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Chronique : De la télécommande à la commande

Le système partisan béninois est en peine. Certaines formations politiques telles la RB et le PSD sont traversées par une crise sans précédent. La vraie cause : marquer un acte de reconnaissance et se rapprocher autant que faire se peut de la « télécommande » qui venait pourtant de loin.

La classe politique béninoise est en ébullition. Le système partisan qui résiste aux réformes est en panne. Beaucoup de partis politiques sont bouleversés par des scissions. Aux réformistes s’oppose le camp classique, c’est-à-dire traditionnel.

En effet, le parti « La Renaissance du Bénin » (RB) née des entrailles de la famille Soglo est secouée par une crise où aujourd’hui, un camp dit « des Réformistes » a tenu un congrès avec pour conséquence, l’élection d’un nouveau bureau et son président, après l’éviction de son président traditionnel Lehady Vinagnon Soglo.

Le parti social démocrate (PSD), lui, claudique encore dans les miasmes morbides d’une guéguerre qui oppose deux camps. L’un, se targuant le privilège de légitimité est passé à la vitesse supérieure en destituant le président Emmanuel Golou pour un intérimaire. L’affaire, comme pour le cas de la RB, sera devant le juge.

Bien avant ces deux partis, il y avait déjà dans cette nébuleuse l’alliance « Forces Cauris pour un Bénin Emergent » (FCBE) qui a vu partir une frange non négligeable de ses nobles ressources.

Et là, les arguments aussi divergents qu’ondoyants qui sous-tendent ces crises tirent leur source du souci de « rapprochement » d’avec le pouvoir dirigé par Patrice Talon, celui-là qu’on avait surnommé « la télécommande ».

 

Et pourtant, la télécommande était dénuée de vertu !

En 2015, peu avant la présidentielle de mars 2016, eurent lieu les législatives qui furent orientées de sorte à évincer le pouvoir Yayi de la refondation. La cible était les FCBE pourtant majoritaires.

La stratégie toute tracée pour assurer la continuité, du moins pour perpétuer le « après nous, c’est nous », c’était de contrôler le perchoir. Mais l’inorganisation des FCBE qui ont enregistré des défections de dernière heure n’a pas favorisé les choses telles que attendues ou voulues surtout par le leader charismatique, Boni Yayi.

L’échec fut cuisant ; le perchoir leur échappa et échut entre les mains de l’opposition qui s’est forgée à partir de la fameuse « télécommande » qui contrôlât presque tout.

Me Adrien Houngbédji élu, au détriment du poulain du pouvoir. L’hégémonie des FCBE en prit un sérieux coup. Beaucoup d’acteurs politiques, pour faire éclore ce plan qui a entamé l’aura du pouvoir Yayi, durent faire des aller et retour entre Cotonou et Paris.

Le marché fut alléchant. Beaucoup y ont puisé les ressources de leur élection ou réélection à l’Assemblée nationale.

La « redevabilité »

On a coutume à dire qu’il faut être reconnaissant envers celui qui vous sauve d’une situation. Tel ne fut pas le cas lors de la présidentielle de 2016.

Beaucoup, sinon la majorité de ceux qui ont pactisé pour faire éclore le plan de la déculottée des FCBE devraient, en principe, se ruer vers le candidat auteur de la télécommande.

Mais cela ne fut pas le cas. Ce candidat n’eut pas le soutien attendu, du moins de tous ceux qui ont marqué de leur présence les rencontres de Paris. Certains se sont essayés ailleurs.

Mais aujourd’hui, l’heure a sonné pour assurer le retour de l’ascenseur. Il est temps, pour effacer l’ingratitude qui leur collait dédaigneusement sur la peau, pour témoigner sa reconnaissance au « généreux donateur » qui de surcroit, a les mannes du pouvoir et peut les distribuer à qui bon lui semble.

 Ceux qui ont bu à la rivière n’en ont pas oublié la saveur; ils en vantent les mérites et suscitent ou provoquent l’envie chez les autres.

Les opportunités qui s’élargissent avec la position actuelle de « la télécommande » constituent un attrait sérieux.

« Les télécommandes » dont on disait qu’elles n’étaient pas « vertueuses » le sont subitement. Même ceux qui les répugnaient les hébergent jalousement dans le tréfonds de leur cœur, et se laissent guider allègrement.

C’est peut-être aussi le prix de la reconnaissance. Mais la vertu se trouve aujourd’hui dans le camp où on pensait ne pas en avoir.

Et tous se ruent vers ce camp, avec empressement.

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