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Bénin/Gouvernance : la nouvelle offre politique de Patrice Talon

Les premiers mois de la gouvernance Talon auraient particulièrement marqués les Béninois qui y ont vécu, pour la toute première fois sous l’ère du renouveau démocratique, une gestion axées sur des décisions antisociales. Contraints de subir, ces citoyens s’y habituent et les cris de gueule s’étiolent au moment où le Chef de l’Etat en profite pour faire « sa politique de rage ».

 Le gouvernement de Patrice Talon désormais engagé dans une politique à la béninoise. Cette forme de politique, ne se basant sur aucune orthodoxie démocratique, consiste à se vexer dans du populisme, dans les effets d’annonces et dans des cabales visant à anéantir son prochain à tout prix, peu importe son statut et son rang social.

Mais malheureusement, cette forme de gouvernance n’est pas du genre du Béninois qui aime, au-delà des grandes décisions constructives dont il s’en fout pas mal, son « maigre pain quotidien ».

Le concept de la rupture était, selon ses chantres, lancé pour combattre cette forme de gouvernance et théâtralisation du pouvoir d’Etat. Une volonté soutenue par la coalition qui avait porté, lors du second tour de la présidentielle de Mars 2016, Patrice Talon au pouvoir. Les clauses, selon le protocole d’accord signé entre deux tours de la présidentielle,  étaient d’amorcer un nouveau départ en finissant avec les concepts fallacieux dont s’abreuvaient le peuple sous le régime Yayi.

Le début de toute chose est toujours difficile, clament souvent les grands inventeurs de ce monde. Mais les débuts de la gouvernance Talon sont extrêmement si difficiles qu’il a perdu la confiance du peuple et a fait disparaître la ferveur et l’euphorie observées sur les visages au soir de la présidentielle du 20 mars 2016.

Du climat de mécontentement dans le pays, le Président Talon en était aussi conscient et avait tenté, dans l’une de ses rares sorties du début, « d’inviter ses concitoyens à serrer davantage de ceinture ». Il avait privilégié les actions aux discours souvent démagogiques des politiciens béninois. Pour lui, les actions devront prouver sa détermination à redresser la barre économique du Bénin.

Mais malheureusement, cette forme de gouvernance n’est pas du genre du Béninois qui aime, au-delà des grandes décisions constructives dont il s’en fout pas mal, son « maigre pain quotidien ». L’équipe de Talon, comportant pourtant des caciques des régimes successifs défunts, cette leçon a été « non sue » tout simplement. Mais l’affront subi par le Président de la République suite au rejet de son projet de révision de la constitution du 11 décembre 1990 lui a désormais ouvert les yeux et lui a permis de découvrir « la vraie face des Béninois ».

« On fera désormais de la politique pure. Si elle se fait avec de la rage, nous la ferons, si c’est avec de la ruse, nous la ferons également ». S’engage le Président Talon au lendemain du vote du rejet au palais des gouverneurs de son projet de révision de la constitution. Depuis lors, les choses ont radicalement changé.

La bataille médiatique

 Le concept de la normo-communication instaurée au lendemain de l’investiture du Président Patrice Talon semble de plus en plus déserter le forum au profit de la propagande, la communication sensationnelle et émotive.

« La rage politique s’est désormais emparée du Chef de l’Etat béninois qui, à vouloir s’expliquer sur tout, se contredit et se confond », fait remarquer Anatole, journaliste politique à la chaîne camerounaise Vision 4.

En espace de quelques semaines, sous le prétexte de l’an un (1) de sa gouvernance à la tête du pays, Patrice Talon a arpenté les couloirs des rédactions surtout des chaînes internationales pour des entretiens, interviews et déclarations. L’unique objectif, « rendre plus visibles ses nombreuses actions à la tête de son pays depuis son avènement au pouvoir ».

Gaston Zossou semble donc faire son come-back sur l’échiquier politique avec un cahier de charges bien défini : soigner l’image désastreuse que présente la communication gouvernementale du Président Talon.

« Faute d’un bon communicateur politique, le Chef de l’Etat a arboré cette casquette afin que ses ambitions ne soient intentionnellement déformées le plongeant davantage dans l’abîme au sein de l’opinion publique », déclare avec amertume Albert Faton, spécialiste en communication politique. Pour lui, « il est vraiment déplorable que le Chef de l’Etat ne soit pas en mesure de se faire entouré des personnes pouvant véritablement assurer une communication à la hauteur de ses ambitions ».

Même constat du côté de Mousinath Adissa, membre de la société civile qui trouve « qu’il manque lamentablement un porte-parole, un communicateur avéré et averti au sein du gouvernement Talon ».

 Ce constat a été aussi fait au sein de l’équipe qui entoure Talon puisque la sortie médiatique de l’ancien porte-parole du gouvernement Kérékou, actuel directeur général de la Loterie Nationale du Bénin, Gaston Zossou n’est du tout pas un hasard. Une sortie diversement appréciée d’ailleurs par les médias locaux qui y voient, dans leur grande majorité, « un appel du gouvernement qui se sent déjà essoufflé dans cette course et qui manque d’autres stratégies communicationnelles ». « Il fallait donc faire recours aux services de l’homme réputé dans l’art rhétorique et dans la communication gouvernementale », soutiennent à tord ou à raison certains observateurs de la vie politique du pays.

Gaston Zossou semble donc faire son come-back sur l’échiquier politique avec un cahier de charges bien défini : soigner l’image désastreuse que présente la communication gouvernementale du Président Talon. Aux grands maux, les grands remèdes, dit-on souvent. Face aux critiques acerbes mais parfois constructives qu’adresse le peuple béninois à l’encontre du régime Talon, le chef de file du nouveau départ, se lançant dans la politique politicienne, se dit résolument engagé à plaire aux Béninois de par ce qu’ils aiment le plus : la propagande.

Le clou, c’est que Gaston Zossou, malgré son statut d’acteur de la rupture qui s’est lancée dans un nouveau départ,  n’occupe malheureusement pas une position dans le gouvernement pouvant lui permettre de jouer le rôle qu’on lui connaît de par le passé. La grande gueule de Gaston Zossou pourrait-elle lui permettre de connaître une promotion les jours à venir en intégrant la prochaine équipe gouvernementale de Patrice Talon ? Grande interrogation mais les bruits de couloirs se font de plus en plus  assourdissants à ce sujet.

A la suite du Chef de l’Etat, les ministres se sont également lancés dans la danse pour la même finalité : mettre un zoom sur les différentes actions de leurs départements ministériels respectifs. Les sorties en boucle de ces acteurs jadis techniques mais qui se sont mués en des politiciens avérés font dire aux Béninois « qu’il n’existerait désormais qu’un léger pas pour que le Bénin retombe dans le populisme et la propagande d’antan ».

Le tandem Talon-Rodriguez

La rage politique qui s’est emparée de la gouvernance Talon ne l’a pas empêché de procéder à des consultations et de véritablement révéler le flair politique qui a toujours sommeillé en lui. Opérateur économique jadis, l’homme a toujours été le mécène des politiciens béninois et a donc, par ce fait, une connaissance un peu plus large de l’animation de cette vie. Mais de sa position d’outsider   et le contact de la réalité du pouvoir, il y a bien un fossé. Et ce gap a été notamment constaté dès les premières heures de sa gouvernance au sommet de l’exécutif.

Du statut de rival, les deux hommes se sont encore confrontés sur le champ politique où ils sont devenus des adversaires.

Le parcours de Patrice Talon dans le monde des affaires n’avait pas plait à tous ces opérateurs économiques qui, comme lui, investissaient dans le domaine du coton. Au nombre de ses éternels concurrents, Martin Rodriguez. Ce dernier, installé sur la terre ivoirienne depuis plus de dix (10) ans est béninois intervenant dans la chaîne de la filière coton.

La brouille entre Martin Rodriguez et Patrice Talon tire sa source de l’écartement du premier lors de l’appel d’offre internationale gagnée par la société de Talon. Contraint à l’exile pour que soient protégées les affaires de Patrice Talon, ancien donateur et allié financier de Thomas Boni Yayi en son temps, Martin Rodriguez  n’a jamais digéré ce fait et les deux gros bonnets se sont toujours  regardés en chiens de faïence.

Du statut de rival, les deux hommes se sont encore confrontés sur le champ politique où ils sont devenus des adversaires. Martin Rodriguez s’est toujours opposé à la volonté de Patrice Talon de se lancer dans la politique. Il est à souligner qu’il a été le premier « opposant » de l’homme et l’a fait savoir au lendemain même de l’élection de Talon en mars 2016 avec la création de son parti de l’opposition dénommé Parti Démocrate (PD).

Lors de cette sortie médiatique, Martin Rodriguez affirmait « qu’à l’époque où Patrice Talon était opérateur économique, il pouvait empêcher ses concurrents et enterrer les projets d’investissements ». Aujourd’hui que l’homme est élu Président de la République du Bénin, Martin Rodriguez s’était demandé s’il ne mettra pas tout en œuvre pour recaler ses concurrents d’antan afin de toujours régner en maître par l’entremise de ses entreprises. Une hypothèse qui a été, par la suite confirmée au regard des différentes décisions prises en faveur de ses sociétés en mauvaise posture vers la fin de la gouvernance décennale de Thomas Boni Yayi.

Mais malgré tout ce qui se dit sur la gouvernance Talon, l’homme semble rester droit dans ses bottes et a compris qu’il faille réunir les forces vives de la nation afin de faire décoller le pays. « Nous allons miser sur les investisseurs tant nationaux qu’internationaux pour le financement et la réalisation du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) », a promis Romuald Wadagni, ministre de l’économie et des finances.

« Dans ce cadre et voyant déjà l’éloignement du magnat de la volaille, Sébastien Germain Ajavon, le Chef de l’Etat devrait se tourner vers d’autres opérateurs économique à la tempe de l’homme de Djeffa qui n’entend plus pâtisser avec le régime en place », s’est exprimé Nathanaël  Kiti, politiste interrogé par nos confrères de l’ORTB après la rencontre entre les deux hommes.

C’est donc une nouvelle alliance que tente de faire ces deux personnalités pour le bien-être économique du Bénin. Mais pour certains Béninois, « c’est un mariage de façade qui  vise seulement à  prouver à Sébastien Germain Ajavon qu’il n’est et ne sera pas le seul sur qui il pourrait compter financièrement pour la réalisation des objectifs contenus dans le PAG quinquennal ».

Pour Nathanaël Kiti, la démarche du Président Talon est à saluer. « Il faudrait que les autres opérateurs abandonnent leur égo et acceptent la main tendue du pouvoir en place pour la construction du pays », a-t-il souhaité vivement.

Cet appel pourrait être entendu puisque les bruits du couloir qui parviennent à notre rédaction annoncent une nouvelle plus décisive entre le Président Talon et Samuel Dossou Aworêt, l’autre opérateur économique béninois résidant en Suisse. Cette nouvelle approche du Chef de l’Etat pourrait, si elle est marquée d’un sceau de sincérité pour l’intérêt de la nation, impacter l’économie du pays et permettra aux citoyens de pousser des bouffées d’oxygène.

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