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Intelligence économique et stratégie d’entreprise : différence et complémentarité en Afrique (1 sur 2)

Dans la suite de ses précédentes publications le Contrôleur Général de Police à la retraite Mr Clovis ADANZOUNON et les Experts de l’Agence Privée d’Investigations et d’Analyses Stratégiques (APIAS), intervenant dans les domaines de l’Intelligence Economique, des Renseignements économiques, en expertise et conseil en sécurité, en élaboration de stratégie, vous proposent de découvrir ensemble quelques nuances entre Intelligence économique (I.E) et Stratégie d’entreprise et leur rapport pour la performance des entreprises.

Dans un environnement économique caractérisé par la multiplicité des marchés et la profusion d’informations, les entreprises quelle que soit leur taille, sont obligées de faire face et d’évoluer avec la multiplication et la complexification de sources et de tris d’informations.

La facilité d’accès à l’information par les nouvelles technologies ne présage pas en retour pour les entreprises de trouver et exploiter l’information pertinente pour leur contexte spécifique et leur développement.

Il y a lieu pour les entreprises avisées dans ces conditions de diversités de sources, d’œuvrer pour avoir l’information juste et pertinente qui permettra aux managers ou aux leaders de prendre des décisions idoines pour leurs entreprises pour atteindre les objectifs qu’ils se sont assignés dans leur plan stratégique.
Comment doivent-elles s’y prendre ?

I. Approche définitionnelle de l’Intelligence Economique et de la stratégie d’entreprise

a. Qu’est-ce que l’Intelligence Economique ou Renseignement Economique ?

L’intelligence économique qui est d’origine anglo-saxon. Ce concept connu très tardivement par la France dans les années 90 mais qui déjà était utilisé par les anglophones depuis la 2e guerre mondiale, est généralement mal maîtrisé par les acteurs des pays francophones.
En général, l’Intelligence économique n’est rien d’autre que les renseignements généraux (RG) orientés vers l’économie. Pour rappel l’anglais désigne par « Intelligence » ce que le français appelle « Renseignement ». Ainsi donc dans les pays anglophones notamment aux USA, à la fin de la 2e guerre mondiale, les cellules de renseignements n’ayant plus d’activités orientées vers la guerre, ont rapidement transformé leurs activités au service de l’économie de leur pays qui se trouvait dans un état de délabrement. C’est ainsi que les cellules d’espionnage et contre-espionnage ont été réactivées, cette fois ci vers l’économie et les nouvelles technologies.

D’où le concept d’intelligence économique est défini par B. Besson et J-C. Possin (auteurs de l’ouvrage: Du renseignement à l’intelligence économique, Paris-Dunod, 2001) comme un « système collectif d’acquisition, de production et de transformation de l’information en connaissance utiles permettant à l’entreprise d’améliorer ses processus de décision, son image, sa capacité d’influence, de créer de la valeur, de saisir les opportunités, de renforcer sa compétitivité, d’innover, de détecter les menaces, de prévenir des risques, d’assurer la sécurité et la sûreté de ses membres et partenaires, d’accroître et de protéger son patrimoine ».

En d’autres termes, « l’intelligence économique consiste à collecter, analyser, valoriser, diffuser et protéger l’information économique stratégique, afin de renforcer la compétitivité d’un État, d’une entreprise ou d’un établissement de recherche. »
Il se dégage que l’Intelligence économique n’est rien d’autre que les renseignements généraux orientés vers l’économie et qui se traduit à la fois par une démarche, une organisation et un état d’esprit pour aider les dirigeants d’une entreprise à prendre des décisions stratégiques.

Faut-il le rappeler, la décision stratégique est ce processus cognitif complexe visant à la sélection d’un type d’action parmi différentes possibilités, mais dont la nature est unique, non réversible, non programmable car non prévisible, complexe et qui permet de choisir une politique en fonction des forces et faiblesses, en tenant compte des risques ou menaces et des opportunités.

b. Comment réalise-t-on l’I.E ?

L’Intelligence économique est une démarche, une organisation et un état d’esprit.
Ce concept triptyque prend appuie sur le fait d’abord que les individus et/ou les entreprises ont conscience qu’ils ont besoin de l’information pour leur développement. Ensuite qu’ils reconnaissent que l’information dont ils ont besoin existe mais ils ne savent pas où, ni comment et quand l’obtenir.

Quand ces préalables sont remplis, la quête du déploiement d’un service d’intelligence économique se met en branle naturellement pour permettre :
– la maîtrise des connaissances et des savoir-faire ;
– la détection des menaces et des opportunités ;
– la coordination des acteurs et des activités ;
– la mise en œuvre des stratégies d’influence.

Dans les entreprises, ceux qui collectent les informations brutes sur le terrain selon un canevas préalablement défini par le manager de l’entreprise sont généralement les commerciaux ayant à leur tête un Directeur commercial. Ces informations collectées de façon éparse sont ensuite analysées au niveau d’une cellule qu’on peut dénommer cellule d’intelligence économique et qui les transforme en renseignements exploitables par le manager aux fins d’une décision. Ce travail peut être externalisé en faisant appel à un cabinet d’Intelligence économique comme le cabinet APIAS au Bénin et d’autres à travers le monde.

Dans l’un ou l’autre des cas, le processus d’Intelligence économique se résumera à :
– situer l’entreprise sur son besoin réel en information ;
– mettre en branle le processus de veille stratégique ;
– assurer la sécurité économique pour la préservation du patrimoine ;
– engager des actions d’influence en utilisant l’information comme un levier d’action, permettant de promouvoir les intérêts de l’entreprise dans un cadre légal, à travers la mise en place d’actions de lobbying.

Chacune de ses étapes se décline en autant de phase selon un agencement raisonné.
Pour rendre possible cette démarche, il faut recourir à des outils. Il en existe de plusieurs sortes. Certains sont spécifiques à chaque phase, d’autres sont transversaux à plusieurs.

Point n’est besoin de les citer, mais on peut retenir par exemple que :
• le diagnostic des besoins informationnels stratégiques de l’organisation peut être réalisé avec les outils tels que : le schéma systémique, la séance de sensibilisations, la matrice d’intensité concurrentielle, le cycle de renseignement; etc.
• la veille stratégique dans sa phase collecte peut s’appuyer sur les outils tels que : le diagramme du veilleur, le guide de raisonnement tactique (GRT), les outils de veille Internet, la plateforme intégrée de veille, le benchmarking, etc.
• les informations collectées peuvent être analysées grâce aux outils tels que la matrice de Porter, la méthode MULTIPOL, la matrice PESTEL, le mind mapping, etc.
• Etc.

Voilà résumé l’Intelligence économique dans son entendement et sa mise en œuvre. Qu’en est-il de la « Stratégie d’entreprise » ?
A suivre…

2 commentaires
  1. […] Lire aussi : Intelligence économique et stratégie d’entreprise : différence et complémentarité en Afrique …  […]

  2. Aïsso Prudence dit

    Très instructive merci pour l’article

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