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Guerre économique (2/3) : la normalisation est-elle profitable à l’Afrique ?

Dans une série de publication, le Président Directeur Général de l’Agence Privée d’Investigation et d’Analyse Stratégique (APIAS), Clovis Adanzounon nous entretient sur la thématique de la guerre économique. La semaine dernière, il a été question des dispositions que prennent les Etats africains pour faire face à la guerre économique qui fait rage dans le monde. Aujourd’hui, il nous amène dans les méandres des effets sur l’Afrique du contraste de la guerre économique et de la normalisation. Lisez plutôt.

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La guerre économique se manifeste par la suprématie. On recherche la suprématie par tous les moyens ; dominer l’autre étant le but ultime. La recherche de suprématie se manifeste tant entre Etat que dans les entreprises. Elle passe par l’effort de recherche, la mise en place de norme (ISO, etc.) et le développement de capacité à contenir les autres par tous les moyens.

Les indices les plus divers sont donc élaborés et des rapports de performance sur la base de ces indices sont produits et ventilés selon l’objectif poursuivi (Doing Business, IDH, Rapport FMI, Rapport Banque Mondiale, Rapport ONU, etc.) en sont les illustrations. La pluralité des rapports et leurs diversités font perdre la tête à plus d’uns. On ne sait plus dans quel registre classé les pays autres que ceux déjà développés.

Par exemple, selon l’IDH (indice de développement humain évaluer le niveau de développement humain des pays du monde), les pays tels que Iles Maurice, Les Seychelles font partie des pays ayant un développement humain élevé (63ème et 64ème sur 188) quand bien même ils occupent les 128ème et 177ème place pour le PIB nominal en 2015. Au point du classement Doing Business 2017, Iles Maurice, Les Seychelles occupent respectivement la 49ème et la 93ème place selon les critères d’amélioration des cadres des affaires.

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Il se dégage que ces différents outils de performance sont élaborés par les autres et nos pays doivent faire des efforts pour s’y insérer voire exceller dans leur utilisation faute d’être mis à l’écart dans les négociations, les financements, etc. Comme c’est le cas du Rwanda.

En effet, selon le dernier rapport, le Rwanda fait partie des économies les plus performantes car classé 2ème pour ce qui est de l’obtention des prêts, 4ème pour le transfert de propriété, avec l’introduction d’une réforme qui réduit à 12 jours le délai pour effectuer des mutations, contre 22 pour les pays membres de l’OCDE. Il dépasse donc des pays qui aujourd’hui sont considérés comme développés dans des secteurs spécifiques.

Ce n’est pas mauvais en soi. Reste qu’on réfléchisse à comment faire pour imposer à notre tour des outils aux autres. Et c’est là tout le défi car, tous ces outils, sont des moyens d’influence directe ou indirecte ; de conditionnement direct ou non qui peuvent être exploités ultérieurement dans le cadre des accords de financement.

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