La première télé béninoise 100% Web

Révision ou réécriture de la Constitution de 90 : Finie la récréation, on se remet au travail !

On le savait tous, le projet de réforme constitutionnelle présenté par le gouvernement béninois n’avait aucune chance de prospérer si sa seule qualité était le facteur déterminant de son sort. Même ceux qui défendaient, et qui défendent peut-être encore, ce projet, le faisaient malgré eux, arborant des raisons les unes aussi gag que les autres. Tellement l’exercice est laborieux que de défendre l’indéfendable !

Il faudrait peut-être se demander si le gouvernement n’avait pas fait exprès de proposer un tel texte pour jauger l’intelligentsia béninoise. Sinon, le gouvernement et son chef voulaient peut-être voir si l’argent suffirait à tout gagner. Nous avons eu droit à une réponse à l’hémicycle hier. On n’était tout de même pas loin de sinistre national. L’angoisse, la peur et la crainte du pire étaient passées par là.

Le suspens était maintenu dans le débat par l’étonnant pouvoir de l’argent dans l’arène politique, pas que chez nous. On a eu même droit à un aveu de la reine mère de la maison. C’est peut-être une stratégie de choc. Vrai ou faux ? son impact sur la psychologie du vote est peut-être avéré.

Revenons-en au fond du sujet. Le commandant en chef, le meneur de bataille, professeur émérite de son Etat, en était arrivé à affirmer lors de sa récente sortie médiatique que nous étions face à deux maux, parlant de la légendaire et résistante Constitution de 1990 et celle qu’il nous propose aujourd’hui ; et qu’il faudrait choisir le moindre des deux maux. S’il reconnait et avoue que son propre texte est un « mal », il aurait été plus intéressant de le garder dans ses brouillons au salon privé pour une éventuelle publication en essai politique ; on préfère le mal qu’on connait, parce qu’on sait exactement à quoi s’en tenir. Mieux, la Constitution en vigueur en République du Bénin est très loin d’être un mal. Un « mal » aussi chéri, aimé et protégé depuis bientôt trois décennies, par un peuple aussi habile ?

La Constitution du Bénin est une référence mondiale, un très précieux bijou chez nous, un trésor national auquel le peuple a toujours réitéré un attachement aussi fort, un patrimoine qui résiste à tout y compris à elle-même. Nous venons d’avoir une nouvelle preuve que les esprits qui l’ont élaborée méritent honneurs et profonds respects. Bravo à ces braves qui avaient accompli leur mission en leur temps, pour eux-mêmes et pour les générations futures !

Notre loi fondamentale est perfectible certes, mais il faut savoir la toucher, sinon on l’apprend à ses dépens. Le texte qui viendra la remplacer sera vraiment assez proche de la perfection. Ce n’est clairement pas le cas du texte qui nous est proposé et qu’une poignée de députés, non sans une pression populaire certaine, vient d’envoyer au cimetière. Toutefois, nous pouvons améliorer les choses sans bousculer ce précieux texte qui nous régit ; il suffira d’y mettre la volonté. La Constitution de 1990 n’est coupable de rien.

Mais si nous tenons à la peaufiner, c’est peut-être l’occasion de suivre les pas de ceux qui l’ont produite : une démarche inclusive et participative au plan national est un impératif. Toutes les couches de la société doit sentir leur participation afin d’assumer collectivement comme depuis toujours les conséquences qui en découleraient. Rappelons-le, la démocratie, c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. C’est le peuple qui exprime et décide de ce qu’il veut pour lui-même. Un peuple qui est conscient de ce pouvoir qui est le sien, ne laissera pas quelqu’un, fut-il président superpuissant et surdoué, le faire à sa place. Ce n’est pas un défi personnel, en tout cas pas au Bénin.

En attendant, tournons la page de ces semaines poignantes et pénibles qui ont absorbé tant d’énergie à la Nation béninoise et rattrapons, si nous le pouvons encore, le temps perdu. Il y a des urgences dans le pays, il y avait des problèmes vitaux, on en a créé d’autres. La tâche est immense et le défi colossal. Compatriotes et patriotes, on se remet au travail pour avancer ensemble.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.