Supposée poursuite judiciaire de certaines personnalités: le jeu flou du gouvernement Talon

Le gouvernement béninois aurait décidé de poursuivre certaines personnalités du pays pour présumée obstruction à la perquisition du domicile du maire de Cotonou révoqué, Léhady Vinagnon Soglo. Une décision diversement interprétée mais qui défraie quand même la chronique au moment où l’exécutif profite de ses vacances d’Eté.

Le gouvernement Talon encore au rendez-vous de la ruse et de la duperie politique. Pour certains, il s’agit d’une excellente stratégie politique du gouvernement et pour d’autres, la démarche qu’entend envisager le gouvernement Talon  dénote de la volonté affichée et inébranlable du régime en place à lutter contre les maux qui ont toujours miné le pays et qui ont malheureusement bloqué le développement de la nation depuis des décennies.

Candide Azanaï, ancien ministre délégué chargé de la défense nationale, Sévérin Adjovi, ancien maire déchu de la commune de Ouidah, Sébastien Germain Ajavon, candidat malheureux de la dernière échéance présidentielle, Nicéphore Dieudonné Soglo, ancien président de la république du Bénin et son épouse, Léonce Houngbadji, président du Parti pour la libération du peuple (PLP) et bien d’autres personnalités pas des moindre, devraient, selon certains canards du pays, se retrouver devant les tribunaux dans le dossier supposée leur obstruction à la perquisition qui devrait s’opérer dans la maison du maire Léhady Vinagnon Soglo le 28 juillet 2017.

Selon la décision issue du conseil des ministres en date du 2 août 2017, le gouvernement avait estimé que ces mis en cause pourraient faire objet de procédure judiciaire  parce qu’estimant qu’ils ont été à l’origine de la non perquisition voire  de l’arrestation de ce maire révoqué par le régime du nouveau départ.

Mais à y voir de près et après les dernières informations glanées à ce sujet, le gouvernement aurait joué à une carte de ruse afin de « se couler douce ses vacances d’Eté » démarrées ce lundi 7 août 2017.

Du moment où l’administration centrale ne se résumerait que sur le secrétaire général ou autres cadres du ministère, ces nommés du président Talon profiteront, chacun,  à sa manière, cette période de détente de deux semaines.

Pour une nouvelle fois, il s’agit du même scénario comme le cas du Programme de vérification des importations (PVI) où le gouvernement, en occupant le peuple d’une affaire de révision de la constitution du 11 décembre 1990, avait signé le contrat avec la société Bénin control suivant les mêmes clauses que celles décriées en 2011.

Le cas de la publication d’un extrait de l’audit sur la Société nationale pour la promotion agricole  (SONAPRA) alors même que le gouvernement procédait, en sourdine, à l’émission de deux (2) emprunts obligataires.

Point aujourd’hui de rappeler la stratégie de ce même gouvernement concernant l’occupation du peuple par des déclarations parfois contradictoires de la même équipe gouvernementale au sujet de la sortie incognito du Président Talon du territoire national pour raison sanitaire.

Que le gouvernement ait décidé de poursuivre ou non  devant les juridictions compétentes des Béninois ayant rendu visite au maire Léhady Vinagnon Soglo en difficulté afin de le soutenir moralement et lui témoigner leur fraternité, cela dénote de la bonne foi de ce gouvernement de respecter et de faire respecter les textes et lois en vigueur dans la République. Mais un doute plane sur cette décision et d’aucuns se demandent si l’équipe en place aurait une mémoire courte.

Le ballon d’essai

La décision du gouvernement Talon à poursuivre ceux ayant rendu visite au maire Léhady Vingnon Soglo serait, selon les informations glanées de la présidence de la République, mal interprétée dans l’opinion publique.

Se référant donc au communiqué issu de ce conclave gouvernemental du 2 août 2017, l’on constate clairement une volonté de ce gouvernement  à poursuivre ces Béninois pour obstruction faite lors de la perquisition du domicile du maire révoqué par le gouvernement.

Mais au fond, ce n’était qu’une remarque qu’a faite le conseil des ministres à ce sujet.

Depuis la publication de ce relevé du conseil des ministres, des voix s’élèvent soit pour fustiger le comportement du gouvernement en place, soit pour l’encourager à aller jusqu’au bout de cette procédure qui prouvera aux uns et autres de se rendre compte effectivement que le Bénin est un Etat de droit et nul ne doit rester au-dessus de ces textes qui régissent la République.

Mais de sources bien crédibles, l’on a appris qu’aucune poursuite judiciaire  ne sera enclenchée contre ces personnes et qu’il s’agissait juste pour le gouvernement de leur faire comprendre qu’ils encourent de telle procédure pour l’acte qu’ils ont commis.

En laissant donc la communication prendre le dessus dans l’opinion publique, en faisant également fi des commentaires et des spéculations qui défrayent la chronique dans le pays depuis lors, le gouvernement pourrait, vraisemblablement recueillir l’avis du grand public avant de prendre une décision finale.

Comme pour tout régime, celui de Talon procède, s’il convient de le dire ainsi, à son ballon d’essai afin de prendre le pouls de la grande masse.

Ce n’est donc « qu’une occupation » confiée au peuple pour aller passer paisiblement les vacances que le gouvernement Talon s’est octroyées et qui a conduit le premier citoyen sur la terre du « frère maghrébin ».

L’espoir Djogbénou s’étiole

Le peuple béninois, face à cette volonté si brusque du gouvernement Talon et surtout avec ces acteurs au pouvoir aujourd’hui, s’étonne de leur attitude et s’interroge si le pouvoir rend si « aveugle » les dirigeants.  

Ce peuple a encore en mémoire le 1er août 2013 où, sous la bannière du mouvement « Mercredi rouge », des acteurs tant de la classe politique que de la société civile s’étaient rendus au domicile de Gaston Zossou, un des membres de ce mouvement qui faisait, en ce moment, objet de persécution politique.

Face aux caméras et micro ce 1er août 2013, Joseph Djogbénou, un des principaux leaders de ce mouvement,  déclarait « qu’il sera dans tous les débats et de tous les combats politiques et qu’il a l’obligation de soutenir tout citoyen faisant objet de persécution arbitraire et politiquement aveugle ».

Toujours dans sa dynamique de lutte contre l’injustice sociale et surtout celle politique, Joseph Djogbénou, le 4 mai 2015, s’est résolument engagé aux côtés de Candide Azanaï, président du parti Restaurer l’espoir (RE),  quand ce dernier subissait les représailles du pouvoir Yayi.

Son discours en ce temps, n’avait pas varié. Un engagement inébranlable qui rassurait tout le peuple béninois qui, sans gêne, se bombait le torse en affirmant que Joseph Djogbénou  incarne le modèle de jeune engagé que rêve d’avoir tout citoyen.

Cet espoir sur lequel reposait tout le peuple béninois semble s’étioler aujourd’hui. Alors qu’il y a quelques mois seulement, ce peuple, faisant confiance à son engagement, à sa combativité, son sens élevé de responsabilité sociale et sa farouche volonté d’en finir avec les pratiques peu orthodoxes du régime Yayi, donnait quitus à son « mentor » pour la gestion des affaires de la cité.

Une fois donc au poste, le peuple ne constate que le contraire de tout ce qu’il défendait, sa conviction et les maux qu’il combattait sont ceux qu’il emploie allègrement aujourd’hui. Ces dernières sorties ne sont donc que le couronnement de ces propos tenus au lendemain du vote de rejet des parlementaires quant à la non-prise en compte du projet de loi portant révision de la constitution initié par le Président Talon et son gouvernement.

« Désormais s’il faut faire la politique avec de la ruse, on le fera et s’il faut le faire avec de la rage également, on le fera »,avait-il déclaré en son temps.

Tout porte à croire aujourd’hui que cette assertion fièrement affirmée est déjà mise en exécution depuis lors.

« Joseph Djogbénou, actuel garde des sceaux et porte-parole du gouvernement et loin de Joseph Djogbénou que nous avions connu dans un passé récent. Vraiment déplorable tout simplement », soutient Victorine, membre de la société civile.

Dans l’opinion publique, même si d’aucuns estiment qu’il s’inscrit dans la logique du respect strict des lois régissant la République, d’autres par contre avancent qu’il s’agit « d’une servitude et un aveuglement par le pouvoir ».

Les jours à venir pourraient soit confirmer ou infirmer cette vision qu’ont des Béninois au sujet de ce jeune et brave avocat d’antan.

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5 commentaires

  1. Aimé du Bien dit

    « Joseph Djogbénou, actuel garde des sceaux et porte-parole du gouvernement (est loin) de Joseph Djogbénou que nous avions connu dans un passé récent.
    Corriger s’il vous plais

  2. Anonyme dit

    On en jugera quand ils auront finir leur one man show

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