Interdiction de gré à gré: “la lettre de Talon à Wadagni est un canular”, dixit Roger Adotévi

Désormais, tous les marchés gré à gré dans les  ministères et dans des directions rattachées doivent avoir l’aval du conseil des ministres. En effet, a travers une correspondance du président Talon en date du 03 Août 2017,  adressée à Monsieur Wadagni, ministre de l’économie et des finances, il est expression demandé au ministre de prendre toutes les mesures nécessaires à l’effet de ne plus donner suite à ce genre de marché sans l’autorisation du Conseil des Ministres.

Cette décision du chef de l’état est diversement appréciée au sein de l’opinion publique. Si pour certains, le président Talon veut fermer le robinet après s’être servi les premiers mois de son mandat, pour d’autres, cette décision est un canular.

En tout cas pour Roger Adotévi, agent au ministère de l’environnement à la retraite, le siège délocalisé des marchés gré à gré se trouve au cœur du conseil des ministre. dans une analyse critique portée sur le courrier du chef de l’Etat, Roger Adotévi pense que la décision du président Talon est une distraction de plus. Lire ci-dessous l’intégralité de son analyse.

Analyse d’un citoyen sur l’interdiction du gré à gré dans les ministères:

«Dans une note de service en date du 03 août 2017, adressée au ministre de l’économie et des finances, avec ampliation à tous les autres ministres de son Gouvernement, le président de la République, Patrice Talon, a interdit formellement la passation des marchés de gré à gré dans les ministères et organismes rattachés.

«Il m’est revenu de manière insistante, que des marchés sont conclus par mode de gré à gré au sein de certains ministères ainsi que d’organismes qui leur sont rattachés, et soumis à l’approbation de vos services. Je vous demande instamment de vouloir bien prendre les mesures urgentes à l’effet de ne plus donner suite à ce genre de marché sans l’autorisation du Conseil des Ministres», a-t-il écrit à Romuald Wadagni.

Le chef de l’Etat reconnaît clairement que son Gouvernement est champion dans l’attribution des marchés publics de gré à gré. Le siège des marchés de gré à gré est maintenant délocalisé en Conseil des Ministres. Quel sort pour les centaines de marchés de gré à gré illégalement conclus par le Conseil des Ministres ? Que dire du PVI-NG, de la réhabilitation de la présidence de la République suite à la destruction d’un bâtiment sur instructions de Patrice Talon, de location des groupes électrogènes, des travaux routiers remis à Ebomaf, de la gestion de la sécurité de l’aéroport de Cadjèhoun… ?

Et que dire des marchés de gré à gré qui foisonnent à la présidence de la République et qui coûte au moins 1 milliard de F Cfa chacun, rapidement décaissé au trésor public ?
Patrice Talon dit à ses ministres : Ne faites pas les marchés de gré à gré SEULS mais venez plutôt vous COUVRIR en Conseil des Ministres si vous voulez le faire. Et pourquoi leur écrit-il? Pour laisser des traces ? Mais laisser des traces pour qui ? Les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) qui doivent certainement lui mettre la pression qu’il fait trop de gré à gré.

En effet, la vérité est que les PTF sont fâchés contre la gouvernance du pays sous Patrice Talon. Et c’est suite à leurs nombreuses plaintes que la lettre du chef de l’Etat a été envoyée dans le circuit pour tenter de les calmer.
Le président de la République pouvait très bien instruire ses ministres en Conseil des Ministres ou leur écrire à travers le Secrétaire Général du Gouvernement ou même le Secrétaire Général de la Présidence de la République. Mais il a voulu que le peuple voit cette lettre signée de lui-même. Il y a bien une raison à cela. Patrice Talon ne fait jamais ses choses au hasard.

Les textes encadrant les procédures d’attribution des marchés publics au Bénin sont clairs et très bien connus des cadres de l’administration béninoise. Pourquoi donc apporter un dossier de gré à gré en Conseil des Ministres si ces procédures ne sont pas au préalable respectées?
Il y a un code qui prévoit formellement les procédures à suivre. Le bon sens recommande qu’on exige son respect et qu’on sanctionne les contrevenants. La lettre présidentielle invitant les ministres à porter cette pratique en Conseil des Ministres relève purement et simplement d’une ignorance de la loi ou de la ruse et de la rage pour endormir les PTF. Car le marché de gré à gré ne s’autorise pas en conseil des ministres.

Si le président Patrice Talon voulait vraiment être crédible avec sa lettre, il devait plutôt instruire ses ministres aux fins de veiller à ce que toutes les procédures d’attribution des marchés publics soient parfaitement respectées, surtout celles qui aboutissent aux gré à gré. Mais, entre nous, mes chers amis, les sociétés qui gagnent les marchés de gré à gré depuis 15 mois sont bien connues. Le chef de l’Etat est le premier à le savoir. Boko Olivier ne dira pas le contraire encore moins Johannes Dagnon, Pascal Koupaki, Abdoulaye Bio Tchané, Joseph Djogbénou, José Tonato et Lazare Sèhouéto. Nous connaissons toutes les entreprises fictives ou écran créées par le chef de l’Etat et son entourage immédiat et lointain pour ramasser tous les marchés publics, au mépris des procédures.

Aujourd’hui, le chef de l’Etat fait l’étonné. Croit-il que tout le peuple est si bête pour croire en sa bonne foi à veiller à la transparence dans l’attribution des marchés publics ?
La lettre de Talon à Wadagni est un canular de plus pour distraire les Béninois et la communauté internationale. Heureusement que le monde entier le connaît déjà très bien !»⁠⁠⁠⁠

 

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8 commentaires

  1. Ramanou makandjou dit

    Une porte se ferme et s’ouvre largement pour les proches (gree à gree)

    1. Jojo dit

      Vous savez ce que nous savons mais vous déformez la réalité et mentez grossièrement et effrontément !

      Vous dénoncez tout le temps et tous les jours des marchés gré à gré contractés et entretenus par le régime du nouveau départ de l’actuel président Patrice Talon et pourtant nous savons tous que la plupart des marchés publics gré à gré validée sous ce gouvernement a été annoncée en conseil des ministres et même que vous les avez tous vigoureusement et durement critiqués malgré la loi du partenariat public privé validée à l’assemblée nationale pour les encadrer et contrôler.

      En revanche ceux contractés par et sous le mandat de Yayi sans loi cadre et sans contrôle sont pour la plupart d’entre eux toujours en cours d’exécution et donc pas rompus par l’actuel pouvoir exécutif.

      Je le sais car la plupart des fournisseurs qui ont eu ces marchés publics gré à gré gracieusement et par pistonnage avec les directeurs des établissements publics de l’état sous le régime laxatifs de Yayi commencent par devenir pesants, lourds, exigeants pour le budget et le cahier des charges de l’état et pour certains irrespectueux des termes du contrat sous l’actuel régime au point d’être un os dans la gorge de l’état.
      D’où la décision radicale et irrévocable du président.

  2. Anonyme dit

    Dites à ce monsieur d’aller faire une petite enquête sur tous les marchés grè à gré passés sous yayi qui sont toujours en cours d’exécution dans les établissements publics de l’état, il va en apprendre des choses…
    Ce sont des contrats qui n’ont pas été rompus par le gouvernement du nouveau départ.
    Mais Dieu merci, ils ne seront plus renouvelés.

  3. Atakun dit

    Talon interdit gré à gré au Bénin moi je rire beaucoup qui est responsable de gré à gré au Bénin ? Au Shb Bohicon graine l’huile trouto et coton qui vent tout ? Qui est homme d’affaire qui chargé tout ça ?

  4. Ignace Gbaguidi dit

    Il faut fixer un montant limite (100 ou 200 millions fcfa) au delà duquel le marché de gré à gré doit être approuvé en Conseil des ministres.
    Dans le secteur du BTP-ROUTES, 50% des attributions de marché se font de gré à gré.

    1. Anonyme dit

      Talon Talon Talon . . .

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