La première télé béninoise 100% Web

La sécurité économique comme moyen de performance des entreprises (2 sur 3)

Dans les précédentes parutions de l’Ecole Internationale de Détective et de Stratégie (EIDS), l’accent a été mis sur des éléments comme les outils de pilotage, la stratégie, etc.  Soucieux d’aider les entrepreneurs, le fondé de l’EIDS, Mr Clovis Adanzounon et ses Experts vous proposent d’aborder ici un autre moyen déterminant dans la survie et la performance de l’entreprise à savoir : la sécurité économique. En quoi consiste-elle ? Quels sont les impacts de sa non prise en compte dans le cadre global de gouvernance et que faire à l’avenir ? Ce sont là les principaux axes de notre développement.

A lire aussi: La sécurité économique comme moyen de performance des entreprises (1 sur 3)

Impact du défaut de sécurité économique au sein d’un Etat ou d’une entreprise

Longtemps perçu que par sa dimension financière, la performance, notamment celle des entreprises se révèle portée par plusieurs variables tant quantitatives que qualitatives. Et c’est fort de ce principe de pluralité qu’il est nécessaire tant pour l’entrepreneur que le gouvernant de faire attention à tout ce qui touche à son unité.

Quelques exemples d’impact de défaut de sécurité économique au niveau des Entreprises

Toute entreprise, quel que soit son secteur d’activité doit, au-delà des procédures de gestion se doter d’une politique de sécurité économique.

En effet, il y a dans les unités de production une multitude de risques souvent banalisés. Il s’agit souvent des risques de fraude ou de détournement. Que ce soit dans un garage automobile, dans une unité de brasserie, d’agro-alimentaire, de cimenterie, d’exploitation pétrolière, d’imprimerie, etc., les acteurs (ouvriers, prestataires), développent des comportements de soustraction frauduleuse ou de services non exécutés qui à l’échelle de l’ensemble du personnel constituent un coût caché pour l’entreprise. Même dans le cas où des bons gratuits sont autorisés, quand ils ne sont pas suffisamment encadrés, l’abus du à l’usage multiple de ces bons peut générer d’énormes manques à gagner dont le cumul conduit inexorablement à la faillite.

Ainsi par exemple, dans une unité de production avicole de (10) agents, si chaque employé enlevait frauduleusement ou cassait indument (02) œufs par jour, on aura en moyenne à la fin de l’année un manque à gagner de 7300 œufs soit 304 plateaux de 24. Donc environ 912.500 FCFA à raison de 3.000 FCFA le plateau.

Cet exemple peut être reproduit dans tous les domaines, tous les secteurs à quelques exceptions près.

Notre cabinet APIAS et l’EIDS ont des outils nécessaires pour mettre en place une cellule de contrôle afin de permettre aux entreprises d’être à l’abri de ces coûts cachés dont le cumul conduit très souvent au dépôt du bilan à la surprise de tout le monde.

Mais le constat aujourd’hui révèle que beaucoup de chefs d’entreprises ont la tête dans le guidon et se focalisent beaucoup plus sur les ventes et les marges bénéficiaires, laissant inconsciemment ces hémorragies invisibles s’opérer à leurs dépens.

Il y a donc lieu de prendre en compte la nécessité de définir en amont dans le cadre d’une entreprise une politique de sécurité économique.

Par ailleurs, des menaces sur les Etats affectent très généralement les entreprises. Et il est plus que nécessaire pour les entrepreneurs de tenir compte de ces paramètres. Chacun pouvant tirer profit d’une situation selon ses capacités.

Quelques exemples d’impact de défaut de sécurité économique au niveau des Etats

Selon le rapport FMI « perspective économique régionales Afrique subsaharienne » d’Avril 2016, le coût économique du terrorisme s’est notamment accru au Nigéria et au Tchad depuis 2011, et il y dépasse désormais la moyenne de l’Afrique subsaharienne et des pays à faible revenu. Il a également augmenté au Cameroun et au Kenya au cours des cinq dernières années. Il ressort des données que le terrorisme porte également atteinte aux recettes, aux dépenses, au tourisme et à l’investissement direct étranger. De manière plus précise, outre les conséquences tragiques du terrorisme sur le plan humanitaire et social :

  • Au Nigéria, la région principale productrice de pétrole connait des attaques sur les installations pétrolières. Ceci a évidemment touché la production du Pays qui a produit tout au long de l’année 2016 environ 1, 8 millions de baril par jour alors qu’il a une capacité de production de 2,2 millions de baril par jour. Les entreprises dans ce secteur sont donc fortement touchées par les actions de revendications et d’enlèvement.
  • Au Cameroun, la menace du terrorisme se concentre également dans les régions rurales et pauvres, mais elle a provoqué une augmentation des dépenses de sécurité dont l’impact budgétaire se situe aux alentours de 1 à 2 % du PIB. Concrètement, en considérant l’estimation du FMI, la guerre contre le terrorisme a déjà coûté entre 170 et 340 milliards de francs Cfa au Trésor public camerounais. Ces moyens colossaux dépensés dans l’effort de guerre pouvaient être utilisés au développement des infrastructures communautaires par exemple.

  • Au Tchad, pays détenteur de 94 millions de têtes de bétail, l’élevage est le deuxième secteur économique et le premier pourvoyeur d’emploi. Mais, du fait de l’insécurité aux frontières, il ne peut plus exporter son bétail, en particulier au Nigeria, son principal « client ». De même, les pêcheurs tchadiens et nigérians ont fui cette région du Lac Tchad tout en regrettant que les mesures prises par les différents gouvernements ne soient que sécuritaires. L’impact budgétaire du terrorisme est estimé à près de 1½ % du PIB non pétrolier soit environ 76 milliards de FCFA. Au de-là de l’Etat ce sont les acteurs économiques qui sont durablement impactés par cette menace extraterritoriale.
  • Au Niger, les crédits budgétaires destinés à la sécurité ont augmenté de 3,6 à 5,2 % du PIB entre 2012 et 2015 soit de 250 millions US à 371 millions US. Le commerce est aussi touché dans ce pays. Les marchés de poissons fumés et de poivron ont été sévèrement touchés. Le manque à gagner est énorme. Les poissons de la région de Komadougou Yobé et du lac Tchad génèrent 20 milliards de francs CFA de revenus annuels. Mais ces zones de captures sont truffées de mines et de combattants insurgés qui profitent des activités de la région pour se financer et se ravitailler.

  • Au Kenya, l’impact le plus visible sur le plan économique s’est limité à ce jour au repli des arrivées de touristes (en baisse de 17 % durant les trois premiers trimestres de 2015 par rapport à la même période de 2014) ; ce qui fait environ 113 042 tourismes en moins en 2015 que par rapport à 2014.

Influence indirecte des actions de l’Etat ou des acteurs étatiques sur la performance des entreprises

De façon indirecte, la performance d’une entreprise peut être tributaire des décisions et actions des gouvernants et du jeu des acteurs sociaux dans le système de la gouvernance. En effet, l’Etat garant de la sécurité peut aussi participer directement ou indirectement à la mauvaise performance, à l’échec des entreprises ;  donc à la floraison ou à la disparition des entreprises.

Si l’adage « trop d’impôt tue l’impôt » est connu et compris de tous, ce n’est pas le cas des grèves. Cet outil d’expression de la liberté peut s’avérer très néfaste pour la vie des entreprises.

Ainsi, par exemple des grèves dans certains secteurs névralgiques comme la justice peuvent impacter négativement la vie des entreprises.

De la même manière, les grèves dans l’enseignement influencent d’une manière moins marginale le secteur des petits métiers, des transports, les ménagères-vendeuses, les institutions de micro finances.

Des mesures politiques telles que les « casses », les délogements, les déplacements peuvent être source de contre-performance des très petites entreprises (TPE), les institutions de micro finances et même les banques. Il en est de même des effets pervers de la corruption dans un pays où l’impunité est érigée en système.

A suivre…

1 commentaire
  1. ccccccc dit

    ccccccccccccccccccccccccccc

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.