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Bénin : Joseph Djogbénou ou la risée du « Nouveau Départ » ?

Seul béninois à figurer, en 2015, dans les 100 premiers africains dont les actions ont impacté positivement le développement du continent africain, Joseph Djogbénou est avocat au barreau du Bénin depuis 1998 et agrégé de droit privé des universités du Cames depuis 2009. Très respecté dans les milieux universitaires du Bénin, de la sous-région ouest africaine et a l’international, Joseph Djogbénou est connu pour sa verve, la qualité de ses interventions et sa détermination affichée lors de son passage dans la société civile à défendre la veuve et l’orphelin.

Elu député de la 7ème législature en avril 2015 sur la liste de l’Alliance politique « Union fait la Nation » (UN) – Alliance d’opposition au régime du Président Boni Yayi – dans la 16ème circonscription électorale du Bénin (Cotonou 2), Joseph Djogbénou est hissé à la tête de la très stratégique commission des lois de l’Assemblée Nationale en juin 2015. Cette ascension politique, Joseph Djogbénou le doit en partie à son engagement citoyen et à son activisme politique aux côtés du réputé politicien béninois, Candide Azannaï, considéré dans l’opinion publique comme son mentor.

Devenu Garde des sceaux, Ministre de la justice et de la législation le 06 avril 2016 dans le premier gouvernement de Patrice Talon, l’un de ses clients aux côtés duquel il a battu campagne lors des élections présidentielles de 2016 sous la bannière du « Nouveau Départ », Joseph Djogbénou semble avoir troqué sa verve et son engagement citoyen contre la rhétorique politicienne. Pour nombre de ses admirateurs ou du moins ses fans, Joseph Djogbénou est devenu méconnaissable depuis qu’il a fait ses armes en politique.

Les déboires politiques d’un agrégé de droit !

La politique d’Etat, n’est pas nécessairement une question de diplôme …

Le premier échec politique de l’étoile filante de la politique béninoise était sans appel : le rejet du projet de loi portant révision de la constitution du 11 décembre 1990 par l’Assemblée Nationale le 04 avril 2016. De l’avis de certains politologues béninois, le manque d’expérience politique de Joseph Djogbénou serait la principale cause du rejet de ce projet de loi auquel le Chef de l’Etat accorde beaucoup de prix.

En effet, on reproche à Joseph Djogbénou un défaut de management politique à l’égard de certains députés, qui fondamentalement n’étaient pas contre le texte, mais avaient des griefs politiques contre le régime Talon.

L’Assemblée Nationale n’est pas le tribunal de première instance et la politique d’Etat, notamment celle du Bénin, n’est pas nécessairement une  question de diplôme. Joseph Djogbénou, l’agrégé de droit, l’aurait appris à ses dépens. Au cours d’une réunion avec certains membres des Comités Communaux de Campagne de Patrice Talon le 11 avril 2017, Joseph Djogbénou a semblé donner la preuve qu’il a saisi la leçon.

 « Rien ne sera plus comme avant, rien, absolument rien ne sera plus comme avant. Si la politique dans ce pays se fait avec lucidité, nous la ferons avec lucidité. Si elle se fait avec la rage nous la ferons avec la rage et si elle se fait avec la ruse, nous la ferons avec la ruse » avait-il laissé entendre.

Il sera très vite repris par son mentor, Candide Azannaï le 03 juin 2017 lors du congrès du parti “Restaurer l’Espoir” en ces termes : « il est possible de faire la politique autrement sans avoir recours exclusivement à la ruse, à la rage, à la violence, à l’immoralité, à la cupidité et au mensonge ».

  • L’affaire Ajavon …

« Qui fait du droit, un instrument de ruse au profit de quelques-uns et non une lampe qui éclaire tous est un dangereux fondamentaliste » écrivait Joseph Djogbénou le 10 janvier 2015 sur son compte Tweeter. Dangereux fondamentaliste, Joseph Djogbénou serait bien en passe de le devenir !

En effet, dans l’affaire dite de 18kg de cocaïne à laquelle l’homme d’affaire Sébastien Ajavon serait mêlé, Joseph Djogbénou aurait instruit ses services compétents pour trouver, notamment en France, des jurisprudences pour écrouer Sébastien Ajavon, le principal suspect dans cette affaire et allié politique de Patrice Talon au second tour des présidentielles de mars 2016.

Invité dans l’édition spéciale de l’émission « 100 % Bénin » sur Sikka Tv le dimanche 30 octobre 2016, Maître Paul Kato Atita avait pointé du doigt la mauvaise foi du gouvernement béninois notamment du Chef de l’Etat, Patrice Talon et du Garde des sceaux, Ministre de la Justice, Joseph Djogbénou dans l’affaire de trafic présumé de cocaïne au Port de Cotonou.

« Le parquet est le bras opérationnel du gouvernement. C’est d’ailleurs pourquoi les parquets sont directement rattachés à l’autorité du garde des sceaux. Aucun procureur de la république sur le territoire béninois ne peut prendre le risque de faire interpeller un homme comme Sébastien Ajavon s’il n’a pas l’aval du garde des sceaux. L’OPJ ne peut le traiter de cette façon s’il n’a reçu l’aval d’un supérieur. C’est un principe consacré par la loi. » avait-t-il déclaré.

  • L’affaire Léhady Soglo …

Le 28 juillet 2017, Léhady Soglo, alors maire de la capitale économique du Bénin, Cotonou, a été suspendu de ses fonctions par le ministre de la décentralisation et de la gouvernance locale, Barnabé Dassigli suite à un rapport d’audition du Préfet du littoral Modeste Toboula. Quelques heures après l’arrêté de suspension, son domicile a été assiégé par la Police pour, selon le gouvernement, une opération de perquisition. Cette opération des forces de Police sans mandat, est perçue dans l’opinion publique comme une tentative d’enlèvement du Maire suspendu par le régime Talon.

Pour lever l’équivoque, le ministre Joseph Djogbénou est monté au créneau le 29 juillet 2017 pour clarifier ce qui est reproché à Léhady Soglo et l’objectif de l’opération de perquisition qui peut se faire sans mandat. Cette sortie médiatique du Ministre Djogbénou n’a pas laissé indifférent l’ancien Maire de Cotonou, le Président Nicéphore Soglo et l’ancien Garde des sceaux, Ministre de la justice, Victor Topanou.

Pour  Nicéphore Soglo, les explications du gouvernement par la sortie médiatique de Joseph Djogbénou, garde des sceaux, ministre de la justice, de la législative et des droits de l’homme ne sont que des déclarations visant à tromper le peuple. « …Ce dernier n’a pourtant pas réagi dans sur le non-lieu liée au détournement  de 03 Milliards du don hollandais pour l’eau potable, bizarre… »  a-t-il affirmé.  « Bizarre !… », s’exclame-t-il qualifiant de pitoyables les explications du Garde des sceaux.

Dans une émission télé, Victor Topanou a également qualifié de gravissimes les explications du Ministre Djogbénou sur l’inexistence de mandat de perquisition dans le code de procédure pénale au Bénin. « J’ai entendu le Ministre évoqué le fait qu’il n’y ait pas dans notre pays un mandat de perquisition… Est-ce que le ministre est juste en train de dire que parce qu’il n’est pas écrit expressément que pour perquisitionner il faut un mandat de perquisition que le mandat de perquisition n’existe pas !? Si c’est ça ce qu’il est en train de dire, c’est quand même une énormité ! C’est gravissime ! », avait déclaré Victor Topanou.

  • La démocratie sexuelle …

Au cours d’un séminaire parlementaire le 03 août 2017 à Dassa-Zoumè, Joseph Djogbénou, s’inspirant de la décision DCC 09-081 du 30 juillet 2009 de la Cour constitutionnelle qui a déclaré les articles 336 à 339 du code pénal contraires à la Constitution, a proposé la dépénalisation de l’adultère au Bénin. Dans une tribune publiée sur sa page Facebook le 04 août 2017, le magistrat Michel Adjaka a fustigé la proposition du Ministre Joseph Djogbénou.

Selon le magistrat, pour respecter la décision DCC 09-081 du 30 juillet 2009 de la Cour constitutionnelle, il ne devrait pas être question de dépénaliser l’adultère mais plutôt de prévoir des conditions identiques pour réprimer l’adultère aussi bien de l’homme que de la femme. « La décision de la cour n’autorise pas à libéraliser les mœurs » avait souligné Michel Adjaka qui estime que le sexe féminin est sacré.

Joseph Djogbénou, l’incompris ?

Président de la Fédération Nationale des étudiants du Bénin (Fneb) sur la période 1994 – 1995, Joseph Djogbénou avait été vivement critiqué dans l’opinion publique béninoise lorsque le gouvernement auquel il appartient a pris un décret pour suspendre tout mouvement des organisations faîtières et associations d’étudiants dans les universités du Bénin.

Et pourtant, ce décret qui a été déclaré quelques jours plus tard contraire à la constitution, avait pour objectif de restaurer les valeurs cardinales des mouvements estudiantins qui avaient déserté le forum.

Ce retour aux valeurs estudiantines, contrairement aux informations diffusées sur les réseaux sociaux, Joseph Djogbénou l’appelait de tous ses vœux bien avant son ascension politique. En sa qualité de professeur à la faculté de droit et de sciences politique de l’Université d’Abomey Calavi, il avait sans doute capitalisé un certain vécu des réalités universitaires. Au cours d’un entretien accordé à Océan Tv en avril 2015, bien avant les élections législatives, il avait déclaré ceci :

« Quand on observe ce qui se passe dans nos universités, on a quelques regrets.

Aujourd’hui sur le campus universitaire, il y a beaucoup plus d’association de développement des villages, des ethnies que de véritables ambitions pour assurer la protection des intérêts au travers des étudiants de la jeunesse.

Les étudiants sont le socle sur lequel toute la communauté pose son espoir et malheureusement … Quand nous étions sur le campus, un président du Bef n’a pas de directeur de cabinet, il n’y avait pas de brigade universitaire …

Aujourd’hui, on a installé la république à l’université. Ce sont des dérives et il faut qu’avec sagesse on puisse les corriger ».

Au cours de cet entretien, Joseph Djogbénou avait également déploré le fait que l’espace universitaire soit devenu un espace politique. « C’est nécessaire que  les jeunes fassent de la politique, mais de la façon dont ça se fait où chaque chapelle politique a son groupe d’étudiants, où chaque groupe d’étudiants ne tient son charisme que des chapelles politiques, c’est aux détriments des jeunes… », avait-il déploré car il estime que le responsable étudiant doit être un modèle de réussite universitaire.

Le contraste du citoyen engagé et du politique Joseph Djogbénou

Auparavant très actif sur le réseau social Facebook, Joseph Djogbénou était considéré à un moment donné comme étant un web activiste. Il y passait à loisir ses idées et ses opinions dans un contexte où les médias classiques du Bénin étaient considérés comme muselés par le régime du Président Boni Yayi.

En 2015, il communique sur Facebook son salaire de député et ses avantages liés à ses fonctions de président de commission parlementaire. Une première dans l’histoire du pays. En 2016, quelques jours après sa prise de fonctions au gouvernement, il réédite l’exploit en communiquant son salaire des ministres et les avantages liés à sa fonction.

Pour avoir été cité dans une supposée affaire de scandale sexuel à son cabinet ministériel, Joseph Djogbénou, à la surprise générale, désactive son compte Facebook après avoir répliqué aux allégations dont il était la cible.

Il estime dans la foulée que les réseaux sociaux constituent un danger pour la société. Pendant ce temps, le gouvernement auquel il appartient déployait d’importants moyens pour assurer la visibilité de ses actions sur les réseaux sociaux.

« Le jour où les politiques se soigneront dans les hôpitaux africains, instruiront leurs enfants dans les écoles des Etats, l’Afrique avancera ».

C’était intimement la façon dont Joseph Djogbénou voyait le développement de l’Afrique. Il l’avait fait savoir le 09 mars 2015 sur son compte Tweeter. Toujours au gouvernement après que le Président Talon s’est fait soigner pendant plus de 40 jours à Paris, Joseph Djogbénou semble avoir donné la preuve qu’il n’est plus un militant du progrès du Bénin encore moins de l’Afrique. Ainsi, il se fait rattraper par sa propre philosophie selon laquelle « le problème de l’Afrique réside moins dans la conscience des peuples que dans celles des élites ».

6 commentaires
  1. Anonyme dit

    Nous regrettons que ses avatars qui gouvernement le bénin vont plus piller le bénin que le faire développer l’affaire des 3 milliards doit resortir pour que l’opinion publique sache qui a fait quoi et pourquoi le trésor public beninois a versé l’argent aux hollandais merci

  2. Anoumou dit

    Un éminent Professeur a dit un jour, que l’engagement ce n’est pas de donner instantanément la preuve de son accord et soutien à des initiatives, mais d’être capable sur la durée de dire, de faire et de défendre les mêmes causes quelles que soient les conditions dans lesquelles l’on se trouve.

    A s’en tenir aux propos, on voit bien que l’activiste social est loin de l’homme politique.

    C’est cet écart qui amène certains à demeurer l’égal d’eux-mêmes et à rester loin de la politique au risque de devoir tronquer leur habit.

    je n’ai point à juger le Professeur Djogbénou…je me dois simplement de prendre exemple et de me faire une opinion pour mon avenir.
    Qu’est-ce que je veux être??? l’engagé ou le circonstancié

  3. Anonyme dit

    je remercie tout le personnel du BENINWEBTV pour ses devoirs de memoire. Ma défunte maman me disait à l’époque que la parole était comme un oeuf et que quand cette derniere se brise on ne peut la recuperer. ces supposés politiques pensent qu’ils peuvent dire tout ce qu’il veulent quand ils veulent

  4. Samuel MASSEDE dit

    Ce Djogbenou est devenu simplement une honte pour le Benin et pour la terre Africaine. je ne dirai pas plus.

    Force à la redaction et au redacteur.

  5. Tranqquilin dit

    Djogbenou appartient a une équipe de rusés. Tout ce qu’il disait et faisait etait pour tromper le peuple au profit de son maitre Talon. Ces des gens qui sont capables de tout faire et dire pour de l’argent. Tant pis pour ceux qui croient en eux.

  6. Jolivet NAHINDE dit

    je trouve à mon hunble avis que le maitre n’eouvre que pour le bien de la nation…..
    biensur qu’il va respecter les ordres de son maitre Talon ,mais au dela de xa, il faut comprendre que l’homme veut avant tout travailler pour son pays…..

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