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Adrien HOUNGBEDJI, une CHANCE que l’Afrique n’a pas su saisir ?

Acteur politique de tous les instants, à la différence de tous, il ne laisse personne indifférent. Ses partisans le vénèrent. Ses adversaires le respectent. Aujourd’hui, à la vieille du lancement d’une fondation qui porte son nom, il m’a plu de relire et d’actualiser quelques extraits d’un article consacré à son parcours. Un article que j’ai rédigé en 2012 pour une audience internationale ( Mondoblog, Rfi). Un article qu’ici j’ai rabiboché et rafistolé… Pas simplement pour rajeunir un homme dont les rêves de jeunesse, les rêves pour la jeunesse, n’ont jamais pris une ride…

L’homme et quelques-uns de ses faits d’arme.

Ceci est désormais de notoriété publique : Adrien HOUNGBEDJI est né le 05 mars 1942. A 25 ans, il est déjà Docteur d’État en droit de la faculté de droit de Paris (1967), et major de l’École nationale de la magistrature française la même année.

En 1968, il démissionne du poste de Procureur de la République pour ne pas avoir sur la conscience le poids de la condamnation d’un innocent à 20 ans de prison pour raison politique. La même année, il s’inscrit au barreau de Cotonou où il dirige un important cabinet d’avocats. En 1975, il est arrêté pour la seconde fois (la première remontant à 1972) et condamné à mort pour avoir accepté d’assurer la défense d’un opposant au régime d’alors. Dans ce contexte d’années noires pour les droits de l’Homme, l’un des plus brillants Avocats de sa génération payera un très lourd tribut de ses convictions. Ses biens seront confisqués (pendant quinze années). Il connaîtra la prison. Ensuite l’évasion. Après, l’exil. A 33 ans, au faîte de la gloire, sa réputation était déjà fête, parce que déjà toute faite. Sa richesse aussi. On ne refera pas ici toute l’histoire…

L’ère du Renouveau démocratique.

En 1990, dans la foulée de la chute du mur de Berlin et du discours de la Baule, un vent de démocratisation souffle sur l’Afrique.

Au Bénin, on a pris plusieurs longueurs d’avance sur l’histoire. Etudiants, syndicalistes et autres, différentes couches sociales n’avaient pas attendues les soubresauts mondiaux pour prendre leur destin en main, à travers divers combats citoyens qui connaîtront leur heureux et retentissant épilogue avec la conférence nationale souveraine des forces vives du pays de février 1990. L’Afrique tient son berceau de la démocratie.

A la faveur d’une loi d’amnistie générale, tous les exilés signent chacun son ” Cahier d’un retour au pays natal ”. S’ouvre alors l’ère du renouveau démocratique qui permettra au Bénin d’incarner la référence démocratique en Afrique…

Adrien Houngbédji, un des personnages centraux de ses années de renouveau démocratique, est de tous les combats, avec des fortunes diverses. Co-fondateur d’un parti politique au nom tout trouvé (le PRD, parti du renouveau démocratique), il devient le premier Président de l’Assemblée nationale de l’ère du…renouveau démocratique (1991-1995). Entre 1996 et 1998, il est le ‘‘premier ministre’’ (poste qui n’existe pas dans la constitution du pays) sous le régime du Général Kérékou qu’il a contribué à ramener au pouvoir par la voie des urnes. Adrien Houngbédji deviendra président de l’Assemblée nationale pour la deuxième fois (1999-2003). Et une troisième fois, au terme de la mémorable nuit du 19 au 20 mai 2015…

Un parcours politique sur un goût d’inachevé

De 1991 à 2011, Adrien HOUNGBEDJI aura pris part, comme candidat, à toutes les élections présidentielles au Bénin (1991, 1996, 2001, 2006, 2011), améliorant son score au fil des années, sans jamais atteindre la première marche du podium et toucher au Saint-Graal, la Marina (présidence de la république).

En 2006, candidat malheureux au second tour, Adrien HOUNGBEDJI reconnaît très vite sa défaite, félicite le vainqueur et coupe ainsi l’herbe fraiche sous les pieds des croque-morts qui espéraient faire fortune autour du business florissant de contestation d’élections en Afrique. En 2011, alors que tout semblait indiquer que son heure de gloire avait enfin sonné, Adrien HOUNGBEDJI se fait une fois de plus coiffer au poteau. Une défaite d’autant plus difficile à avaler que la victoire de son principal adversaire, le président sortant, le même qui lui avait déjà ravi la vedette en 2006, est acquise dès le premier tour, fait inédit à l’ère du renouveau démocratique. Cette fois-ci, ça y est, croient savoir les ‘‘hommes d’affaires de temps de guerre civile’’, qui sont convaincus que Adrien Houngbédji ne se laissera pas voler sa victoire.

Il est vrai que cette fois-là, la tentation est grande. 2011 était l’ultime chance de réaliser LE rêve de sa carrière politique, puisqu’il sera désormais frappé par la limite d’âge à partir de 2016.

Ainsi donc, à la différence de 2006, HOUNGBEDJI ne reconnait pas la victoire du président Boni YAYI en 2011. Le candidat malheureux est sérieusement tenté par une aventure de revendication de ‘‘sa’’ victoire. L’homme de conviction et ardent artisan du maintien d’un climat de paix sociale au Bénin, renonce finalement à incarner l’homme par la faute de qui le havre de paix qu’est le Bénin serait devenu un arbre de guerre.

Mais que l’on ne s’y trompe pas, celui qui, dans son QG de campagne déclarait en 2011 après les résultats : « Les dictatures se nourrissent de nos hésitations, de nos peurs… », cet Adrien HOUNGBEDJI là, aujourd’hui encore, se considère selon ses propres termes sur l’émission ‘‘Zone France’’ de Canal3 Bénin comme ‘‘le candidat DÉCLARÉ perdant’’. Allez comprendre !

Mais hélas, qu’importe les considérants ! L’histoire ne retiendra que les résultats, lesquels indiquent qu’en vingt années de participations aux élections présidentielles, Me Adrien HOUNGBEDJI a essuyé vingt années d’échecs. Une performance qui est toutefois loin de refléter la valeur ou le parcours d’un homme qui, finalement, était sans doute trop authentique pour incarner la première personnalité dans un État membre d’une Afrique toujours en quête d’imitation, de mimétisme et de falsification de sa propre histoire. Adrien HOUNGBEDJI, trop vrai, trop clean pour être président de la république en Afrique ? La question restera posée à jamais…

Voilà l’homme. Un personnage politique de premier plan, ayant occupé de hautes fonctions, mais qui traine le péché de n’avoir laissé aucune « casserole » notable sur son passage, réduisant ses détracteurs, du temps où il était en course, à mettre leur imagination fertile et leur mauvaise foi chronique à contribution pour servir à l’opinion le scalp de cet homme qui pourtant a tout donné pour la préservation d’un climat post-électoral apaisé dans son pays. Combien sont-ils de cette trempe en Afrique ?

Un homme du passé qui continue de bâtir l’avenir

Son avenir politique est désormais derrière lui.

Au moment où plusieurs, dans sa situation, se seraient retranchés dans une retraire dorée et méritée, lui, Adrien HOUNGBEDJI, trouve encore le temps de penser à la jeunesse, de bâtir l’avenir. Demain, 10 août, sera officiellement portée sur les fonts baptismaux la Fondation Adrien Houngbédji pour le Numérique et la Jeunesse ( FAHNJ).

Planter un arbre ? A cet âge !!!

Il va falloir s’armer de patience pour chercher et trouver un acte d’humanisme aussi authentique.

Adrien HOUNGBEDJI, auteur du livre “Il n’y a de richesse que d’homme” ne serait-il pas finalement de ces hommes que leurs contemporains n’auront jamais su exploiter toute la richesse dont ils regorgent ?

En 1870, Samuel Ullmann disait : ” La jeunesse n’est pas une étape de la vie ; elle est un état d’esprit (…) On n’est pas vieux parce qu’on a vécu un certain nombre d’années ; on devient vieux lorsqu’on renonce à son idéal…” Des siècles après, le jeune Adrien HOUNGBEDJI est là, avec un vieux rêve de jeunesse, une fondation, pour promouvoir le numérique et…la jeunesse !

Il ne reste plus qu’à espérer que les générations actuelles, à la différence de leurs devancières, sauront, à travers l’opportunité de cette fondation, saisir et exploiter à satiété cette source inépuisable de richesses qu’est Adrien Houngbedji.

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