Palais des gouverneurs: désormais une bipolarisation qui vicie le jeu démocratique

L’Assemblée Nationale est une institution de contre pouvoir. Cette mission régalienne donnée à cette institution de la république est souvent très mal perçue par les personnes chargées de l’animer. Ainsi, l’Assemblée Nationale se laisse souvent inféoder par le pouvoir exécutif dont elle est constitutionnellement appelée à contrôler les actions.

Les députés de la septième législative ne semble pas échapper à cette influence que le pouvoir exécutif à tendance à exercer sur l’institution parlementaire. Avec le développement des dernières activités relatives à la constitution de la révision de la constitution au sein de l’hémicycle, deux blocs se sont dégagés et se consolide au jour le jour. Il s’agit du bloc constitué de 23 députés appelés ‘’la minorité de blocage’’ et 60 autres députés qualifié du bloc acquis à la cause du gouvernement.

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Cette bipolarisation qui se dégage au sein de l’Assemblée Nationale risque dangereusement de fausser le jeu démocratique au sein du parlement et les signes le prouvent à suffire.

Par exemple, en fin de semaine dernière, selon une source proche du palais des gouverneurs, il a été rapporté que des parlementaires favorables au président de la république ont été reçue en audience par le Chef de l’Etat. Si rien n’a filtré de cette rencontre, il se sussure que l’actualité nationale a été revisitée et certains projets de loi furent présentés au représentants du peuple présents à cette rencontre.

Il faut rappeler ici que lors d’une sortie médiatique après le rejet du projet de révision de la constitution, le garde des sceaux, le ministre Joseph Djogbénou avait parler de 60 députés qui seraient acquis pour le gouvernement: des propos répétés par le chef de l’exécutif quelques jours après suite à une sortie médiatique.

Ces affirmations et des actes subséquents montre que l’exécutif a désormais une majorité acquise à l’Assemblée Nationale sur qui il peut compter pour faire passer toutes ses propositions de loi. Si la chose en elle-même n’est pas un problème, l’esprit dans lequel les parlementaires fonctionnent aujourd’hui et fonctionneront davantage demain après le rejet du projet de révision de la constitution risque d’handicaper l’institution parlementaire dans le rôle qui est le sien dans la république.

De son côté, le bloc de la minorité oeuvre aussi à maintenir en leur sein une sorte de cohésion qui pourrait se manifester à l’avenir par des actes mécaniques. La visite rendue hier par ce bloc à leur collègue Affo Tidjani suspendu par le bureau politique de l’Alliance pour un Bénin Triomphant (ABT) est l’expression même de la minorité des 23 députés à marcher désormais ensemble au sein de l’hémicycle.

Tous ces actes d’apparences anodines faussent dangereusement le jeu démocratique au sein de l’hémicycle en ce sens qu’ils influenceront le libre arbitre de chacun dans sa prise de position. Ceux qui sont acquis au gouvernement donneront carte blanche aux projets de loi pas parce qu’ils sont convaincus de la qualité de la loi, mais par fidélité au groupe ‘’G60’’.

Dans cet atmosphère, se sont les débats au sein de l’assemblée Nationale qui seront biaisés, se sont des lois à polémique qui seront votés donnant libre court à tous les mouvements d’humeur des partenaires sociaux et le terrain est ainsi déblayé pour faire de la politique “avec rage et avec ruse”.

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