Déguerpissement à Cotonou : quand Toboula devient un problème pour Talon

Au Bénin, le gouvernement du Président Talon, dans l’optique de moderniser les grandes villes du pays, a lancé le 04 janvier 2017 l’opération de déguerpissement des occupants anarchiques des espaces publics. Cette opération qui est mise en œuvre à Cotonou par le Préfet Toboula semble avoir généré au régime Talon, plus de problème a géré que de satisfecit.

En effet, le 20 janvier 2017, le Préfet Toboula a interdit la prière musulmane des vendredis dans les rues de Cotonou. Cette décision, perçue par la communauté musulmane béninoise comme un affront, a généré une crise sociale à laquelle le gouvernement, notamment le Chef de l’Etat s’est personnellement impliqué pour calmer les esprits. C’était à la faveur d’une rencontre entre certains membres du gouvernement et les dignitaires de la communauté musulmane du Bénin. Selon certains bruits de couloir, cette rencontre aurait coûté plusieurs dizaines de millions aux contribuables béninois.

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Après cet épisode, l’opération de déguerpissement des occupants anarchiques des espaces publics a suivi son cours à Cotonou. Les équipes du Préfet Toboula n’ont eu de répit dans la destruction de tous ce qui a pu être érigé sur le domaine public dans la capitale économique du Bénin. Ainsi, fosses septiques et puisards érigés sur le domaine public ont subi, sans la moindre mesure sanitaire, la rigueur des équipes du Préfet Toboula exposant ainsi contrevenants et populations riveraines à des problèmes de santé publiques.

Face à cette situation, qui a eu des échos à la Présidence de la République, le Ministre du Cadre de Vie et du Développement Durable, José Didier Tonato, à la faveur d’un communiqué de presse en date du 17 mars, a sommé la préfecture de Cotonou de procéder, a partir du 18 mars 2017, au recensement des habitations victimes des « casses sauvages » (expression employée par le Ministre dans son communiqué – ndlr) de fosses septiques et puisards dans le but de les réparer conformément aux normes prescrites, et ce aux frais de l’Etat.

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Dans un contexte où le gouvernement Talon peine à mobiliser les ressources nécessaires pour faire fonctionner l’appareil d’Etat, les charges supplémentaires qu’engendrent les actions Préfet Toboula semblent devenir de plus en plus pour le régime Talon, une équation difficile à résoudre. Le Préfet Toboula serait-il devenu un os dans la gorge du Président Talon ? Seul l’avenir nous le dira.

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