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Vie des partis politiques au Bénin : la grande débandade !

Les dernières consultations électorales au Bénin révèlent, au fil des jours, les failles d’un système partisan au sein de la classe politique du pays. N’ayant jamais réussi à faire élire à la tête de l’exécutif, un homme issu des arcanes des partis politiques depuis lors, les clubs électoraux, comme on les appelle au Bénin,  semblent se diriger droit vers leur Golgotha où se déroulera leur auto crucifixion.

La politique politicienne reprend son droit de cité et continue sa marche, non pas pour le réel développement du Bénin comme l’auraient souhaité ces dix million d’habitants, mais pour servir un groupuscule politique  et une frange de la population ayant jeté son dévolu sur le pouvoir en place. Le fait est d’autant plus constatable qu’il suffirait juste d’analyser les dernières actualités liées à la vie de ces partis politiques et aux décisions au sommet de l’Etat pour s’en rendre compte.

En mars 2016, Patrice Talon, alors opérateur économique, arrive à la tête du pays avec plus de 65% des suffrages exprimés. Cette arrivée de l’homme, et comme il l’avait d’ailleurs promis lors de la campagne électorale, devrait permettre de mettre fin au pouvoir de l’argent dans la politique au Bénin et devrait être également l’occasion d’une profonde réforme  du système partisan dans le pays.
Les premiers mois de sa gouvernance avait certes annoncé les couleurs mais qui se sont étiolées au fil du temps compte tenu désormais de la réalité du pouvoir à laquelle il fait face.

Pour un homme n’ayant jamais milité dans un parti politique, assurer la présidence du pays pourrait être très difficile s’il ne s’assure pas de la constitution d’une majorité au sein du parlement composé avant son arrivée.

Le déclic d’une politique politicienne a été donc l’introduction et le refus au parlement du projet de loi portant révision de la constitution du Bénin. Depuis ce fameux vote de la non prise en compte dudit projet, on constate sans gêne les soubresauts des différents acteurs politiques et l’élan parfois incertain  de certains chef de fil de ces  partis politiques.

Le Sauve-qui-peut des politicards béninois

Les acteurs politiques du pays n’ont pas attendu assez longtemps  avant de se lancer dans la course qui part d’ailleurs dans tous les sens.

« Une échappée politique mal organisée, moins coordonnée et parfois aussi mal pensée », s’est exprimé Joël, journaliste politique.

Aussitôt  le projet de loi portant révision de la constitution du Bénin rejeté que ces acteurs jettent eux-aussi, le masque qui leur servait de couverture et qui faisait d’eux, les honorables au sein de leur électorat.

Trahison, duperie, non respect des consignes, déchirure de la cohésion du groupe, manque de leadership pour des actions concertées, bref, tout est presque sens dessus, sens dessous au sein de cette classe politique qui peine aujourd’hui à retrouver ses vraies marques.

Le top de ce marathon politique afin de vite atteindre le trophée du nouveau départ a été donné par les députés de l’alliance ABT pourtant au gouvernement et ceux de la RB-RP. Des déclarations de toute sorte, l’opinion publique nationale et internationale en a enregistré. Pour certains, c’était le meilleur choix et pour d’autres, il faut embrouiller les cartes afin qu’échouent sur ce plan, les réformes constitutionnelles et institutionnelles du Chef de l’Etat béninois.

Après donc ce vote, des soutiens pleuvent de toute part. Soit pour soutenir le Président de la République dans sa nouvelle orientation politique, soit pour affirmer davantage sa position aux côtés du peuple pour lequel le choix a été fait.

La défragmentation des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), la coalition politique dévouée aux idéaux de l’ancien Chef de l’Etat, Thomas Boni Yayi, le reniement total, par les députés et membres de cette alliance,  de leur mentor, la crise ayant conduit finalement à la destitution et à l’exclusion du président de la Renaissance du Bénin (RB), Léhady Vinagnon Soglo, la déchirure et les jeux de chaises orchestrés au sein des autres formations politiques du pays et dans les groupes parlementaires au palais des gouverneurs à Porto-Novo, sont autant d’actes qui prouvent que le système partisan est plus que jamais absent dans la conduite des affaires politiques dans le pays.

Ces partis politiques, s’il convient de les appeler toujours ainsi, ont été formés sur des intérêts et le leader du parti est le “dieu” de cette formation avec un droit de véto inébranlable. Un tel pouvoir parce que tout lui revient. De la chaîne de dépense à celle des décisions, il est le métronome qui devrait s’occuper de tous.  In fine, il est le maître à tout faire.  Dans ces conditions, l’intérêt général de la nation, celui de leurs militants est loin de faire leur préoccupation.

Sans autre procès, on note avec aisance que ça  grouille dans tous les sens et pour Nathanaël, analyste politique, « c’est déjà la grande bataille pour les prochaines joutes électorales et l’argent est encore plus présent dans la politique qu’avant ».

Des débauchages, des achats de conscience, des discours démagogiques pour bénéficier de l’accord de tel ou tel acteur politique, tout l’arsenal est désormais mis en ouvre afin qu’aucun acteur ne soit laissé sur le quai.

« Pour la réussite du mandat quinquennal, nous allons déployer la grande artillerie », s’est engagé résolument le ministre de la justice, garde des sceaux, Joseph Djogbénou,  au lendemain du vote de rejet du projet de loi portant révision de la constitution. Même engagement du côté du Président de la République qui se dit « désormais prêt pour une politique de ruse s’il le faut ».

« Ce méli-mélo qu’on observe dans le pays devrait interpeler la conscience de tout acteur afin que les réformes nécessaires soient apportées au système partisan béninois », préconisent certains observateurs interrogés sur la question.

Pour l’heure, ce n’est que le début d’une bataille qui se poursuivra jusqu’en 2021 avec l’élection présidentielle. Les différentes tractations vont alors se poursuivre, les manœuvres politiques agiteront l’opinion publique et les machinations continueront de défrayer la chronique. Mais tout ceci, au gran dam du peuple béninois.

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