la croissance économique.

Face à cette situation, le Ministre de l’Economie et des Finances par arrêté n°3885-c/MEF/ DC/SGM/ DGPED/DG-ANSSFD /DGA/DAR/111SGG16 du 28 novembre 2016, a mis l’Association sous administration provisoire. A cet effet, Dossou Thierry Agossa, Administrateur Provisoire nommé par arrêté n°519-c/ MEF/CAB/SGM/DGPED/ DGANSSFD/SP/054SGG-17 du 15 février 2017 avait pour mission de produire expressément un état des lieux de la structure pour compter de la date de prise de service ; un plan de redressement et de relance des activités de l’institution et un chronogramme actualisé de mise en œuvre de la transformation institutionnelle de la structure.

Une structure sous le poids de nombreuses irrégularités …

Selon le rapport de l’état des lieux de l’Association PADME au 20 février 2017, de nombreuses difficultés existent et persistent au niveau de la gouvernance, de la structure organisationnelle, de la gestion administrative, du système d’information, des ressources et des opérations. Ces dysfonctionnements affectent les indicateurs de performance dont les principaux à plusieurs niveaux.

En effet, au niveau des états financiers (bilan et compte de résultat) il est noté un faible niveau de croissance du portefeuille de crédit ; un faible niveau de recouvrement de crédit en souffrance et en pertes ; un faible niveau de développement de l’épargne ; une baisse du résultat découlant d’une tendance haussière des charges alors que les produits stagnent presque ; la forte proportion de certaines charges (charges financières, les frais administratifs, les dotations aux amortissements et provisions) dans le total des charges.

Au niveau des indicateurs de performance, il est observé que la maîtrise de la qualité du portefeuille de crédit n’est pas assurée ; l’institution peine à développer de nouveaux produits ; la faible croissance du portefeuille de crédit ; la productivité du personnel n’est pas optimale ; les indicateurs de rentabilité se sont fortement dégradés ; le rendement des actifs productifs est faible ; le ratio de liquidité bien que respectant la norme, a connu une baisse considérable ; le ratio de capitalisation affiche un bon niveau par rapport à la norme, mais est demeuré presque stable sur toute la période.

Au niveau des ratios prudentiels, tous les ratios prudentiels sont conformes aux normes établies par la BCEAO ce qui montrent la solidité financière de l’institution et sa capacité de résilience aux chocs, en témoigne le ratio de capitalisation qui se chiffre à 51,716% à fin décembre 2016 pour une norme d’au moins 15%. Mais en revanche le ratio de limitation des prêts aux dirigeants et aux personnels ainsi qu’aux personnes liées est presque au seuil de la norme. Il se chiffre à 9,64% à fin décembre 2016 pour une norme d’au plus 10%. La constitution de réserve générale de la structure est aussi en baisse.

Un plan de redressement en urgence …

L’état des lieux de l’Association PADME au 20 février 2017 a révélé que de nombreuses défaillances au niveau de sa gouvernance, de sa structure organisationnelle, de sa gestion administrative, de son système d’information, de ses ressources et de ses opérations. Pour y remédier, l’Administrateur Provisoire a reçu du gouvernement Talon, la mission d’engager des actions de redressement, d’améliorer les performances et de rétablir les principes d’une bonne gouvernance de l’institution à l’horizon 2018.

L’objectif est de ramener les ratios essentiels de rentabilité de l’institution dans les normes par l’assainissement du climat de travail, l’optimisation des ressources humaines, la révision de la structure organisationnelle et une gestion optimale des ressources financières. Pour y parvenir, six axes stratégiques ont été définis. Il s’agit de : mise en place d’une bonne gouvernance ; renforcement de la rentabilité financière ; développement des activités et amélioration de la qualité du service à la clientèle ; renforcement du dispositif de contrôle interne ; amélioration et sécurisation du système d’information de gestion de PADME ; amélioration de la gestion des ressources humaines, évaluation et amélioration de la performance du personnel.

A cela s’ajoute l’élaboration d’un plan d’action ; des prévisions financières ; la définition des facteurs de succès du plan ; l’identification du dispositif de mise en œuvre et de suivi – évaluation du plan. Il est à noter que le plan d’actions révèle que la majorité des activités doit être entreprise en urgence. A ce titre, le plan de redressement de l’institution a insisté sur une organisation efficace des tâches (définir des priorités) et à un bon management des ressources humaines, afin d’assurer la réussite du redressement de l’institution.

Projections pour 2018 …

De beaux jours s’annoncent pour l’Association PADME. Pour 2018, d’importantes projections sont faites pour amorcer le redressement effectif de l’institution. En effet, les charges de 6,1 milliards dans le budget initial de 2017 sont révisées à la baisse pour 5,7 milliards de fcfa mais le niveau des produits est maintenu. Notons que les investissements ont été revus à la baisse d’environ 150 millions de fcfa. Ceci permettra d’obtenir un résultat de 1,1 milliards de fcfa contre 712 millions de fcfa initialement prévus.

Pour ce qui concerne le recouvrement, un montant de 1,2 milliards de fcfa est projeté en 2018 contre 1,1 milliards en 2017. Toujours pour 2018, au titre de l’épargne, un montant d’encours d’épargne de 1,4 milliards est projeté pour être mobilisé au cours de l’année 2018, contre les 600 millions du budget 2017.

« La réussite de ce plan de redressement et de la transformation institutionnelle dépend du leadership de l’Administrateur Provisoire, de la disponibilité du Comité de Suivi, de la bonne communication à l’endroit des clients et du personnel, d’une large adhésion du personnel, de l’accompagnement des partenaires financiers dans la mobilisation des ressources financières et de la mise en place d’un dispositif efficace de suivi-évaluation », a précisé le plan de recrutement.

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