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Economie : Le CFA ou le Cancer Financier de l’Afrique ?

Pour beaucoup d’économistes africains, le CFA est un instrument de “répression monétaire de l’Afrique”. La preuve? Les Français sont représentés et disposent d’un droit de veto dans le conseil d’administration des deux banques centrales, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), l’Institut d’émission commun aux huit (8) Etats membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine  et la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC).

Selon ces économistes, le franc CFA ne devrait plus exister depuis la disparition du franc français et  l’entrée en vigueur de l’euro en 2000.

Pire, Kako Nubukpo, économiste et ancien ministre de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques du Togo trouve choquant que ces billets continuent d’être fabriqués à Clermont-Ferrand en France. Il est aussi  directeur de la francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation Internationale de la francophonie (OIF) à Paris:

“Nos banques centrales ont obtenus leur indépendance vis-à-vis  de  nos Etats. Mais paradoxalement, elles sont inféodés à un ministère d’un pays étranger, donc le ministère français des Finances, via le  compte d’opération  qui garanti la parité entre le CFA et l’Euro. C’est un élément quand même curieux.”

Quelles conséquences après le CFA ?

Pour éviter que la rupture avec le FCFA ne crée des perturbations, l’économiste camerounais Martial Ze Belinga, suggère le respect de certaines étapes:

“Je dirais que la première étape transitoire, c’est la relocalisation des devises que les africains gèrent directement. Que par la suite, ils maintiennent le mécanisme de solidarité, c’est-à-dire qu’on ait un pool de devises commun pour pouvoir faire face etc…Et que dans une deuxième étape, on pense à une refonte totale de nos politiques monétaires, budgétaires et structurelles qui sont compatibles avec nos besoins de longs termes. Donc, il faut trouver  une nouvelle intelligence économique qui nous permette de diversifier nos économies, d’avoir plus de valeur ajoutée dans des secteurs qui ne sont pas pétroliers.”

La zone franc a été créée en 1945 par le général de Gaulle. A l’origine, elle réunissait les colonies françaises. C’est pourquoi, le franc CFA signifiait à l’époque le franc des colonies françaises d’Afrique, avant d’être rebaptisé le franc de la communauté française d’Afrique.

Aujourd’hui la zone franc compte 15 pays, huit de l’UEMOA, l’Union économique et monétaire ouest-africaine, composé du Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.  Et six de la CEMAC, la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale à savoir le Cameroun, la RCA, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Tchad.

Avec DW

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