Déguerpissement à Cotonou : le Préfet Toboula serait-il coupable « d’exactions » ?

Modeste Toboula, Préfet du Littoral.
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Animé d’une volonté de moderniser les grandes villes du Bénin, le gouvernement du Président Talon a décidé, en novembre 2016, de faire libérer les emprises du domaine public anarchiquement occupées par les populations. A cet effet, le Ministre du Cadre de Vie et du Développement Durable et les Préfets des départements ont été instruits pour procéder à une opération dite de libération des espaces publics dans les villes concernées. A Cotonou, cette opération a été mise en œuvre par le Préfet Modeste Toboula avec beaucoup de fouge et de zèle.

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Surnommé le bulldozer de Cotonou, le Préfet Toboula n’a rien laissé sur son passage. Du 1er au 13ème arrondissement de Cotonou, les occupants des espaces publics ont subi la rigueur de l’équipe conduite de main de maître par le Préfet Toboula conformément aux consignes reçues. Deux mois après, le bilan reste mitigé face aux problèmes d’ordre sociaux généré par la mise en œuvre de cette opération. Dans un communiqué de presse signé du Ministre du cadre de vie, José Tonato, le 17 mars 2017, le gouvernement Talon a qualifié  « d’exactions » les actions entrant dans le cadre de l’opération.

Dans ce communiqué, il est écrit ceci : Il est revenu au Président de la République, que dans le cadre de l’opération de libération du domaine public dans la perspective des aménagements à venir pour améliorer le cadre de vie, les populations subissent encore des exactions de la part des agents d’exécution. Les dernières en date, rapportées au Chef de l’Etat et vérifiées, font état de « destruction sauvage » de fosses septiques et puisards certes érigés sur la voie publique, mais dont la destruction n’est pas nécessaire en cette phase de l’opération.

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Dans ce paragraphe, une phrase retient l’attention : Il est revenu au Président de la République que les populations subissent encore des « exactions » de la part des agents d’exécution. Dans cette phrase tirée du communiqué du Ministre, il est clairement écrit que « les populations subissent « encore » des exactions … » comme pour dire que le gouvernement reconnait « implicitement » que des exactions ont été commises dans la mise en oeuvre des opérations de libération des espaces publics. Le Préfet étant au ordre du Chef de l’Etat, on se demande bien qui est le vrai coupable de telles exactions ? Sur les médias sociaux du pays le sujet alimente la polémique et déjà, des voix s’élèvent pour dénoncer une manœuvre contre le Préfet Toboula à des fins politiques.

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