Afrique du Sud: Motion de défiance à bulletin secret contre Jacob Zuma

Les députés sud-africains voteront à bulletin secret la motion de défiance contre le chef de l’Etat Jacob Zuma, a annoncé lundi la présidente du parlement Baleka Mbete, une décision réclamée par l’opposition et fragilisant un président contesté jusque dans son propre camp.

“J’ai décidé que le vote de confiance au parlement le 8 août 2017 se fera à bulletin secret”, a déclaré Mme Mbete dans un point presse au parlement au Cap.

Cette décision constitue une surprise de la part de la présidente du parlement, jusqu’à présent loyale au chef de l’Etat. L’opposition réclamait un vote à bulletin secret, convaincue de pouvoir “retourner” des députés du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) s’ils n’ont pas la pression d’un vote à main levée.

Si la défiance était votée, le président et le gouvernement devraient démissionner.

Le président Zuma est empêtré dans une série de scandales politico-financiers, qui ont fait éclater au grand jour des divisions au sein de l’ANC, inquiet des conséquences électorales de ce climat malsain. La Cour constitutionnelle, saisie par l’opposition, avait estimé le 22 juin que la présidente du parlement avait les pouvoirs d’ordonner un vote de défiance à bulletin secret. Depuis, la balle était dans le camp de Baleka Mbete, qui a attendu la veille du vote pour annoncer sa décision.

Pour qu’elle soit entérinée, la défiance doit recueillir la majorité absolue, soit 201 députés sur les 400 que compte le Parlement. L’ANC y possède une confortable majorité de 249 sièges.

“Je ne pense pas que l’ANC veuille que l’avenir du président soit dicté par une motion de défiance déposée par l’opposition”, a réagi l’analyste Daniel Silke à l’AFP rappelant que l’ANC pourra faire son propre ménage en décembre lors de sa conférence nationale.

A cette occasion, l’ANC élira son nouveau président qui prendra la succession de M. Zuma à la tête du parti. Ce nouveau dirigeant est assuré de devenir chef de l’Etat en cas de victoire de l’ANC aux prochaines élections en 2019.

Deux noms figurent parmi les favoris pour lui succéder à la tête de l’ANC: l’actuel vice-président Cyril Ramaphosa, chef des frondeurs anti-Zuma, et Nkosazana Dlamini-Zuma, l’ancienne patronne de l’Union africaine (UA) qui a le soutien du chef de l’Etat, son ex-mari.

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