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Souvenir: Redressement fiscal à CAJAF-COMON, Vous avez dit 35 milliards ?

L’information sur le redressement de la société CAJAF COMON SA d’un montant faramineux de 167 Milliards de FCFA a fait l’objet de publication dans beaucoup de canards de la place et nourrit les commentaires sur les réseaux sociaux depuis ce Mercredi 23 Août 2017.

S’il est communément admis que le redressement fiscal est une opération courante dans un système déclaratif et que la société redressée dispose des voies de recours pour contester le payement et apporter ses observations, le montant évoqué pour ce redressement donne du tournis à certains citoyens qui se demandent s’il s’agit de la réalité ou une fiction. La préoccupation des béninois est de savoir si une société comme CAJAF COMON qui rencontre ostensiblement des difficultés depuis quelques moments tiendrait encore debout si ce redressement devient effectif après toutes les voies de recours.

Et comme le sujet caporalise actuellement les énergies, nous avons décidé de partager avec vous le souvenir d’une chronique publié le 07 Juin 2012 dans le quotidien FRATERNITE sur le redressement fiscal  de la même société à hauteur de 35 milliards de FCFA. Lisez plutôt ci-dessous l’intégralité de cette chronique, plume de Sulpice Oscar Gbaguidi.

Chronique de Sulpice Gbaguidi:

Redressement fiscal à CAJAF-COMON: Vous avez dit 35 milliards ?

Un, deux ….dix…vingt….trente…. trente cinq milliards de Fcfa de redressement fiscal pour un opérateur économique béninois. Trente cinq milliards ! On est pris de vertige sous la charge émotionnelle de cette somme faramineuse qui aura d’emblée explosé les frontières du surréalisme. Une imprégnation absurde dans le charivari national vient pourtant de réveiller les plus grosses certitudes. On parle de trente cinq milliards imposés à Sébastien Ajavon par l’Etat. Combien ? Trente cinq milliards, je crois, oui, trente cinq milliards. Vous avez dit trente cinq milliards ! Et vous avez parlé d’impôt, de redressement fiscal ?

Donc trente cinq milliards pour Sébastien Ajavon, à verser au trésor public au titre d’impôt. J’avais cru à une mauvaise blague de dame rumeur spécialiste de l’intox. Je croyais au grossier ballon d’essai jusqu’à la déclaration de Me Lionel Agbo qui, loin de démentir la rumeur, a confirmé l’affreux chiffre qui pèse sur le paisible compatriote. J’avoue que même l’intervention élégante et éloquente du célèbre avocat, ancien candidat à la présidentielle, n’a pu à elle seule suffire à briser mon scepticisme

Le silence du pouvoir de Yayi face à cette supposée masse de milliards infligée à Sébastien Ajavon a eu raison de mon éphémère doute sur cet harcèlement fiscal développé dans les couloirs de la petitesse.

Ainsi, une certitude est en train de se greffer finalement sur ce qui avait l’air d’un produit de la rumeur ; une certitude enfantée par le manque de réaction du gouvernement après l’éclairage de l’ancien porte parole de la présidence. Ajavon serait alors un gisement d’argent à exploiter par le cartel de la refondation, une machine à sous pour Yayi. Et on aura sautillé sur les plates-bandes Ajavon à la recherche du pactole. L’Etat a cru saisir son Carlos Slim ou son Bill Gates. On imagine Hollande acculer Bernard Arnault ou Merkel obsédée par la déchéance de Karl Albrecht.

Drôle de punition pour l’homme d’affaires béninois. Le gouvernement a sa manière de remercier le premier contributeur fiscal. Il a sa méthode particulière pour montrer sa reconnaissance envers celui qui a offert douze millions à chaque club de première division de football et huit millions à chacune des équipes de la ligue 2. Le pouvoir a sa façon d’encourager celui qui, à ses propres frais, a installé les grillages de sécurité dans les stades de Parakou, de Djougou et d’Abomey. Le modèle de récompense se fait ici en monnaie de singe avec l’étouffoir fiscal.

Tout se passe comme si Sébastien Ajavon était un étranger, s’il venait par exemple de Mascate, de Tégucigalpa ou de Katmandou et que l’Etat béninois était un bastion des bolchevicks. S’il n’était pas connu du peuple, on allait spéculer sur son origine. Mais la chasse aux opérateurs économiques nationaux semble au chapitre du projet de société obscur du prince. Le mal creuse ses digues avec la fatwa prononcée contre les riches locaux par l’ayatollah de la refondation défenseur autoproclamé des prolétaires.

Pour preuve : on s’est acharné contre Bell Bénin, le réseau Gsm au capital entièrement béninois pour l’affaiblir. On se bat pour sortir le compatriote Sévérin Adjovi de Moov. Je ne veux pas évoquer les dossiers dans l’air du temps comme le coton et le Pvi qui déchaînent la méchanceté gratuite sur les fossiles émergents. Dans la conspiration, j’entends encore le vertueux mais illusoire discours sur la prospérité partagée. Plutôt la disette partagée. C’est sans doute la vocation silencieuse du gouvernement en conflit permanent contre ces Béninois à qui revient le mérite de la création d’emplois.

Sur Ajavon tomberait le verdict ruineux du redressement fiscal de trente cinq milliards. Cela équivaut à un milliard par an pendant 35 ans ou à un million dépensé par jour pendant au moins 95 ans, donc environ un siècle. Pour Ajavon et sa famille, ces milliards pourraient servir à assurer leur existence plutôt que de chuter dans les caisses de l’Etat épidermique et revanchard.

Sulpice O. GBAGUIDI⁠⁠⁠⁠

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