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Bénin : déjà des clubs électoraux pour 2019 !

Le processus démocratique suit son cours en République du Bénin depuis le lendemain de la conférence des forces vives de la nation tenue en février 1990. Au nom donc de ces principes démocratiques, le Bénin tient régulièrement les différentes élections dont celles législatives qui se pointent à nouveau à l’horizon. A quelques mois de ce nouveau rendez-vous électoral, des manœuvres sont déjà en cours pour se faire une place au Palais des gouverneurs à Porto-Novo.

Ils ne comptent pas rester sur le quai à l’ère du nouveau départ où il faut révéler le Bénin. Ils, ce sont les politiciens béninois en majorité des députés de la 7ème législature qui avaient, pour des raisons certainement politiques, soutenu d’autres candidats autre que l’actuel locataire de la Marina pendant la présidentielle de mars 2016.

Il est de notoriété de tous que le Bénin, depuis le renouveau démocratique, n’a pas encore connu un président issu véritablement des arcanes de la politique, c’est-à-dire un acteur politique au pouvoir.

Tout comme en 1991 avec Nicéphore Soglo, économiste, en 1996 avec Mathieu Kérékou, un général de l’armée, en 2006 avec Thomas Boni Yayi, un banquier, les Béninois ont fait l’option, en 2016, d’un opérateur économique, Patrice Guillaume Athanase Talon.

Malgré donc les combats à chaque élection des politiciens béninois pour conquérir le pouvoir, ce rêve n’est toujours pas concrétisé. Mais comme on pouvait s’y attendre, une fois ces « hommes » élus, ce sont ces mêmes politiciens qui, pour des intérêts parfois inavoués, forment un bouclier autour du Président élu pour, soutiennent-ils, accompagner l’élu dans ses réformes et surtout dans sa politique de développement.

Et pour y parvenir, ils partent d’abord des jeux de coulisse, des arrangements qui aboutissent sur des déclarations publiques et dans les médias du pays annonçant officiellement leurs appartenances au régime en place. Le phénomène est classique puisqu’après cette étape de ralliement officiel, les nouveaux venus ou même ces « nouvelles recrues » décident de se regrouper pour mieux porter leur voix.

Ainsi naissent les alliances, fora et creusets politiques tous dédiés et dévoués aux causes de l’homme au pouvoir.

 

Tout comme les autres années, 2019, année des législatives n’échappera pas à cette manœuvre des politicards béninois. « Qui veut aller loin ménage sa monture », dit l’adage. Ces politiciens, visant donc les élections de 2019, ont entamé, dès à présent, la course et pour y parvenir, tous les jeux sont permis.

Le Président Patrice Talon ne disposant pas de majorité au parlement lors de son élection, il lui est plus que nécessaire de disposer d’une telle majorité lors du scrutin législatif à venir. Il y a quelques semaines, le peuple béninois a été témoin de la mise sur pied de la coalition politique « Bénin en route », un conglomérat de partis politiques au service du régime Talon. Mais avant la création de cette alliance politique, il y avait l’Union fait la nation (UN), un autre regroupement de partis politiques créé en 2009 et qui a essuyé un échec cuisant lors de la présidentielle de 2011 face à Thomas Boni Yayi.

Cette union avait déclaré, après la prestation de serment de Patrice Talon qu’elle supporte non seulement le Président Talon mais qu’elle est également le régime de ce magnat du coton.

Mais comme le dit-on aussi souvent, il n’y a jamais deux sans trois. On en était là quand certains politiciens ayant géré avec l’ancien Président Yayi créent leur coalition politique toujours pour soutenir le Chef de l’Etat, Patrice Talon. En évoquant ces coalitions il ne faut occulter en aucun cas, l’alliance « Jet16 », un mouvement qui, réclament les acteurs, avait conduit le candidat Patrice Talon au Palais de la Marina.

Dans un passé récent, le peuple béninois a connu les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), l’alliance soleil, Union fait la nation (UN), l’Union pour le Bénin du futur (UBF), alliance wologuèdè, alliance soleil et bien d’autres coalitions souvent formées à la veille des échéances électorales au Bénin.

Des stratégies qui permettent à ces politicards de soit se positionner ou se repositionner sur l’échiquier politique et surtout de disposer de leur billet d’entrée dans la grande salle du Palais des gouverneurs à Porto-Novo.

On aurait aimé qu’il y ait une rupture avec une telle pratique sous le soleil du régime Talon car ce dernier, lors de la campagne présidentielle, avait promis faire du système partisan sa priorité dès sa prise du pouvoir. Comment comprendre donc qu’au lieu qu’il y ait une réforme de ce système partisan, l’on assiste au même scénario politique sous le Président Patrice Talon ?

Pour nombre de Béninois, « il ne s’agit que d’autres “clubs électoraux” voulant juste se faire une nouvelle place au parlement béninois pour, comme toujours, bénéficier de l’immunité parlementaires alors qu’ils sont, pour la plupart, des gens ayant des démêlés avec la justice ».

Le Chef de l’Etat, Patrice Talon, devrait désormais, s’il compte toujours tenir sa promesse politique concernant le système partisan au Bénin, mettre fin à cette kyrielle de conglomérat de partis politiques, tous hypocrites, qui se disent engagés pour sa cause.

Du côté du peuple béninois, il urge que ce dernier aussi arrive à distinguer le bon grain de l’ivraie afin de ne envoyer au Palais des gouverneurs que des hommes et femmes dignes véritablement d’être des honorables.

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