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Loi sur le renseignement: un contrôleur général de police relève les incohérences

Au Bénin, la proposition de loi portant recueil du renseignement introduite à l’Assemblée nationale le 16 février 2017 par le député Nassirou Bako-Arifari continue de susciter des débats. Dans un entretien accordé à la rédaction de Bénin Web Tv, le Contrôleur Général de Police à la retraite, Clovis Adanzounon a relevé les incohérences de cette loi. Selon ce dernier, il y a un peu d’amalgame dans cette loi car dit-il, la loi est bien relative à la procédure de mise sur écoute et non au recueil du renseignement.

« La proposition de loi qui est actuellement sur la table des députés portant recueil du renseignement au Bénin n’a pas fait cas du recueil du renseignement numérique. (…) Il y a un peu d’amalgame dans cette loi. Cette loi parle de recueil du renseignement. Non ! (…) C’est plutôt la procédure de mise sur écoute parce que dans tous les articles on décrit comment on peut mettre sur écoute une personne, mais la collecte du renseignement a été occultée » a-t-il fait savoir.

Pour collecter du renseignement, on n’a pas besoin d’une autorisation.Clovis Adanzounon

Pour Clovis Adanzounon, ancien Directeur de la Brigade Economique et Financière (BEF), actuel Président Directeur Général de l’Agence Privée d’Investigation et d’Analyse Stratégique (APIAS), la collecte des renseignements généraux que ça soit dans le domaine social, économique, politique, scientifique ouenvironnemental ne saurait être subordonnée à une autorisation fut-elle régie par une loi.

Par ailleurs, il estime que si loi, il devrait y avoir sur le recueil du renseignement, elle devrait être l’émanation du gouvernement et non des députés. « (…) Ça doit être un projet de loi. C’est le gouvernement qui doit faire ce projet de loi en fonction des difficultés que ces fonctionnaires rencontrent dans la collecte du renseignement. Apparemment, cette loi ne sera pas opérationnelle » a-t-il fait savoir.

Pour ce qui concerne la collecte des renseignements généraux, Clovis Adanzounon estime que l’Etat peut envisager un partenariat public-privé car, dit-il, on ne peut pas recueillir de renseignements sans les privés. « Même les structures font recours aux privés (…) mais le temps évoluant, il vaut mieux que ce partenariat soit établi à travers des lois ou des règlements d’Etat » a-t-il conclu.

1 commentaire
  1. Ablawa Eugenie DOSSOU AMOUSOU dit

    Monsieur ADANZOUNON fait des remarques certes pertinentes, cependant discutables. Mais l’intéressé finit malheureusement par décrédibiliser son analyse lorsqu’il commence à clamer tout de go, sans vergogne ni scrupules pour sa paroisse de boite privée d’intelligence, la nécessité d’un partenariat public privé en matière de renseignement. Monsieur ADANZOUNON est ouvertement en quête de marche pour sa boite. Mais ce qu’il oublie est que le renseignement partout et toujours s’appuie aussi bien sur des informations de source officielle (Renseignements de source judiciaire ou policière eux même structures à partir d’informations de sources prive et officielle), que sur des renseignements de source privée, sans que jamais il n’y ait eu à aucun moment besoin de contrat de partenariat public privé, vu le caractère volontairement occulte des sources forcement protégée. ET cela fonctionne parfaitement. Et asserter ouvertement de façon si intéressée comme il le fait qu’on ne peut pas recueillir de renseignements sans les privés, relevé d’un truisme de mauvais aloi. Car à ce sujet, il n’y a pas débat, car tout sachant en la matière sait par définition, que les deux sources sont indispensables et intensément exploitées. On n’a pas besoin de loi pour cela. Ce Monsieur a écrit parce qu’il voulait d’abord montrer qu’il est un sachant, puis ensuite attirer l’attention sur sa société privée de renseignement, mais il est allé trop loin avec trop d’affirmations prétoires à dessein orientées et qu’il prend a tort comme une science. Il n’en est absolument rien.
    Maintenant, si l’intéresse veut suggérer que les Agences officielles structurent et formalisent avec des Agences privées des partenariats de types varié comme dans nombre de systèmes au monde (Agences de Détectives Privés ou autres) – Ce qui peut bien être pris en compte dans les textes querellés- le débat engagé pourrait prendre des allures plus saines et utiles au progrès.

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