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Fonction publique : La gouvernance Talon en perte de crédibilité au sein du peuple

Le test de recrutement à polémique de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) a été finalement annulé suivant la décision du conseil d’administration de cette structure étatique en date du vendredi 2 juin 2017. Une décision qui fait suite à la sortie du président de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ALNC) en début de semaine. Une chose qui, selon des observateurs,  porte entache à la gouvernance Talon.

Le mode de  gouvernance du Président Talon vient d’essuyer son premier revers quant à l’organisation des tests et concours de recrutement dans la fonction publique.  Si le premier coup d’essai  de ce régime avait connu l’adhésion de tous et surtout l’acclamation de bon nombre de Béninois, le second, organisé par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), une structure étatique, l’est beaucoup moins.

Pour donc renforcer son effectif aux fins d’une production plus acceptable sur le terrain et un rendement à la demande du gouvernement du nouveau départ, la CNSS a, par l’entremise du cabinet AGEFIC, décidé de recruter quatre vingt quatorze (94) agents pour le compte de cette année et dans différentes catégories et corps de métiers toujours au sein de cette caisse.

Mais le clou réside dans la sélection, l’organisation et le produit final qu’a présenté cette caisse au bout du processus dont elle est la seule à détenir le secret. En effet, selon les déclarations du président de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ALNC), Jean-Baptiste Elias, « la commission ad’hoc mise en place par la direction de la caisse pour commettre le cabinet en question était déjà le premier faux pas qui caractérise l’organisation de ce test de recrutement ».

Aussi, a-t-il souligné, lors de sa sortie médiatique en début de semaine écoulée, que d’autres irrégularités telles le flou qui a entouré les différentes épreuves de composition, la répartition dans les salles de classe, la mise à l’écart de la personne responsable de passation des marchés publics et bien d’autres faits qui ont malheureusement entaché la crédibilité de ce test au  profit de la caisse.

 Dans un réquisitoire comme à son habitude, Jean-Baptiste Elias a démontré les différentes failles et, en conclusion, a souhaité l’annulation pure et simple de ce concours qui ne crédibilise  aucunement le gouvernement Talon.

 

Mais comme on le dit toujours, « une action appelle une réaction ». Après sa sortie ce mardi et en moins de 24h, les responsables dudit cabinet, celui en charge de ce recrutement, étaient monté au créneau pour démentir et présenter les faits qu’ils jugent être la vérité. Ils avaient même souhaité, lors de leur sortie ce mercredi 31 mai 2017 un débat contradictoire avec le président de l’ALNC.

Mais finalement, ce débat n’aura jamais lieu puisque le conseil d’administration, en sa séance du vendredi 2 juin 2017, avait prononcé l’annulation dudit test et avait souhaité la reprise de ce concours.

Une chose qui leur prouvera, selon leurs dires, de laver l’affront que devrait subir la caisse et surtout le gouvernement Talon dans l’organisation de ce concours de recrutement au profit de la CNSS.

La décision, sur bien d’autres égards, devrait réjouir plus d’uns puisque les cris de gueule et de détresse se faisaient déjà sentir dans l’opinion publique surtout sur les médias sociaux.

Mais hélas, c’est la preuve que le gouvernement Talon, loin de tenir sa promesse de transparence dans l’organisation des concours et tests de recrutement dans la fonction publique, passe aujourd’hui, et ceci complètement, à côté de la plaque.

L’image que vient de présenter ce gouvernement à travers ce test mal apprécié de la CNSS discrédite ses actions et ne garantit malheureusement pas une confiance absolue à ses prochaines organisations comme l’auraient souhaité plus de 65 des Béninois sur 100 en mars 2016.

Après l’annulation…

[ms-protect-content id=”33671″]Le conseil d’administration de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) a annulé le test de recrutement qui devrait permettre à cette structure étatique de renforcer son équipe en personnel plus jeunes et qualifiés. Les dénonciations et coups de gueule des internautes, des responsables des organisations de la société civile, des politiques et de certains candidats ayant participé à ce test de recrutement ont finalement eu raison de la volonté de départ.

La préoccupation qui taraude l’esprit des uns et des autres depuis l’annonce de cette annulation par le conseil d’administration de la caisse est de savoir l’avenir de près de douze mille (12 000) candidats ayant concouru pour ces 94 postes à pouvoir au sein de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).

Si l’on s’en tient au communiqué officiel diffusé par le conseil d’administration à ce sujet, « le concours sera repris avec une égalité de chance ».

Mais le clou à ce niveau, c’est que ce même communiqué n’a pas pu préciser si les mêmes acteurs pourront compétir sans avoir à payer autres frais avant la composition ou si le cabinet reprendra les travaux pour plus de clarté et de transparence dans ce cas.

Si on se rend compte que l’organisation de ce test a coûté, selon les chiffres officiels annoncés, plus de trente (30) millions au contribuable de la caisse, on se demande si des actions plus punitives ne seraient pas nécessaires afin de situer les responsabilités et réprimer, éventuellement, les fautifs à divers niveau selon les textes et réglementations en vigueur en République du Bénin.

« De la direction générale de la caisse jusqu’aux responsables du cabinet en charge du dossier en passant par les membres du comité ad ‘hoc mis sur pied, il faille que le gouvernement situe les responsabilités et traduise, si possible, les fautifs devant les juridictions compétentes aux fins d’une procédure normale »Jean-Baptiste Elias, Président de l'ANLC

Le prochain concours sera-t-il ouvert uniquement aux anciens candidats sans d’autres frais de dossiers ou l’ouvriraient-ils à d’autres afin que ces derniers tentent également leur chance ? » Se demande pour sa part Arnaud, membre des organisations de la société civile.

Et pour le Parti pour la Libération du peuple (PLP), il urge qu’une commission d’enquête indépendante  soit mise sur pied afin de situer les responsabilités.

« Le parti propose que la Direction des Examens et Concours (DEC) soit transformée en une Agence indépendante pour prendre en charge l’organisation de tous les examens et concours nationaux, y compris les concours au profit des ministères, sociétés et offices d’Etat »Léonce Houngbadji, Président du PLP

Mais en se référant aux autres concours annulés dans la République, les chances sont tellement réduites en ce qui concerne la reprise dudit test avec les mêmes acteurs sans autres frais de dossier.

In fine, c’est le gouvernement Talon qui vient de recevoir ce coup qui, loin d’arranger son image au sein de l’opinion publique, n’a fait que raviver la flamme. Et pour ces personnes, la « gouvernance Talon ne serait  plus loin de celle de son prédécesseur si des sanctions ne tombent sur les fautifs  ».[/ms-protect-content]

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